‹ La renaissance du matérialismeChapitre 66 sur 114 · MATIÈRE, ESPRIT · texte numérisé non relu

MATIÈRE, ESPRIT

DsUncts et nos sentiments. Il y aurait quelque intérêt, par nemple, à poursuivre le droit et le devoir, ou plutôt le jeaoin dans la vie végétative, dans les agglomérations li cristallisations minérales, dans les affinités innombratiles qui créent des rapports inconscients entre les éléments sbîmiques. On trouverait entre ces besoins aveugles et nos besoins clairvoyants le même parallélisme qu'entre le nouvement et le désir, l'attraction et Tamour, la germination et la conception. Tout s'enchaîne depuis l'existence simple jusqu'à la vie, et il n'en peut être autrement; pans cohésion, sans enchaînement, rien n'existerait. I Quand M. Douay nous demande de lui définir la Luitière, croit-il vraiment nous embarrasser? Cette défini- Kon, ne Tavons-nous pas déjà donnée vingt fois?

La matière est un terme abstrait, général, qui est com-

lode pour nommer d'un mot tous les éléments, tels

l'azote, hydrogène, caribone, or, argent, soufre, etc.,

lont la chimie peut accroître ou diminuer le nombre,

hors desquels il n'y a rien. Voilà ce que c'est que la

itière. Ce nom, fort indifflérent en lui-même, a pris, par

'antagonisme que deux grandes écoles philosophiques

établi entre la matière et l'esprit, une importance

ipitale et dont toutes les fausses hontes et toutes les réti-

ices ne pourront le dépouiller.

Tandis que nous définissons, pourquoi ne pas caracté-

ir l'esprit, dont on a fait, bien à tort, un rival ou un

itre de la matière ? L'esprit est un mot abstrait destiné

distinguer l'un des traits les j^lus saillants d'une organi-

ion qu'on nomme la vie. Il ne s'observe nulle part que

ts la vie; il ne peut donc se produire que par les combi-

ns organiques dont la vie procède ; et ces combinai-

is sont essentiellement subordonnées à l'existence préa-

lable des éléments qui se combinent et que nous appel la matière. Voilà, je crois, toute la philosophie en lignes, même en une : Tesprit est la fleur de la mal ou son parfum. S'il n'existait ni rosier ni rose, exist( il une odeur de rose ?

Puisque M. Garo, dont notre ami Louis Asseline annc çait dernièrement l'instructif ouvrage, veut bien quelquefc lire la Pensée nouvelle et lui fait l'honneur d'entrer en avec elle, à l'exclusion du positivisme et du panthéisme autres athéismes honteux, c'est à lui que nous nous p( mettons d'adresser cette question : Y aurait-il une intel gence d'homme ou d'abeille, ou d'oiseau, sans oiseai sans abeille, sans homme ? Qu'il prenne de même le dominant de chaque chose et de chaque groupe de chos et se pose la même question, il arrivera ainsi à épi l'univers visible, et par induction l'infini ; aura-t-il trow quelque part, dans quelque coîn de l'éther, une faci hors d'un organisme, une qualité hors d'un objet, existence indépendante du tout, extérieure au monde Qu'il réponde avec la loyauté qui caractérise son nouv( livre, le Matérialisme et la Science; et nous ne doutoi point que sa logique ne fasse bon marché des quel( distinctions subtiles ou erronées qu'il oppose à la méthc de matérialiste, des quelques circonstances atténuant qu'il accorde au spiritualisme.

Gomment, circonstances atténuantes? diront les habiti de la Sorbonne ; M. Garo aurait-il quitté le Gousinisme, Scotisme, etc.? A moitié, répondrai-je, et sans s'en dout Mais sa marche en avant est sensible. Jetant un dei regard affectueux vers la sphère inaccessible, transci dante, où s'évapore dame Métaphysique, il prie qu'on laisse à ses amusements, « pourvu qu'elle ne prétende

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