Passavant Knnstreise dnrcb England und Belgien, p. «M
5. En décrivant le portrait de Brissac je vais indiquer les iralis caractéristiqoes de celte grande série de portraits :
Musée nu LOUVRE, no 25. ■ Lcmarécbal de Cobsé Brissac à l'Age de 30 ans, en 1536.» Portrait en boste, presque de face, b lète coiffée d'une toque k plume d'animcbe, un jusie-tu-corps de velours noir avec mancbe de soie brune rayée.
Clarté argentine de Teff^et, fralcbeur brillante du coloris, toos roux servant de base et de fond aux cbeveux, ft la barbe et même aux ombres; les prunelles bleuAtres, cintrées d'un linéament plus foncé, un peu vitreuses , donnant au regard quelque cbose d'étonné et de fixe, la couleur apposée très-liquide ne laissant aucune épaisseur et se fondant de manière à faire disparaître presque entièrement la louche du pinceau , à effacer le modelé et k donner un peu de platitude à la face. Le tout se deiacbant vivement, gaiement sur un fond vert d'rau .
Sur ce fond, à droite, on lit M. DE BRISSAC
ESTANT. NEYNT
Le dernier mol me parait illisible.
Le musée du Louvre montre aussi un |)orirait d'homme k l'âge de vingt ans, qui porte en bas en lettres d'or : François /•(*, roi de France. 11 est nature Uement attribué à Janet, comme dix autres portraits qui sont étrangers à son talent distingué et à sa manière de peindre bien caractérisée. Il faut le reporter au compte de Corneille, en remarquant, comme je l'ai dit plus haut (p. 77), que ce portrait fort peu ressemblant, fut copié par lui, d'apiès quelque original assez médiocre, peint en 1544.
Cette grande sériu de |K>rtraiis est très-nombreuse. Corneille pouvait répéter une de ces petites peintures en quatre ou cinq jours , et son musée n'avait pas d'antre but que d'exciter le« désirs desvisiieurs et leurs commandes. On conçoit donc combien de copies isolées, ou de séries complètes, il a pu mettre en circulation dans une vie d'artiste qui semble avoir été assez longue et très-active. Le pinceau était sans doute troplent pour satisfaire anxdemandes; Il prit la pointe, et se mit à graver bAtivement
LES TROIS GLOCJBT. 445
brables qu'on serait tentéd'attribuer à un faiseur habile comme Corneille de Lyon, si on avait à Tappui de semblable décision le plus mince document. Il y en a de frappantes ou d'assez indiquées pour
iWement ces mêmes portraits, qai eoreot ài la fois la popularité de la Togue et la bonne for loue de servir de type i toates les collections do même genre qai Turent publiées depuis lui. li marque ses estampes de deux G placés l'an au-dessus de l'autre.
Outre les portraits qui figurent an Louvre, on peut rechercher ceux qu'on a placés ï Versailles. Les n^ 4735, 17S7, 1755, 4756, 1778, 1803, 1819 éUient sans aucun doute des Corneille ou d'anciennes copies de Corneille avant qu'on les eût. repeintes. Le Laurent de Médicis n» 1680 me semble un Corneille, copié par lui pour sa collection, d'après quelque original italien. Quant au Jacques Bertaut. contrôleur du roi, c'est un de ses bons portraits dont on a repeint entièrement le fond et pointillé certains détails. Il porte le n» 1760 et cette inscription - Jaq. Bertavt. Cont.**^* ds
LA Mlf. DV. ROY.
Vingt amateurs, au nombre desquels je me compte, possèdent des portraits de Corneille. Je ne puis en faire ici l'inventaire, mais je dirai un mot de qnatre portraits de ce même maître, qui faisaient partie de la collection de M. Alexandre Lenoir, achetée à Paris par M. Coinaglii, et revendue par ce marchand d'estampes au doc de Sutherland. Ils sont ainsi intitulés :
Marguerite de France, duchesse de Berry, née en 1323. (A vingt ans.) Gabriel de Rochecbouart, dame de Lansac, née eu I5U. (A quarante ans.) Claude de France, reine de France, née en 1499. (A vingt-quatre ans.) Une dame inconnue, vue de trois quarts, k manches bouffantes. Je laisse de côté les attributions ; je m'attache i la peinture elle-même, et je constate qu'elle a toates sortes d'analogie avec le portrait de Brissac, c'est-à-dire avec la série que j'attribue à Corneille de Lyon. Quant aux antres portraits de cette collection, ils sont fort carieux, et il est très-regrettable que l'aiiiuinistration du Musée les ait laissés sortir de France ; toutefois je dois dire que pas un seul , de près ou de loin, ne peut être attribué aux Cloueu
Henri ill , de face ou de grand trois quarts, la perle à l'oreille , est d'une peinture brunâtre, ciiaude, d'une touche spirituelle et fine.
