‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 108 sur 127 · FRANÇOIS QUESNEL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS QUESNEL

Cette Tamille des Quesnel , comme celle des Du Monstier, est si nombreuse, qu'il nous faudra quelque temps avant de pouvoir établir une filiation, une sorte d'arbre généalogique, sur lequel viendront se ranger ses neuf ou dix membres. Les mémoires du temps, les notes de Marolles et les correspondances, noQS seront plus utiles que les comptes, dans lesquels, jusqu'à présent, j'ai vainement cherché ce nom.

Au moyen du dépouillement des 800 volumes

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in- folio de la grande coUeclion de Lorraine y de la Bibliothèque nationale , je suis entré assez avant dans les goûts et les tendances des ducs^ souverains de cette province. J'ai vu poindre à Nancy, au xvi* siècle, et se développer, au xvii*, une école provinciale, trop tiraillée par les influences diverses pour prendre un caractère bien décidé , mais assez persévérante pour avoir acquis sa valeur. Les extraits quej*ai faits se rapportent à des circonstances étrangères à la cour de Erance et par conséquent aux documents qui entrent dans cet ouvrage ' • Cependant voici un article qui se rapporte à François Quesnel; je le transcris d'un compte des dépenses de Thôtel du duc et de la duchesse pour Tannée 1573 : « Â M* François Quesnel, paintre à Paris, pour avoir faict plusieurs portraits d'habilz, selon la mode moderne, pour envoyer en Lorraine, à Monsieur de Beauveau, gouverneur de MS le marquis, vuj liv. xi s.» Un crayon ^ exécuté franchement, simplement, et encore dans la voie des bonnes traditions, représente une télé de vieillard coiffée d'un chapeau. On lit, en haut à gauche, cette inscription: « 1574, Pierre Quesnel, père de Nicolas à qui est ce livre qui

1. On troQTera, cependant, k la fin de eet oavrage, trn tableau général des documenté qne j'ai mis à profit, dans Icqoei j*ai fait entrer les comptes et les actes de la collection de Lorraine qoi se rattachent indirectement à la cour de France.

9. Bibliolhèqoe nationale: collection générale des portraits, recueil particolier de portraits de peintres rangés alphabétiquement. M. Niel a fait reproduire admirablement ce bean portrait, mais le graveur a nialadroitemcni supprime la partie la plus intéressante de l'inscription. Quant ii la notice sur Pierre Quesnel , elle n'a pas encore paru.

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a faict ledict crayon. » On a réoni , dans le même volmne , un petit feuillet de papier, sar les deux côtés duquel sont dessinés à la plume , d'une main ferme et intelligente, deux portraits d'hommes. On a écrit au crayon sur Tun : a François Quesnel, es- Gossois, (fils) aisné de Pierre et de Magdeleine Digby, 1 600 , B et sur Tautre : « Nicolas Quesnel , escos* sois, second fils de Pierre, 1 600. »> La souscription du plan de Paris, gravé en 1609 par Pierre Vallet, d'après le dessin de François Quesnel, fournil la date de sa naissance : « Francoys Quesnel, painctre à Paris, JE. 64, 1609. » On lit, en outre, sur la bordure de son portrait gravé dans un médaillon ovale : « François Quesnel , peintre, ^t. suae 69 anno 1613, » et sur un autre : ce François Quesnel, premier peintre du Roy Henry 3"®, aagé de 73 ans. 1616.» Brebiette, qu'on dit son ami , a aussi gravé son portrait dans un cartouche orné, qui porte au bas ces mots : ce François Quesnel, pintre et enlumineur, âgé de 73 ans. » Il y a d'autres épreuves de cette estampe avec cette variante : ce François Quesnel pictor. A

François Quesnel a signé lui-même un portrait d'homme de cette manière : rr F. Quesnel. » On remarque dans ce crayon de l'analogie avec le style de la grande école des Clonet. U y a encore de la simplicité dans le faire et de Téclat dans TefTet '•

1. BiblHHbf^ae de Saiole-ticiicTievr, |iiiricfeuilL*» ilcs irjyntts,iio f4S di registre ferl.

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Les nombreuses gravures exécutées d'après ses compositions I et les tableaux qu'on doit lui attribuer, peuvent faire juger de son talent sans en donner une haute idée. II est sans doute Fauteur du dessin, d'après lequel on a gravé Testaropei qyi représente Henri lY et sa famille : « J. Le Clerc excu — L. Gaultier sculpsit, 1602.3» Cette même composition a servi aux neveux de Bernard Palissy pour faire le plat en faïence qui reproduit» tant bien que mal, le même sujet.

Tels sont les chétifs documents que je suis parvenu à réunir et desquels on peut déduire, pour certain, que François et Nicolas Quesnel, fils de Pierre, étaient tous deux peintres , et que le premier sut acquérir par son talent une réputation qui lui valut peut-être le titre de peintre du roi , et sans aucun doute les faveurs de ses souverains.

L'abbé de Marolles donne quelques détails. Voici la notice gravée sur cuivre au bas d'un portrait de Trançois Quesnel peint par luy mesme et gravé par Michel Lasne : « Il naquit dans le Palais Royal d'Edimbourg, d'un françois, issu d'ancienne noblesse escossoise, dont les belles qualités méritèrent l'estime et la protection de Marie de Lorraine, qui le donna à Jacques Y", Roy d'Escosse, son mary. François fut chéri du roy Henry 3 et de toute sa cour et surtout du chancelier de Chiverny qui ne put jamais le faire consentir à son agrandissement. Ses portraits sont souvent confondus avec ceux de

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Janet, aaqael il succéda. Il composait fort bien rhîstoire et donna le premier plan de Paris en 12 feuilles. Son désintéressement luy fit également mépriser Facqoisition et la perte des biens de fortune, et sa modestie refuser Tordre de Saint-)lichel sous Henry lY. Il joignit à une vertu, vrayement chrestienne, beaucoup d'expérience et de lecture et mourut. Fan 1619, après avoir reçu les sacrements qu'il demanda, en santé, 1 0 ou 1 2 heures avant sa mort. »

La notice ajoute : Maroles en ses mémoires. L'abbé de Yilleloin savait certainement beaucoup de choses, mais, comme les gens qui savent beaucoup, il aurait voulu qu'on crût qu'il en savait encore davantage, et pour ce faire, il dissimulait les sources ou il avait puisé son savoir. Mais n'importe. Fr. Quesnel serait donc écossais d'origine ; je l'admets, en contestant toutefois qu'il ait succédé à Janet (Fr. Clouet], soit dans son titre de peintre du roi , soit dans la perfection de son talent.

J'ai trouvé, dans les comptes des Bâtiments, un Jean et un Kicolas Quenet, paintres. Il est probable que le nom de Quesnel mal écrit répond à ces Que*net , et d'autant plus sûrement , qu'on trouve la même orthographe , ou la même altération, dans l'inscription des portraits de Marie de Médicis et de Henri lY, gravés par Thomas de Leu. Le Guillaume Quesnel que je rencontre, dans les livres de dépenses du cardinal d'Amboise, au nonibio des peintres employés, par ce Mécènes, au château de Gail-

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Ion, en 1501^ était probablement quelque oncle de François et de Nicolas.

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