‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 25 sur 127 · LA BE2IAIS643ICK DES ARTS · texte numérisé non relu

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faisant appel à leurs artistes , mais qui nous poussait à détruire tout ce qui avait été fait avant eux , tout ce qui n'était pas conça d'après eux. En second lieu, la Tacilité qu'eurent les étrangers d'attribuer à leurs peintres, à Holbein par exemple, les chefsd'œuvre des peintres français, dont l'existence et surtout le talent étaient contestés par nousmêmes. Je m'arrêterai un instant à cette confusion d'attributions, parce qu'elle est beaucoup plus grave qu'on ne le' croit et plus préjudiciable à notre honneur qu'il n'est possible de le tolérer.

Le point de départ des Janet et d'Holbein est le même , l'école des Van Eyck; les principes les mêmes, l'imitation de la nature, par le chemin le plus court, se produisant par les moyens les plus simples. Telles sont les analogies qui amenèrent et qui excusent la confusion qui s'est faite.* Voyons quels caractères particuliers , quels traits distinctifs devaient l'éviter et aux peintres français et au peintre suisse.

Tandis que l'habitant de la campagne vous accoste franchement, brutalement, l'habitant de la ville, l'habitué de la cour surtout, vous abordent avec politesse, usant de certains égards. lien est ainsi d'Holbein et des Janet. Celui-là vient droit à vous; il voit les difficultés, mais il les attaque de front et les prend pour ainsi dire par les cornes; l'œil chez lui agit comme le verre de la chambre noire ; il reflète l'image sans que l'esprit ou le goût vienne

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rectifier les aberrations résultant de la convexité de nos prunelles. Aussi voyez dans les portraits d'Holbein ces nez qui s'enflent outre mesure j ces yeux qui se rapetissent hors de toute proportion. Les Janet voient aussi bien, aussi rigoureusement juste; mais chez eux Tesprit, le goût délicat et un sentiment particulier d'élégance modifiaient dans une juste proportion la traduction qu'ils Taisaient sur la toile, de Timage que le reflet de la lumière portait dans leurs yeux. L'un rendait ce qu'il avait reçu , l'autre interprétait dans une certaine et juste mesure. D'ailleurs, même platitude au premier aspect de ces portraits, même accentuation se produisant à l'examen. Même regard limpide et vivant; seulement , le regard dans les portraits des Janet vous charme, le regard dans les portraits d'Holbein vous fixe en s'imposant avec autorité , en vous pénétrant plus avant.

Si les étrangers sont excusables d'avoir produit cette confusion , nous serions sans excuses si nous la tolérions plus longtemps ; il nous faut chercher et reprendre notre bien parmi les Holbein de toutes les grandes collections, et ce qui précède pourra servir à distinguer ce qui appartient au peintre de Bâle, ce qui revient à nos peintres français ' et par-

I. On peoi voir plus haut la deseription du portrait de François I«r k cheval ( p. 18 ) qai a loi^uurs passé à Florence pour être de la nain d*Holbein, celle dn François II du Musée d'Anvers ( p. 90) et celle dn dessin appartenant à M. Reiset qui fut envoyé d'Italie avec le nom d'Uolhein (p. 424). J,'ai acheté k la vente dn général d'Espinoy le portrait de Jacqueline de Rohan, née vprn 1590, mariée en juillet 4536 k François

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ticulièremeQt aux Janet , ses contemporains et ses rivaux.

Quand nous aurons ainsi restitué à nos artistes eurs plus belles pages , toutes les difficultés ne seront pas aplanies ; il nous restera la lourde tâche de classer et de nommer ces œuvres.

Les peintres primitifs^ par cela même qu ils sont primitifs, n^ont pas une manière individuelle qui les distingue entre eux ; ils ont une manière générale qui les confond tous ensemble. Ce faire, particulier non à un artiste, mais à toute une époque, a pour point de départ l'impulsion vigoureuse d'une influence étrangère, comme dans Técole byzantine, d'un homme comme Giotto et les frères Van Eyck, ou bien aussi d'une disposition nationale, comme le goût français que subirent les Janet et qu'ils défendirent vaillamment pendant près d'un siècle. La soumission est le caractère particulier des peintres de ces époques , soumission partagée par le public. Si ceux-là craignent d'innover, ceux-ci, loin de solliciter des innovations, de l'inattendu, du bizarre, se choquent de tout ce qui sort des données traditionnelles. Dans ces temps heureux, un tableau