La duchesse de Valentinois (repeinte), Henry III , Catherine de Médicis, Jeanne d'Albret, reine de Navarre, François, duc d' Alençon, Charles IX. Ces six portraits, de la main d'un même peintre, sont originaux et du temps, mais ils ne sauraient être attribués à aucun des Clooet, bien qu'ils soient uniformément intitulés : Giooetdit Janei. — Le cardinal de CbàtlUon, Marguerite de Valois et Albert de Gondi appartiennent à un troisième peintre — Jacques de Savoie à un quatrième. — Le dur d'Angonlème, qui fut François l«r, et un François 1«t n'appartiennent à personne, ce sont des peintures refaites. Enfin les trois frères Coligny, en pied , portent celte signature : Dumoutlier dei, fecit. C'est un dessin sans mérite d'exécation, iniéressani seulement par les personnages qu'il représente et par ses rapports avec la gravure signée : M. Du Val F. I'i79. Tous ces portraits et quelques autres qui descendent jusqu'au xviii« siècle sont placés dans une chambre du rex-de -chaussée. Je n'ai pas pu voir un portrait d'homme, attribué à Janet, qni fait {tartie de la galerie du premier. Le maître de la maison étant absent, ses tableaux étaient empaquetés.
qu'on puisse avec certitude attribuer au mdtre des portraits qui répondent à sa manière et ne font pas tort à sa célébrité ' .
11 y en a d'autres qui ne sont gênantes que devant
1. Règle générale, il n'est pas de mnsée, pas de collection particnlière qui ne se Tinte de posséder un on plusieurs Janet. On pourrait donc dresser une longoe liste de ces portraits. Je serai très- sobre démentions; je ne m'attacherai qu'aux peintures que j'ai vues moi-même, ou i celles dont le mérite est attesté par des juges eompétents.
Au LouTBB : le Henry II , le Charles IX , la reine Elisabeth ; le reste , quinte ou Tingt numéros, n'est pas de François Ciouet.
Le Musée a fait dernièrement l'acquisition d'un portrait en miniature de Catherine de Hédicis, & l'âge de 63 ans. La reine est vue de trois quarts, presque de face, le regard est perdu et un peu vague. L'embonpoint cl l'alTaissement des chairs, signes de vieillesse, sont extrêmement bien rendus. L'exécution est minutieuse, un peu vieillotte , et c'est, cependant, une très-belle et curieuse miniature. Elle a 53 millimètres de hauteur. A qui l'attribuer î II va sans dire qu'elle a été vendue comme éunt de François Ciouet; mais en 4589, ce grand peintre, d'il n'était pas mort, avait cédé sa place h d'autres. Ce portrait prouverait en tous cas qu'il avait fait de bons élèves.
M. de Qarac attribue k Janet le portrait d'après lequel Léonard Limousin a fait son émail de saint Paul en pied; c'est une erreur, je la rectifle au nom de Rocbetei, compris dans la liste des peintres employés accidentellement.
En Akgleterrb. Collection royale du château d'Hamptoncourt. « François II enfiint, très-agréable portrait en buste, d'un ton pâle et d'une exécution très-soignée. » Tel est le jugement de l'habile et savant M. yfAi%en{Kmutverke uud KiMtler m EnçUmd^ tomel, p. 389). Je ne puis ni le confirmer ni le contester, mes souvenirs n'éunt pas assez présents ; ma dernière visite dans cette belle résidence date de 4881, et alora je n'avais d'yeux que pour les cartons de Raphaël.
Gastlb HowAnn, château du comte de Carlisle, près de la ville d'YorlL.
• Catherine de Médicis, épouse du roi Henri II, avec, ses euEuits François II, Charles IX. Henri iU et la princesse Marguerite. Figures entières, grandes comme nature. Peint avec beaucoup de soin dans un ton pâle , particulièrement fin dans les mains. Tableau plusimporunt que les ubleaux du même maître que possède le Louvre. • Une coUeeiion de quatre-vingt-huit portraits des personnages les plus considérables de la cour de Henry II, François II, Charles IX et Henry HI, dessinés avec esprit et naturel au crayon noir et rouge, dans la manière de Holbein. Les noms sont écrits par une main contemporaine. II est singulier que tous les hommes sont beaux, et les femmes, au contraire, toutes laides, k peu d'exceptions près. » [Kumaiwerke te £n^iff}ui,n,p.â4a).
