Entre Évron et Sainte-Suzanne
personnage
appui de cetre opinion, on fait valoir que cette maison fut achet
n 1545 ou 1546, par Jacques de Vignolles,
qui a joué un certain rôle dans l'histoire du Mans. 3. Disons, touefois, qu'au Louvre les consoles reposent directement sur le chambranle. Pas de crossettes, par conséquent, à la partie supérieure.
environ, comment expliquer que la belle ordonnance dont les traits principaux viennent d’être indiqués n'ait été un objet d'imitation que beaucoup plus tard, dans la seconde moitié du xvi° siècle ? On le voit, la question n'est pas aussi simple qu'on se plaît à le supposer et, pour la trancher d'une manière définitive, force serait d'avoir des documents certains.
Si nous ne nous trompons, Simon Hayeneufve, que l'on a voulu chercher rue de l’Écrevisse, pourrait être plus facilement trouvé rue Dorée, dans la maison dite de l’Ancien-
Évêché ‘. Dans l'agencement des
lignes, dans les profils des moulures, surtout dans les gâbles qui surmontent les lucarnes, il y a comme une réminiscence de l'architecture florentine. Assurément nous avons affaire à quelqu'un qui a visité l'Italie, qui s'est épris de son style et l'a appliqué tant bien que mal à un édifice de son pays. Les sculptures méplates encadrées dans les allèges des fenêtres’ peuvent ellesmêmes servir d'indication. Un artiste dont le talent se serait formé en Normandie ou sur les bords de la Loire n'eût peut-être pas mieux fait, mais il eût fait différemment. Pour LUCARNE, AU MANS.
combattre notre opinion, nous le
savons bien, on objectera la grande renommée de Simon Hayeneufve. Mais est-il bien certain qu'il faille prendre à la lettre les éloges des contemporains? Sans vouloir donc rien affirmer, nous serions très porté à voir dans la maison en question le spécimen si longtemps cherché. Il offre même ce double
avantage que le célèbre artiste s’y montre à la fois comme sculpteur et comme
architecte, et ce n'est pas notre faute si l'impression qui résulte de l'examen
auquel nous nous sommes livré ne se trouve pas tout à fait conforme à la
légende‘.
Tout le monde connaît le groupe de maisons qui fait face à la cathédrale. Celle du milieu, appelée le Grabatoire, parce qu'elle servit longtemps de refuge aux chanoines infirmes, a été, paraît-il, bâtie, de 153$ à 1542, par un architecte
nommé Anselme Taron*. Le style, du reste, ne dément pas cette date, et nous
LE GRABATOIRE.
sommes bien dans la seconde moitié du règne de François I*'. Mais si l’ensemble est agréable à voir, grâce à des lignes pittoresques, il faut bien avouer qu'en somme l'artiste a fait preuve d'un talent assez ordinaire. Aussi, à tous égards, préférons-nous la maison de gauche avec le riche encadrement de ses fenêtres et sa jolie tourelle en encorbellement. La seule des lucarnes qui subsiste encore est surmontée d’une accolade, et l'on ne saurait se tromper sur la date, qui flotte entre 1$1$ et 1520. Ajoutons que, dans une pièce du premier étage, une admirable che-
minée est couverte de rinceaux qui rappellent le cloître de Saint-Martin-de-Tours.
1. On a voulu reporter à la fin du xvr' siècle la construction de la maison de la rue Dorée, Mais c’est se tromper mmes p rabatoire, par Ad. d'Espaulard. Le Mans, 1848, p. 6:
sque au début du rêgne de François Ier.
Pour l’ornementation intérieure, et avéc raison, on a eu évidemment recours à
une main différente’.