(TOrlinu; il • apptrtenii k M. de Gaignières, qui s écrit derrière : t^ut t original 4$ Holiei». Or ce dâmunt portrait doit être rangé dans la grande série qoe J'atiriboe I G. Gomeille. ( Voir p. 7tf et p. I4A. ) An cbàteaa d'Hamptonconrt an portrait de François I«r est Inscrit sons le nom d'Holbein, et c'est one pelntnre française. Enfln, dans la même collection , je n'ai pas tn mais on montre un tableao qai représente rentrevne de H^nry VIII et de François I*r à Gaiais. Ne serait-il pas de nain française. Je ne ponsserai pas plus loin eesindiealions qoi auraient besoin d'èiie dheatées en face des peintoits origiiiales.

avait-il du succès^ le peintre le répétait plusieurs fois , sans croire pour cela faire preuve d'impuissance. Ce même tableau était non-seulement copié, mais répété par ses élèves avec; certaines modifications propres à leur nature, à leur sentiment et à la part d'inspiration qui peut entrer dans une redite. Citons un exemple : le Pérugin avait peint en 1495, pour la cathédrale de Pérouse , un tableau représentant le mariage de la Vierge, dans lequel il avait mis toutes ses qualités charmantes et son savoir profond. Le tableau eut un grand succès , il le répéta. Neuf ans plus tard , en 1 504 , un élève de ce grand peintre ayant aussi un mariage de la Vierge à peindre pour les Franciscains de Città di Castello, prit pour modèle le tableau de son maître. Cet élève était Raphaël, cette répétition est le Sposalizio. Si, par un heureux hasard, dans l'espace de teitaps qu'exige le vdyage de Caen à Milan, vous avez pu comparer l'original à la répétition , si vous vous êtes bien rendu compte de la manière de juger les œuvres à toutes les grandes époques de l'art^ vous aurez compris comment le Pérugin dut être heureux et flatté de ce rajeunissement de sa pensée ; comment Raphaël , tout en copiant son maître , croyait, à bon droit, rester lui-même; comment enfin le public qui admirait, et les Franciscains qui payaient, se rendirent très-bien compte de la part qu'il fallait faire à chacun, ou plutôt s'inquiétèrent fort peu de cette répartition, se contentant de ti'ou-

ver que le maitre et l'élève étaient deux grands peintres dans leur manière difTérente et particulière de traiter une œuvre commune.

Ces dispositions du public , cette abnégation des peintres, transportées dans le portrait, rendent presque impossible la tâche du critique. Discerner entre la peinture originale faite d'après nature , la répé* tition faite par le maitre lui-même, la copie de rélève retouchée par son maître, et enfin ces copies heureuses faites avec amour par quelque artiste enthousiaste, c'est chose purement impossible, à moins d avoir conquis, dans le brocantage des tableaux , cette assurance risible qui fixe une date précise à toutes les œuvres et qui leur trouve toujours un nom. Pour un homme de sens et de goût, Tétude et la pratique de ces maîtres lui apprennent à classer ensemble les œuvres dont Tanalogie d'exécution et de sentiment est frappfiainte, à choisir dans ce premier classement, à défaut d'œuvres signées et datées (les Janets n'ont jamais écrit leurs noms au bas d'aucun tableau), les œuvres supérieures pour les attribuer au maître. Les œuvres timidement exécutées, mais avec le sentiment de l'artiste et dans les mêmes données, seront classées au nom des élèves ; enfin nous arrivons aux copies, et je ne veux pas aller plus loin sans dire un mot des copistes* Je sais une foule de gens qui s'accommodent d'une copie de tableau et trouvent autant de plaisir à la contempler que d'antres à admi-

rer roriginal *, je connais aussi force curieux qui croient fermement et qui, dans l'occasion, soutiennent qu'il est impossible de distinguer une bonne copie d'un original. Ceux-là ont les yeux et le goût ainsi faits, inutile de discuter avec eux ; ceux-ci ont lu leur Vasari , et ils ne manquent pas de citer la facilité attribuée à Michel-Ange ' et cette fameuse copie du portrait de Léon X, de Raphaël, exécutée à Florence avec tant de fidélité par Andréa del Sarto, qu elle lui permit non pas seulement de commettre une véritable escroquerie, mais aussi de tromper Jules Romain qui connaissait bien l'original , puisqu'il y avait travaillé. Que répondre? Il était réservé à un Raphaël d'avoir pour copiste, et pour copiste servile, un Andréa del Sarto, c'est-àdire un peintre d'un immense talent, qui trouvait dans les obligations du copiste des qualités qui lui manquaient dans ses œuvres originales. Si l'on est exposé à acheter une madone de Raphaël , copiée dans ces conditions, au lieu et place d'un original, le mal est-il bien grand , et semblable occurrence bien fréquente? Pareille copie n'est-elle pas la perfection de la copie? Un grand talent reproduit par