Il biudralt voir ce tableau. S'il est de Janet, nous pourrons mieux nous figurer ce qu'étaient les grandes peintures du cabinet doré dans le Luxembourg. Quant aux 88 crayons, c'est très-probablement une de ces nombreuses séries dont j'ai parlé h propos des crayons.
Château d'Althorp, résidence de lord Spencer.
François II, roi de France, comme dauphin.
Marie, reine d'Ecosse, sa femme.
• Ces deux peintures sont de parfaites curiosités eu leur genre; elles sont sans au-
LES TROIS CLOOET. ^47
les propriétaires de ces portraits , auxquels il faut déclarer que les Janet étant des gens de talent , on ne peut leur attribuer des productions indignes de leur pinceau.
cm doole originales et exécotées k rbaile sur panneao de bois , Iroaé par les vers en plnsiears endroits. • DiMfn termine celte description qoi n'apprend rien, par ces mots : « Tliis pietore is a liighly iuteresiing one and was bougiit at Paris daring the retolotlon, wben the anareiiy and plonder of tbose days dispersed famlly pictnres, as well as others treasures, amongst ibe brokers of the metropolls. « jEdes c//A., I , p. SS7. Dans un antre de ses nombreux onvrages, Dibdln nous apprend qne ces deux portraits ftirent acquis de M. Farman, qui les avait achetés à la vente de M. Quentin Craufard. ( Remm, ofa liti. Life, p. 564.)
Je n'attacherais pas un grand prix à l'opinion de M. Dibdln sur ranibenticité de ces portraits de Janet; le bibliophile se connaissait beaucoup mieux en éditions princeps qu*en objets d'art; mais M. Passavant, qui est un véritable connaisseur, indique ces peintures sous le nom de Janet {Kunftreite in England und Belgien) et M. Waagen {Kitnstwerke in England, tome II, p. 640} ne fait ses réserves que pour le portrait de Marie Stnart, selon lui, trop vieille et trop laide. Je n'ai pas vu cette collection; le vieux lord Spencer, deux jours avant sa mort, m'invitait k la visiter, et sa lettre me parvenait en même temps que l'annonce de ce terme fatal, imposé aux vies les plus nobles, comme aux existences les pins Inutiles.
A Loifunis, Stapfobdbousb. J'ai parié (plus haut, page 144) des portraits français de la collection do due de Sutberland.
A BeRLiif. Musii botal.
• François H, coiffé d'une toque noire, costumé de noir, couvert de broderies et de perles; il porte l'ordre de Saint-Michel et se détache sur fond noir. >
No fS5. Sur bols. H. 1 p. 4 S/4 pouces. L. 1 p. 4 4/4 pouce.
• ïje Jeune due d'Anjou (Henri 111 ), coiffé d'une toque noire, costumé en noir avec manches rouges, le tout brodé d'or et de perles. Il porte l'ordre de Saint-Michel. » N«96l. Sur bois. Mènes dimensions qne le précédent, et lui servant de pendant. Ces deux portraits proviennent de la galerie Ginstiaiani, achetée fc Paris par le roi de Prusse, en 4815.
AMGIBinrB COLLBGTION WJ MJC D'OBLiAHS :
Hbiibi pbikce db Navabbb bn lbagb db 4 ANS. Ao 4857. On lit cette inscription, écrite en lettres capitales, au bas I droite d'un portrait de ce prince, peint sur bols, ayant de hauteur 4 pieds sur 8 pieds de large. Voici la description qui en est faite par M. l'abbé de Fontenoi : « Henry IV est représenté à l'Age de quatre ans ; il est debout et vétn selon le costume du temps, tenant d'une main son épée, et de l'antre s'appuyant sur une table couverte d'un tapis. Il y a des détails précieux dans ce tableau, mais l'iUosion de la vérité est détruite par la disproportion qui se trouve entre la hauteur de la table et celle de l'enfant qoi, par cette comparaison, est d'un dessin trop svelie etparolt plus que son âge. François Clouet,plus connu sons le nom de Janet, s'est acquis une grande réputation dans la miniature et dans le portrait, il vivolt dans le xvi^ siècle. •
On saU comment celte admirable collccilon fol vendue à Londres. Je n'ai pas à dé-
