‹ La renaissance en France (volume 3)Chapitre 13 sur 37 · Connu aujourd’hui sous le nom de p · texte numérisé non relu

Connu aujourd’hui sous le nom de p

. Un doc: publié par M. CI

que Jehan Coss

arles Vasseur dans ses Études historiques et archéologiques sur la cathédrale de î d'Évreux tout au moins depuis

on » de la cathédrale

était

n a1x, se contenta done de le confirmer dans les fonc-

> 1504. / tions où il s'étaic déjà di

qui sont en train de s'opérer de tous côtés. On se croirait encore au xv* siècle, tant le maître est demeuré fidèle au style flamboyant jusque dans les moindres détails de son ornementation. Du reste, en ce genre, c'est bien l'œuvre la plus remarquable que l'on puisse citer. À force d'élégance et de légèreté Jean Cossart est parvenu à se faire pardonner certaines combinaisons par trop ingénieuses ;

sa

entre ses mains du moins l'architecture du moyen âge terminait noblement longue carrière", en disparaissant elle ne pouvait manquer de laisser quelques regrets.

Après la mort d'Ambroise Le Veneur, arrivée en 1531, il se produisit un temps d'arrêt assez long dans les travaux de la cathédrale. C'est pourquoi, sans transition, à la façade occidentale, nous sommes transportés en plein règne de Henri IL. Pour cette fois, le moyen âge est bien fini et l'on ne se douterait guère de la faveur dont il jouissait quelques années auparavant. Tout appartient au style le plus avancé de la Renaissance et, disons-le franchement, ce n'est pas en l'interprétant d'une aussi gauche façon que l’on pouvait espérer de lui conquérir des suffrages. Gabriel Le Veneur, qui avait succédé à son oncle*, ne s'était pas montré fort heureux dans le choix de l'architecte appelé à transformer le clocher méridional; car on se contenta seulement de revêtir les vieux murs

romans d'une nouvelle enveloppe et c'est ce qui explique sans doute, en même

temps qu'une certaine gaucherie générale, le peu de profondeur donnée à des niches qui ne peuvent de la sorte servir absolument à rien. Puis, quelle !

monotonie dans ces cinq étages, en dépit des différents ordres superposé

On eût pu continuer ainsi indéfiniment sans plus de succès’. Quant au portail dont l'aspect est étrangement lourd, il présente également des bizarreries inacceptables. Des colonnes corinthiennes, par exemple, ont leurs chapiteaux retournés, de sorte que les volutes occupent la place de la rosette et réciproquement *.

Par son mariage avec Agnès Le Baveux, Jean Le Veneur, qui devait plus tard tomber glorieusement sur le champ de bataille d'Azincourt, était entré en

possession de la baronnie de Tillières, dans la vallée de l'Avre, entre Verneuil et

nord d'Évreux air été terminé avant l'année 1530.

r. Nous ne croyons pas que le portai

2. Pour tout ce qui a rapport à la la maison de Harcourt par de

, 1662, t. Il, p. 1180-86; père An

était le troisième fils de François,

Nonancourt. Il parait même qu'abandonnant l'ancien château de ses ancêtres, situé plus au nord, sur la route d'Évreux à Louviers, non loin du village d'Heudreville", il se fixa définitivement en cet endroit où naquit son fils Philippe, le père non seulement d'Ambroise dont il a été parlé plus haut, mais encore d'un autre ecclésiastique, nommé Jean comme son aïeul, qui succéda, en 150$, au frère de sa mère, Étienne Blosset, sur le siège de Lisieux. Le nouvel évêque, si nous en croyons les chroniqueurs contemporains, était un très habile homme que François I* choisit pour lieutenant général en Normandie. Puis nous le voyons, peu après, élevé à la dignité de grand aumônier, ce qui lui valut en 1533 le chapeau de cardinal.

Maintenant que nous connaissons la biographie de Jean Le Veneur, rien n'est plus facile que de deviner à quelle occasion à été réédifié le chœur de ié Ke

souvenu du lieu de sa nai

ise de Tillières. L'illustre prélat, à peine arrivé au faite des honneurs, s’est

ance et son premier soin a été d'aviser aux moyens d'entreprendre une construction qui se fait remarquer par son étourdissante richesse. Car nous lisons la date de 1543 sur l’arc-doubleau qui se dresse à l'entrée et, à moins d'admettre que les travaux aient marché comme par enchantement, on ne trouvera pas trop de quelques années pour atteindre la hauteur des voûtes. Du reste, la dernière pierre ne fut posée qu'en 1546*, c'est-à-dire après la mort du cardinal qui ne put ainsi jamais contempler dans toute sa splendeur la merveille dont il avait été l'inspirateur*.