4. Après avoir dit qoe Michel- Ange avait copié ft la plnme, de manière à s'y méprendre , la Teoiation de saini Antoine, gravnre bien connue de Martin Schoen, Vasari continne ainsi : « Contraffece aurora carte di mano di varj maestri vecchi tanto simili, elle non si eonoseevano perché tignendole e invecchiandole col famo e cou varie Gose in modo le insadiciava, che elle parevano vecchie, e paragonateie con la propria, non si conosceva l'nna dall' altra : ne lo faceva per altro , se non per avère le proprie di mano di coloro col darglt le rilratle, che egU per l'ercelenia dell' arte ammirava e cercava di passarli nel Tare, onde n'acqnisto grandissime nome » t. XIV, »7.

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un talent presque égal, qui, en copiant , puise sa soumission dans son admiration.

Quand les rôles s'intervertissent ^ Tinconvénient est plus grand. J'ai vu hier, à la vente de M. Auguste, peintre et sculpteur fort ignoré, une copie d'une de ses œuvres, faite — devinez par qui? — par M. Ingres. Le maitre , au lieu de suivre son élève, l'avait dépassé, et du modèle qu'il avait imité, il ne restait qu'un maigre squelette recouvert des riches vêtements qui s'étaient drapés involontairement sous le pinceau du copiste.

Ces rencontres, encore une fois, sont rares; voici ce qui était commun au xvf siècle. Quelques peintres, assez puissants pour copier la nature, sont entourés d'un essaim d'hommes de talent assez dépourvus d'amour-propre, assez remplis d'abnégation pour se vouer au métier de copiste. Tandis que de nos jours , chaque facilité de main , chaque éclair de talent veut se faire un nom , et pour y parvenir l'écrit au bas des œuvres les plus pitoyables, tandis que chacun veut se créer une manière, et, pour se singulariser, adopte les allures les plus étranges, au xvi« siècle, il y avait encore, non pas la modestie et la naïveté du moyen âge, mais une sorte de nonchalance d'amour -propre qui, sans initiative^ sans ambition, considérait l'art comme un gagne-pain, et n'attachait pas plus d'importance à ses œuvres que le maçon à sa muraille, le manœuvre à son mortier. Le travail achevé , l'imita*

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iion devenue parfaite, le copiste envoyait son œuvre sur le marché, comme on met une pauvre créature au tour des enfants trouvés, sans la marquer d'un signe de reconnaissance pour conserver. la chance de la retrouver, sans avoir honte de cet abandon, sans en avoir regret.

C'étaient d'habiles ouvriers ; est-il si difficile de démêler à travers cette habileté les caractères de la copie? Non, sans doute. Ce qui dislingue un original, c'est la franchise, la hardiesse, le sentiment, une sorte d'esprit en verve , et certaines hésitations que je vais définir. Ce qui marque la copie , c'est

ou une timidité maladroite , ou une facilité monotone et des tâtonnements qui ne se terminent jamais par une inspiration heureuse , mais qui aboutissent toujours à quelque plate conclusion. M. le prince de Talleyrand me racontait un jour quelle était la puissance et le charme de Mirabeau à la tribune, et il ajoutait : « Au milieu du feu de son improvisation , il avait des hésitations charmantes ; il s'arrêtait comme pour choisir le terme propre, et rassemblée suspendue à ses lèvres cherchait avec lui ; mais il arrivait avant elle, et toujours si juste, qu'on était dominé, et par l'heureux choix qu'il savait faire, et par la difficulté qu'on avait éprouvée soimême. » La valeur, le caractère de l'original n'estil pas dans ce bonheur de l'expression à travers l'hésitation ; le signe de la copie , au contraire , ne se découvre-t-il pas dans un tâtonnement pénible

dont le résultat n'est animé, n'est vivifié, ni par Tobservation y ni par Tinspiralion.

