‹ La renaissance en France (volume 2)Chapitre 24 sur 54 · M. Cartier, dans deux 15 août et du 1° septembr · texte numérisé non relu

M. Cartier, dans deux 15 août et du 1° septembr

vu, Naturellement il défend à no

s'est montré fort injuste envers le

auribution des sculptures de S s à des artistes flamands ct, chemin faisant, déclare que « ses explica

contré de M. Cartier n’est g au coura:

contradicteurs ». Cela pre e tout

ont été combattues non seulement en France, presque aussitôt leur apparition (Congrès archéol

ré des touristes au Man

tenue au Mans et à Laval en maï 1878, p. 326; — Gui r M. R. Charles, 1880, p. 186; — Bulletin monumental, 1881, p. 664-66), mais encor

des sciences historiques, 1882).

FRANCE

déjà établi, c'est qu'au lieu d'aller chercher au loin les sculpteurs dont on à besoin, nous devons peut-être les demander aux provinces les plus voisines. Et de fait, à l'époque où furent exécutés les grands travaux de Solesmes, il existait à Angers un artiste éminent, si nous en jugeons par les nombreux appels faits de différents côtés à son talent. On le retrouve au Mans aussi bien qu'à Nantes, chaque fois que l'œuvre projetée nécessite une main habile et depuis longtemps éprouvée. C'est ainsi qu'en 1534 il est seul jugé digne de parfaire un retable demeuré inachevé depuis la mort de Michel Colombe’. L'école de Tours, durant un demi-siècle, n'a pas eu de représentant plus attitré, et toutes les traditions du vieux maitre qui a rendu si célèbre l'atelier de la rue des Filles-Dieu se trouvent incarnées en ce « tailleur d'ymaiges » dont le nom, qui a déjà figuré

dans ces pages, était Jean des Marais.

Notre opinion paraît d'autant plus vraisemblable que, pour des observateurs sérieux, toute la partie ornementale de Solesmes présente une étroite parenté avec celle de l'hôtel de Pincé, à Angers, qui se trouvait, on le sait, en pleine construction vers 1533. Dans les deux endroits, par une exception bien rare, une frise dorique avec tout son attirail de triglyphes et de patères se glisse au milieu du plus riche épanouissement de la première Renaissance. Puis, entre les

randes arcades du rez-

niches qui, dans une sorte de meyzanino, au-dessus des g

de-chaussée, abritent des théologiens en buste, se montrent des balustres qui, vu

leur forme et leur multiplicité, sont une indication d’origine, car on les retrouve un peu partout en Anjou où ils caractérisent la manière d’un maître. Nous serions onc tenté de croire que pour l'architecture Jean des Marais s'était associé le célèbre Jean de Lespine *, une des gloires artistiques de sa province. Les deux compatriotes avaient, du reste, l'habitude de travailler ensemble, ainsi que le démontrent les documents relatifs à la restauration des parties supérieures de la façade, à la cathédrale d'Angers5. Il en est de même d’un autre sculpteur nommé Jean Giffard qui, vu la somme considérable qu'il reçoit pour les statues

de saint Maurice et ses compagnons“, devait jouir d'une grande réputation. C'est

donc, suivant nous, à ce triumvirat que s’adressa le prieur de Solesmes, et l'on

peut dire que jamais inspiration ne fut plus heureuse ni choix plus excellent.

. CE. Archives de l'art français, ve série, t. I, p. 429. Il s'agit du retable destiné à la chapelle des Carmes, à Nante

Page 1