‹ La renaissance en France (volume 2)Chapitre 25 sur 54 · Jean de Lespine, né e · texte numérisé non relu

Jean de Lespine, né e

nord de son

Primitivement les trois murs de la chapelle, où se trouvent probablement

entassées le plus

nd nombre de statues que l'on ait jamais pu admirer d'un coup d'œil, étaient décorés avec une égale richesse. Mais peu après l'achèvement

des travaux, un mouvement qui se produisit dans la construction en même temps

qu'il endommagea considérablement les parties situées à l’est et au nord, força

de porter dans le transept sud toute la décoration supérieure jadis appuyée contre le mur occidental. A cette place, nous voyons aujourd'hui une composition d'un caractère tout différent du reste et d’une exécution bien inférieure, qui représente Jésus au milieu des docteurs et semble la traduction d’une gravure allemande. Certes, nous n'avons pas à nous occuper d'une œuvre aussi médiocre, pas plus que nous ne ferons attention aux personnages principaux du groupe de L'Assomption, évidemment refaits en même temps que l'arcade sous laquelle ils sont abrités”.

Dans la pensée de Jean Bougler, la chapelle entière devait être un poème en l'honneur de la Vierge; nous pourrions ajouter un poème avec gloses et commentaires, car tout autour de chaque grande scène se montrent, soit en pied, soit en buste, dans des niches à crousilles ou sous des dais à double lanternon,

les personnages les plus célèbres par leur science et leur doctrine. Tous ne sont pas

reconnaissables; mais, cependant, il est permis de citer, outre saint Timothée,

le disciple chéri de saint Paul, saint Denys l'Aréopagiste, saint Anselme, saint

Bernard, saint Bonaventure et saint Pierre Damien. Pour notre part, nous trou-

vons que le prieur de Solesmes a fait trop ouvertement étalage d'érudition et ces inscriptions multipliées, qui n’entrent pas dans la décoration, troublent l'esprit dès le premier instant, ne permettent pas d'appliquer son attention aux sculptures

et semblent, malheureusement, placer l'art dans une subordination regrettable.

L'une des principales compositions, celle qui occupe toute la partie inférieure

ge. Évi-

de la paroi septentrionale, est consacrée à l’ensevelissement de la Vierg demment, en choisissant ce sujet, on a voulu donner un pendant à la célèbre Mise au lombeau qui se voit de l’autre côté de l’église. Les choses sont même allées si loin, que certains personnages se présentent à nous, des deux parts, dans une attitude absolument semblable?. De là un manque d'originalité qui ne laisse

pas de choquer quelque peu. Aussi, de préférence, l'attention se porte-t-elle sur

1. Du côté de l’est, les désordres ont é et Jean Bougler, s'il revenait à la vie, trouverait

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ne religieux également assis du côté droir. Quant aux deux

elles ont un rapport frappant avec celles qui se voient près de la Vierge, en pendant à saint Jean ec à Joseph d'Arimathie.

FRANCE

sionomie et le costume rappellent des contemporains,

es figures dont la phy admis par un anachronisme voulu à prendre part à l'action. On admire, d'un côté, can Bougler et, de l'autre, Jean des Marais’, c'est-à-dire l'inspirateur de l'œuvre et le principal artiste auquel l'exécution a été confiée. Quant au jeune religieux

is en avant du sarcophage*, rien n'empêche d'y reconnaître, ainsi qu'on l’a pro-

posé 3, un des neveux du prieur de Solesmes.

Dans la représentation de l'ensevelissement de la Vierge, nous l'avons dit, les

ignes générales de la composition et jusqu'à un certain point l'attitude de chaque

personnage étaient commandées par le voisinage d'un chef-d'œuvre que l'on ne

croyait pas pouvoir surpasser. Aussi, pour juger entièrement, au point de vue de l'arrangement et de la conception, le mérite des sculpteurs que Jean Bougler avait appelés à remplir son programme, faut-il examiner, du côté de l'est, en arrière d’un autel, les grandes scènes destinées à nous faire connaître, sous une forme tout à fait nouvelle, le trépas de la mère de Dieu +. Marie, qui sent venir sa dernière heure, n'est pas étendue sur un lit, mais à genoux, dans une sorte d’extase ; elle reçoit de son fils le sacré viatique. Suivant la tradition, tous les apôtres l'entourent, et deux d’entre eux qui symbolisent plus particulièrement la foi et l'amour, nous voulons dire saint Pierre et saint Jean, lui prêtent le soutien de leurs mains pieuses.

Sans aucun doute, l'idée de rompre, dans la circonstance, avec la tradition du

moyen âge appartient à Jean Bougler‘, et le sculpteur n'a fait que se conformer

le plus possible au programme qui lui était imposé. Mais ce dernier n’en mérite

pas moins nos éloges pour la manière dont il a procédé à l'exécution. La période

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