La copie a d'autres signes par où elle se trahit : si elle rend un coloriste, elle n'a pas la franchise du ton; si elle reproduit un dessinateur, elle faiblit aux extrémités, et, comme dans la fable, cette sirène trompeuse finit maladroitement; il semblerait que ces artistes n'ont vu l'homme que jusqu'au col , si bien qu'ils placent leurs têtes sur des carrures impossibles , s'embarrassent dans les bras et sont tout éperdus arrivés au bout des doigts. Nous n'avons pas sur ce point de théorie à exposer ; il nous suffit d'avoir démontré que les copistes ont été en France, au xvi* siècle, plus nombreux, plus habiles qu'à aucune autre époque, et d'avoir établi qu'il est possible de distinguer leurs ouvrages des œuvres originales.

Et je n'arrête ici mon attention que sur les copies identiques, peintes à l'huile d'après les tableaux originaux ou dessinés sur papier d'après les crayons; car autrement il faudrait aussi m'occuper des transformations particulières aux copies sur émail ' , sur faïence , sur vitrail , en tapisserie , voire même aux copies sculptées. Les œuvres deF.Clouetontsubi ces honneurs variés , et le caractère de son talent est

4. Le lectear pense sans doate atee moi an portrait de Diane de Poitiers coucbé, émail do Lonvre; an François U (idem) , dont l'original était sans doute à Foniaineblean (Toir la description dn P. Dan). Je reviendrai, en son lien, sur ees copies (ai tes d'après le» nrigiiianx de Fi-. CInnrt , maifi m dehors dr son inflncnre.

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tel , qu'il perce à travers la couche plus ou moins épaisse de ces procédés difTérents. J'aurai l'occasion dans d'autres travaux de suivre son influence jusqu*à ces points extrêmes de son domaine.

Il me resterait à mettre ici en pratique ces règles et ces observations, mais ces règles sont générales , elles ressortent de Tensemble de mes études; leur application, au contraire , est toute spéciale , et, pour ce qui concerne Técole française , elle exige des recherches, des visites, des voyages que je n'ai pas encore accomplis, dont je m'acquitte peu à peu, à bâtons rompus, et selon les occurrences. J'arriverai bientôt à un résultat, et quand même ce travail délicat et difficile ne devrait pas conduire à attribuer à chacun des Glouet les portraits qu'ils ont peints, s'il permettait seulement d'exclure de leur inventaire les portraits qu'ils n'ont pas pu peindre, et de les rendre au pinceau de leurs contemporains et de leurs successeurs, ce serait déjà un pas important de fait. Mais, je le répète, il faut tout comparer, tout juger par ses propres yeux avant d'établir ce bilan. Mon étude n'est pas avancée à ce point. Je vois bien des Janet cités presque partout, je n'en trouve presque nulle part. L'oreille aux aguets , j'accours au premier bruit et on me montre les faibles produits des imitateurs ou les répétitions habiles des copistes. Plus je vais , plus j'acquiers la certitude que des véritables Janet sont rares, soit que ces peintres consciencieux aient peu produit, soit que leurs

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CBQvres, éparpillées comme les anciennes familles qui les possédaient ' , soient dispersées en France et à l'étranger. On devrait s'attendre à les voir réclamer le grand jour de la publicité, au retour périodique des successions ; vain espoir : tandis que chaque nouvel héritier trouve une raison et une excuse pour envoyer aux enchères quelque grand-père, maréchal équestre ou président en grande robe, il réserve soigneusement et soustrait à la vente ces tableaux miniatures dont les dimensions vont à tous les appartements et les qualités charmantes à tous les goûts. Il faudrait établir un vaste système de visites domiciliaires pour constater dans les anciennes familles la transmission régulière des Janet; je n'ai pas ce pouvoir, mais, pour le remplacer, je compte sur le temps.

Pour reconnaître dans un portrait le personnage représenté, nous avons la comparaison avec des portraits qui de fondation portent leurs titres; nous

I. Les collections lie porirails ëiaient encore Irès^nombreoses au xviii* siècle; elles rant très-rares aujourd'hui. Lorsque H. de Clennibanll, généalogiste des ordres do roU voulut réunir les portraits des membres de l'ordre du Saint-Esprit, il s'enquiides collections qui pouvaient lui offrir des ressources, et un de sfs portefeuilles (Bibl. ■•(., Mélanges de Clerambeuli. Cab. gen. , no Si9 ) est reoipli des renaeignemeots qu'il se procura. Dans ces pièces, aoijourd'bni si iniéressantes, j'avais copié avec soin deux notices qui devaient prendre place ici , mais l'espace me manque pour les publier, je me contente de le^i indiquer. C'est d'abord la liste de plusieurs collections parmi lesquelles figure relie que M. Fieubet avait réunie dans sou château de Beauregard près Blols, c'est ensuite le rataiogoe des portraits formant cette eolleciioD Comme composition ei comme aulheniicité (à Jeanne d'Arc près, voir page 58), cette collection de près de 400 portraits pouvait être et serait encore un modèle, si toutefois la plupart de ces portraits , n'avaient pas été exécutés, comme en fabrique, pour des collerteors trop Imiiatients. J*ai parlé , dans la description du Palais Maiarfn . de ees collectionft et de leur mérite. J'insérerai ces deux notices dans une nouvelle édition de ret ouvrage.

