JEHAN DE COURT
Cet artiste parait , dans les comptes , en même temps que François Clouel en disparait; est-il son successeur à la suite de sa mort, ou en conséquence
d'une disgrâce? I^ premier motif est le plus probable, le seul admissible. Je découvre l'article qui le concerne dans un Compte de Vespargne pour Fan" née 1572 : « A Jehan de Court, vallet de chambre et painctre ordinaire dudict sieur, la somme de deux cens cinquante livres, dont ledict S. luy a faict don en considération des services qu'il luy faict journellement en ses estats et pour luy donner meilleur moyen de continuer (le 1 2 déc. 1 572). 250. »
On le retrouve dans un compte de janvier 1 584, (je le cite dans Tarticle de Charles de Court) et on voit que, bien qu'employé à la cour, il ne lui consacrait pas tout son temps , car il est occupé, en 1585, à peindre le portrait de la duchesse de Guise; c'était varier, mais non pas rabaisser ses occupations : « A De Court, peintre du Roy, pour un portraict qu'il a faict de ma dite dame de Guise, quatre vingt dix livres. » Factum du duc dé Guise contre Maillard, présent trésorier, vers 1 585 ; manuscrit original , cité par Monteil. J'ai vainement recherché ce manuscrit parmi ceux qui ont été compris dans la vente de la bibliothèque de cet écrivain.
Le poëte Philippe Desportes, né en 1546, et qui mourut en 1606, adresse ces vers au peintre dont nous nous occupons :
Sur le partraii de mademoiselle de Chateauneufy à J. de Ccur^
peintre du roi.
Tu faboses, de Cour, pensant représenter
Du GHASTBAONEur cTAmour la déesse immortelle :
PBIKTRBS EN TITBE D*OPFICE. 225
Le Ciel, peintre sçayant^ Ta portraite si l>elle, Que son divin tableau ne se peut imiter.
Laisse au grand dieu d^amour ce lalieur téméraire, Qui d*un trait pour pinceau le scaura mieux portraire Non dessus de la toile , ains dans le cœur des dieux.
On sait que Ph. Desportes, comblé de faveurs par son souveraiù, tlonna, à la fin de sa vie^ une tournure religieuse à ses vers. Il avait mis , plus d'une fois, son talent au service des charmes de mademoiselle de Ghateauneuf» dite couramment la belle, mais il serait difficile de supposer qu'il eût composé ceux-ci après le mariage du roi en 1 575. On peut donc assigner au portrait, comme au sonnet, la date de 1 574. {Œuvres, in-1 2, Rouen, 1611. Diverses Amours, page 585.)