TRÉPAS DE LA VIERGE, À SOLESMES
entre le nombre des personnages mis en scène et l'espace plus ou moins grand
où ils doivent se mouvoir. L'air circule librement dans un groupe de quatorze
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figures disposées sur deux plans avec un art si remarquable que dans le centre, principalement, elles se font mutuellement valoir. Sous ce rapport, l'artiste a pu éviter quelques-uns des défauts trop fréquents dans la décoration de la chapelle où
la sculpture, se méprenant sur son rôle, entreprend de lutter avec la peinture. Enfin, bien qu'il y ait toujours une tendance marquée vers la recherche des
, les draperies ne manquent ni d'ampleur ni de naturel. Elles participent en
détai quelque sorte de l'état des figures qui tiennent un juste milieu entre les exagérations du réalisme et celles de l'école absolument contraire.
Nous ne savons à quelle époque fut commencée l'exécution du programme tracé par Jean Bougler. Mais vu le temps nécessaire à des travaux aussi considérables, vu surtout le caractère de la sculpture ornementale qui appartient presque
en entier à la première Renaissance', si la date de 1553, très nettement gravée sur
un fragment d'architecture, peut être considérée comme se rapportant à la fin de cette laborieuse campagne, iln'y a pas exagération à en placer les débuts vers 1538 ou 1540. Même avec l'aide de plusieurs artistes secondaires, les deux sculpteurs indiqués plus haut ont bien pu consacrer quinze années à une œuvre qui ne comprend pas moins d'une soixantaine de statues, la plupart de grandeur naturelle. Quant aux bustes, ils sont également très nombreux, surtout dans la partie nord de la chapelle.
Régulièrement les sculptures dont nous venons de parler si longuement eussent dû passer après celles du transept sud, qui non seulement sont plus anciennes, mais encore, ainsi qu'on a pu s’en apercevoir au cours de la discussion, ont été, dans une certaine limite, le modèle sur lequel on s'est réglé. Pour agir comme nous l'avons fait et renverser l'ordre chronologique, il a donc fallu lobli-
gation de remettre avant tout les choses à leur place, c'est-à-dire de rendre à la
France ce qui lui appartient véritablement. Les arguments destinés à appuyer l'opinion qui fait confier à Michel Colombe le soin de diriger les premiers embellissements de Solesmes pouvaient au contraire facilement attendre. Du reste, si nous sommes étonné d'une chose, c'est qu'on ne se soit pas aperçu de l'importance majeure présentée dans le débat par deux pilastres à candélabres, égarés au milieu de l'ornementation toute gothique servant de cadre à la grotte où se déploie la
magnifique scène de l'ensevelissement du Chri
t. Leur composition non moins
savante que gracieuse et leur merveilleuse exécution, rapprochées de l'inscription
que porte l'un d'eux : MCCCCIHI®XVI® KaroLo VIII° REGNANTE, font songer en