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avons les gravures du temps , les descriptions et les portraits écrits; puis, sinon pour découvrir le nom, au moins pour fixer Tépoque à laquelle appartient le personnage, nous avons le costume ^ la tournure, les airs de tête, la coiffure et la coupe delà barbe ; nous avons enfin une foule de circonstances accessoires et de détails inaperçus qui deviennent une autorité en formant corps.

Après avoir daté le portrait, après Tavoir nommé sans considération de son mérite, on aborde la question toujours délicate des analogies.

Il y en a d'impossibles , comme le portrait de Diane de Poitiers, que MM. Dibdin ^ et Passa-

i. Lesétodes snr le eoslume sont encore trop incomplètes; on n'a pas fait assez la pan des textes : les comptes des rois, reines et princesses donnent mois par mois, année par année, les variaiioos des babillements arec des détails infinis, et qui ont soo- Tent sar les peintures l'ayantage d'one date précise. Ce n'est pas trop da concours de lOQles les sources d'informations pour suivre la mode et la décrire ; il faudra même prendre dans les mémoires imprimés des indications de ce genre de précision :

. Ad com:i enremenf de novembre 1575, lo roy, * dit l'Esioile, « se livie à des dévotions, il laisse ses chemises à grands goldrons dont il esioit auparavant si curieux et en prend à colet renversé, il l'italienne. ■

En 1576, il écrit : > Ces beaux mignons porioicnl leurs cheveux onguels, frisés et refrisés par artifices, lemontans par dessus leurs petits bonnets de velours comme

font les p ei leurs Traises de chemises de toiles d'atonr empezéos et longues de

demi-pied, de façon qu'il voir leur teste dessus leur fraiie, il sembloit que ce fnst le rbef saint Jean dans un plat •

3. 11 existait ë Paris, il y a plusieurs années, dans la collection de ti. Cranfnrd un portrait de Diane de Toi tiers que M. Dibdin fit copier par M. Cœuré lors de son voyage k Paris. Il fol gravé à Londres; et, comme on n'imprima qu'un petit nombre d'exemplaires, celle estampe est devenue rare et chère. Le dessin de M. Cœuré avait roftté 300 francs, il se revendit à Londres 600 fr. après qnMl eut servi au graveur, pois M. Granfurd venant à mourir, ses tableaux furent mis aux enchères et la peinture originale se vendit moins cher que la copie : elle fut adjugée à lord Spencer pour 360 francs. Ainsi vont les choses.

Je n'ai pas vu ce portrait; on l'attribue U Janet, sans s'occupenie fixer par lequel des deux Clouet il a été peint. L'un et l'antre ont pu peindre Diane. On sait que celte beauté régna, comme beauté, depuis iô45 jusqu'à sa mort, et comme malirfsse de Henri II, depuis 1536 jusqu'à la mort de son royal amant.

Voici la description de Dibdin : « Diane de Poictiers. TUs highiy curious portrait

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vanl ' attribuent à Janet , et que la gravure reporte, sans contestation possible , à Técole de Fontainebleau.

Il y en a d'embarrassantes, comme tous ces portraits peints en tons clairs et fins ^ sur fond vert d*eau, faiblement modelés, traités d'une touche précise et sobre , ne laissant à la couleur que trèspeu d'épaisseur, portraits charmants et innom-

is a half leDgth, measoriiig only ten inches by aboat eigbt. Is represent tbe origioal, withoat any drapery, excepi a crimson manile thrown over ber bacfc. She is leaniof npoQ ber left arm, wliicb is supporied by a bank. A sort of Uara is upon ber bead. Her bair is braided. Abofe ber, witbin a frame, is ibe following inscripiion , in capiial romaD letlers : Cou» le ceif brait apbès le décodrs bbs bâtes : aibsi BRAIT BON ABE APRÈS TOI , 0 DiEU. ( Psaisies xLii. ) UpoD tbe wbole. Ibis is perbaps Ibe most legUimaie représentation of Ihe original wbicb France possesses. • ( Bibl. antiq. and Pict. Toor in France, II, p. 478.)

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