448 LA REJNAl&SANCE DES ARTS.
Mais, en résumé , la tâche est désormais rendue possible à Taide des documents que j'offre dans ces deux volumes, de la chronologie qui fixe les limites de la carrière des peintres , de la biographie qui
fendre la mémoire de M. de Laborde deNéréville, mon oncle ; tons les eontemponins, totts les écrivains ont reconna qu'il avail acheté la collection da dnc d'Orléans pour la conserver intacte à la France, et qu'il l'a vendue à Londres par nécessité lorsque mon grand-père, mort en 1793 sur l'échafaud, ne laissait à ses enfants, pour tout héritage, que le nom vénéré d'un homme de bien, consolant débris dans le naufrage de son immense fortune.
Il paraîtrait que ce portrait fut réservé comme portrait de famille, et quMl a passé depuis dans la galerie de Versailles. En effet, il répond très-bien à la gravure, si ce n'est qu'on a scié la date ponr faire entrer le châssis dans le panneau qui lui fut réservé. Ce n*est point un portrait de François Clonet; c'est une peinture française troublée par l'influence italienne et dépouillée de toutes les grandes qualités de nos portraitistes.
Collection db Dekor.
Il faudrait placer vers l'année 45i5 le portrait de Charles de Lannoy, qui faisait partie de la collection de M. Denon, et supposer alors que Jean Clouet aurait suivi son maître en Italie iusqn'k la fatale journée de Pavie, on bien qu'il serait allé à sa rencontre à la frontière d'Espagne k sa rentrée en FrSnce , après le traité de Madrid. Dans l'une et l'autre circonstance, François I«r n'eut qu'ai se louer de Lannoy , et il est très-admissible, s'il a eu Jean Clouet près de lui, qu'il lui demanda le portrait de celui qui, après l'avoir fait prisonnier, le rendait à la liberté. Je n'ai pas vu ce portrait ; le catalogue (ce ne sont pas en général des autorités ) ajoute aux titres de Charles de Lannoy cette observation : ■ Ce petit portrait de trois quarts et plus qu'en buste est d'une vérité remarquable. Hauteur 27 pouces, largeur 6 ponces. 11 est peint sur bois. »
Il y avait aussi dans cette collection une répétition du portrait de Charles IX qu'on voit au musée du Louvre :
No 146. • Un petit portrait, en pied, de Charles IX , roi de France. Une de ses mains est posée sur la garde de son épée et l'autre sur le dossier d'un fauteuil ; sa tète est cooverle d'une toqoe surmontée d'une plume. La finesse du pinceau est poussée au plus haut point dans tous les riches détails qui ornent le costume. La figure se détache sur un fond en partie caché par des rideaux de soie verte. > Hauteur Il pouces et demi, largeur 6 pouces, bols.
Collection du roi de Hollande, a La Haye :
N» 90. Portrait de don Juan d'Autriche, par François Clouet dit Jauet.
Dois, hauteur 40 ponces, largeur 8 4/2.
■ Don Juan d'Autriche, dans une attitude triomphante, est représenté montant un cheval noir ; il a la tète découverte, il est vêtu d'une armure émaillée et ciselée eu argent. Il porte une massue en or élégamment travaillée. Son cheval est paré de riches harnais, le bridon est garni de plumes an-dessus de la tète. Le fond de ce tableau est un pan de mur qui se détache sur le ciel. Le lointain est simplement composé et le coloris en est faible. • {Description des tableaux^ par C. J. Nieuwenhuis, in-80, 4843.) Ce portrait n'est pas de François Clonet et ne représente pas don Juan
LES TROIS CLUOET. i 49
décide l'âge des personnages, le pays qu'ils ont habité^ le costume qu'ils portaient à Tépoque où ils sont représentés. C'est bien peu, diront quelquesuns, pour se guider au milieu de cette mer iconographique ; c'est beaucoup, répondra le vrai connaisseur qui sait qu'une règle vaut par sa base et par sa certitude. Aussi sommes-nous fier de pouvoir déjà donner à la critique ce fanal conducteur qui, s'il ne lui évite pas tous les écueils, lui montre
d'Autriche. 11 est de Jean Clooet, U a été fait pour serTir de pendanl tu portrait de François 1er ( décrit p. 48 ), et ii représente Henri 11 à l'Age de 99 ans* en «546. Mêmes dimensions, même armure, même équipement. Seulement la tête du prince est docouverte, son cheval, de robe noire, est harnaché de broderies blanches, et il marche de gaoche îi droite. A ces différents titres, ce petit tableau mérite tonte notre attention, et je n'ai relégué sa description dans cette note que parce qu'il porte les traces d'une main fatiguée par l'ftge et qu'il ne pouvait servir à caractériser complètement la manière du maître. En effet, ce portrait n'atteint que médiocrement la ressemblance ; la tête est petite et maigre , le modelé pauvre et le ton plus faible encore que dans le portrait de François I. Le peintre n'a retrouvé sa vigueur do jeunesse que pour rendre, avec sa surprenante habileté, toutes les broderies du harnachement et la damasquinure d'argent se détachant sur le fer noir de l'armure. Une main maladroite a repeint le ciel.
