‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 115 sur 127 · QUINTIN VARIN · texte numérisé non relu

QUINTIN VARIN

On lit dans le supplément à Thistoire de Beauvoisis, par M. Simon (Paris , 1704, p. 90) : « Quintin Yarin, peintre du Roi Louis XIII, avoit appris à peindre de maistre François Gaget, chanoine de Beauvais, dont il y a plusieurs peintures dans la cathédrale, qui n'approchent pas décolles de son écolier qui quitta Beauvais en 1610, » et plus loin, (page 117), Tauteur raconte comment Yarin , ne pouvant trouver d^aliment, soit à sa vie matérielle,

soit à son ambition, dans une ville de province, passa à Paris où il peignit, du milieu de sa misère, un saint Charles Borromée. « Cet ouvrage ayant été vu par hazard et admiré par l'intendant de la Reine Marie de Médicis, qui s'informa du peintre, Talla chercher dans son galetas, lui donna de quoi payer son loyer, et Tamena à la Reine, après lui avoir fait tracer un dessin sur Tidée qu'il lui en avoit donnée, que Ton trouva si juste et tant d'imagination, qu'ils furent ravis d'avoir trouvé ce que Ton faisoit chercher dans les pays étrangers depuis long* temps; on l'arrêta pour travailler à la galerie du nouveau palais du Luxembourg. Mais s'étant trouvé associé avec le nommé Durant , poëte , qui travailloit aux inscriptions et ce dernier , qui aimoit la satire, ayant écrit contre le gouvernement, fut arrêté, prisonnier et depuis pendu ; Varin s'allarma si fort, craignant le même sort, qu'il se cacha si bien qu'il ne put pas savoir qu'on le cherchoit pour le faire travailler et qu'on ne le put déterrer ; ce qui fut cause que l'on se servit de Rubens d'Anvers. Varin revint quelques années après et il fit pour la reine la Présentation de Jésus-Christ au temple^ qui est dans le rétable des Carmes du Luxembourg. — Ce qui étoit cause qu'il ne gagnoit pas tant, est qu'il vouloit tout faire lui- même à ses tableaux : il peignoit aussi avec beaucoup de netteté toutes sortes de caractères, tant avec le pinceau qu'avec la plume* »

PEINTRES HORS l)'oFFICE« 3*29

Piganiol de La Force raconte la même chose (dans sa Description de Paris, tome H, page 84) , noais c'est à M. de Chennevières-Pointel qu'il faut demander uu tableau piquant de cette vie traversée, et de nobles regrets sur l'injustice du sort '• J'atteindrai mon but, si je repousse l'attribution de peintre du roi que Simon donne à Quintin Yarin, et si , en le plaçant dans ce chapitre des peintres employés accidentellement, je me réjouis d'y voir figurer le maître de Nicolas Poussin *•

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