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CHATEAU DE LAVAL

Nous ne croyons pas nécessaire de parier plus longuement du château de Laval qui ne présente, en somme, qu'un assez médiocre intérêt. On juge surtout sévèrement les constructions élevées par Guy XVI, si on les compare à celles que son futur beaupère, Jacques de Daillon*, poursuivait dans le même temps à l'autre extrémité du Maine. Car, bien que réduit à une seule façade, le château du Lude

1. Recueil historique des chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, dans la Revue historique et nobiliaire, 1879, p. 469. 2. A la mort d'Anne de Montmorency, Guy XVI se remaria, en 1525, avec Antoinette de Daillon.

offre encore aujourd'hui l'un des plus beaux spécimens de l'architecture du xvr siècle. Les tours, d'un diamètre considérable, sont ornées avec une rare élégance, et comme la défense ne joue ici aucun rôle, on n'a pas craint d'interrompre les mâchicoulis au droit des fenêtres. Du reste, ces dernières, de la base au faîte, forment en réalité un tout continu, et les hautes parois se trouvent ainsi coupées verticalement par de grandes lignes d'une extrême richesse. Nous ne disons rien du double bandeau qui indique la séparation des étages, non plus que des médaillons à têtes saillantes si heureusement placés au milieu des surfaces planes.

Nous savons qu'en 152$, à la mort de Jacques de Daillon, tué glorieusement à la bataille de Pavie, le château du Lude était en pleine construction. Le commencement des travaux peut donc être fixé approximativement à 120 et c'est ce qui explique pourquoi il ne reste plus dans l’ornementation aucune trace du moyen âge. Tout appartient à cette période gracieuse de la première Renaissance, qui à semé d’arabesques les pilastres, décoré magnifiquement les allèges des fenêtres et découpé sur les toits de grandes et riches lucarnes'. Certes, on trouverait diflicilement quelque chose de plus élégant, et nous voudrions bien, pour notre part, connaître le nom de l'habile architecte qui, après avoir terminé, vers 1530, la demeure des Daillon, fut appelé à Vitré, où la comtesse de Laval, on l'a vu plus haut’, désirait l'employer à l'embellissement de sa chapelles.

Tous les châteaux n'ont pas été bâtis d'un seul jet, et il en est plusieurs,

au contraire, qui portent l'empreinte, non seulement des âges les plus divers, mais encore, vers la même époque, des inspirations les plus opposées. Telle est, par exemple, aux environs d'Évron, dans la Mayenne, la poétique résidence des Le Gonidec, ces successeurs intelligents des Le Maire et des Bouillé. Son nom, Le Rocher, lui vient sans aucun doute de ce que, primitivement, on s’est servi pour l’asseoir d'une masse solide, émergeant d'une immense pièce d’eau aujourd'hui rejetée en arrière et ne baignant plus que deux côtés de l’ancien quadrilatère. Lorsqu'on voulut égayer cette forteresse, naturellement un peu

triste et sombre, on commença par abattre environ la moitié de l'enceinte ;

. Les lettres NN que portent quatre cartouches sur le chambranle d’une fenêtre

auche de la façade, constituent

peut-être le monogramme de l'artiste auquel est due la sculpture de cette partie du chât

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