Si, comme on le murmure, la collection du roi de Hollande doit devenir la proie des enchères, il est k souhaiter que ce portrait de Jean Clouet soit acquis pour le Louvre. Aucun autre musée ne peut en apprécier, aussi bien que nous, les mérites de tontes sortes.
IfUSÉK BOVAL DB BRUXELLES :
No HO. a Portrait d'bomiue vu de face, la tête coeffèe d'une tocque, tenant un livre dans la main droite , ayant près de lui un petit chien, le tout se détachant sur fond vert. ■ Ce portrait e>t donné à Holbeinet appartient k un peintre français. Je ne saurais dire auquel de nos bons portraitistes on peut l'attribuer, l'exécution étant plus timide et le ton plus vigoureux que dans les productions de Claude Corneille.
Pabis. Collection de M. Se^lières :
No 547. I Eléonore d'Autriche, relue de France et de Portugal, flUe de Philippe I, archiduc d'Autriche, roi d'Espagne, sœur de Charies- Quint, épousa, eu 4530, François 1 ; elle monrut en Espagne, en 1558. Peinture à l'Iiuile par François Clouet dit Janet, peintre français qui florissoitsous François \, Henri II, Chartes IX et Henry 111 : peint sur bois. H. 29 cent., L. Si. • J'ai copié la description de M. Labarte. Ce tableau, qui faisait partie de la collection de M. Debruge-Dumesnil, a été adjugé a M. Sellières au prix de 430 francs. Je n'ai pas trouvé dans ce portrait la vie et l'esprit que F. Clooet laissait pénétrer dans ses ouvrages ; il m'a semblé que ce pouvait être quelque copie du temps faite avec soin et patience.
cependant le chenal et le port. Autant il faut se méfier de la sagacité de l'expert et de ses hypothèses^ quand, dépourvu de règle, on le voit s'exercer dans le vide , autant on peut se fier à son instinct inné , sorte de seconde vue, quand il suit les jalons posés par une saine critique.
Ce chapitre contient des notices sar les peintres appelés peintres du roi y et qui , à ce titre ^ comptaient au nombre des officiers domestiques de V ostel du Roy. J'ai admis seulement ceux que mentionnent des documents authentiques. Bon nombre de peintres furent employés accidentellement ou attachés spécialement à des travaux particuliers , comme à Fontainebleau, au château de Madrid, etc.; mais ils n'étaient pas appointés , et ils ne sont pas portés dans les comptes de Thôtel , sur Tétat des officiers domestiques. Ils étaient payés à la journée, à la semaine, au mois, et on portait la dépense dans les comptes de bâtiments royaux ou dans les comptes particuliers ouverts pour certaines dépenses momentanées et spéciales. Plusieurs peintres sont mentionnés dans les mémoires du temps et dans différents ouvrages avec le titre de peintres du roi; je les enregistrerai, à mon tour, mais dans un chapitre spécial rejeté à la fin de cet ouvrage. Ce fut pendant quarante années, on se
^ gardera de Toublier, Tambition des artistes supérieurs de tous les pays d'être appelés en France par François I*' et son fils Henri II ; ce fut aussi la pré* tention de tous les artistes inférieurs d'avoir repoussé les offres de ces généreux souverains.
Ces notices paraîtront bien sèches à ceux qui cherchent les biographies romanesques; assez d'autres sauront y ajouter les ornements du style et de rimagination ; pour moi, j'aurais pu les animer d'une manière instructive en discutant les miniatures, les émaux et les tableaux qu'il est permis d'attribuer à chacun de ces artistes, mais j'ai craint, dans l'état trop peu avancé de mes recherches, de me laisser déborder par l'esprit de système etl'entrainement des conjectures*