Car, nous ne saurions trop le répéter, l'église de Tillières est une de ces

œuvres qui font le plus grand honneur à la Renaissance. Non seulement le luxe

de la décoration s'y trouve poussé aussi loin que possible, mais encore par des combinaisons ingénieuses l'architecte est arrivé à rapprocher de la manière la plus heureuse deux systèmes de voûtes qui semblaient s'exclure mutuellement. Comme par le passé nous avons des arcs-doubleaux, des ares formerets, des arcs ogives, toute l'ossature gothique en un mot, mais sur l’extrados de chacun d'eux ne reposent plus des triangles de remplissage. Ces derniers sont remplacés par de grandes dalles absolument plates dont la partie avoisinant les murs ne s'aperçoit qu'à travers une sorte de demi-jour. Cela tient à ce que, contrairement au système 1. Connu sous le nom de château de l'Homme.

dessus de l'un des écussons, près du mur absidal.

e 7 août 1543.

dates que nous avons indiq

par M. Alfred Darcel dans le bel ou-

# architectural en Fra qu'en 1543 pour

;t Il, p. 68.

être terminés crois années plus tard. Mais qui ne voit que p c'est ne tenir aucun compte du premier millésime qui

figure, nous l'avons

non à la base du monument, mais presque à son sommet

pratiqué à Saint-Pierre de Caen et à la Ferté-Bernard, les tympans des ares ne sont pas garnis de claires-voies, mais de maçonneries pleines. En outre, comme il était important de diminuer autant que possible l’espace à recouvrir par chaque dalle, les nervures ont été dédoublées à leur naissance de manière à former huit panneaux triangulaires rangés autour d'un neuvième, au centre, qui a la forme d’un losange’. D'où il s'ensuit que, par travée, on ne compte pas moins de quatre clefs pendantes, qui ajoutent naturellement à la richesse de l'ensemble, vu le soin particulier avec lequel leur ornementation à été traitée *.

Du reste, il faut bien dire que les sculpteurs n'ont pas seulement réservé leur talent pour les parties les plus en vue. Jusque dans les angles obscurs formés par e rapprochement des nervures se cachent de délicieux motifs empruntés soit à la figure humaine, soit au règne végétal. Et ce qu'il y a de plus étonnant encore, c'est de découvrir çà cet là des ornements placés dans de telles conditions que l'on ne sait vraiment pas, au premier abord, comment ils ont pu être exécutés. ais tout s'explique bientôt lorsqu'on se reporte à la manière dont les artistes procédaient à cette époque. Loin de se contenter d'épanneler les pierres avant la pose, ils achevaient complètement la sculpture sur le chantier. Aussi ne connaissaient-ils pas l'opération du ravalement qui de nos jours fait que les parties basses

sont les dernières terminées. Le monument s'élevait régulièrement, sans qu'un

point quelconque fût laissé en arrière. C'est pourquoi à Tillières, par exemple, tandis que l'un des ares-doubleaux porte la date de 1543, celle de 1546 se lit au-dessus d'un écusson au plafond de l'abside. Les travaux de sculpture ont donc marché en montant, contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui et, par conséquent, nous sommes certains que chaque pierre n’a été mise en place qu'après avoir reçu sa décoration. Mais s'il en est ainsi, les difficultés dont nous parlions tout à l'heure n'existent plus, car, dans l'atelier, il n'y a rien qui ne soit à la portée de la main.

Au sujet des voûtes une autre idée nous était d'abord venue qui, du reste, ne paraissait nullement en opposition avec ce qui précède. Nous nous étions demandé

si, à la mort du cardinal Le Veneur, arrivée précisément l'année même où l'on

1. La manière dont les nervures sont disposées à Tillières méritait bien d’être signalée, On ne trouve là ni liernes

ne les arcs diagonaux, à proprement parler, s primés er, pourtant, il n'y a point de clet centrale.

le m

C'était

emarquable habileté.

nt des

1 des pendentifs sont entiérement découpés à jour, et sous les arcades du pourtour s'abri

es, au contrai

nus que l’on serait tenté de prendre pour des Amours. ; présentent une série de niches dans

lesquelles sont placés tantôt des figures semblables aux précédentes, tantôt des bustes de Prophè

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PONT NN ve: -

achevait de bander les ares-doubleaux, il n’y avait pas eu changement dans les plans suivis jusqu'alors. Rien n'empêchait qu'à cette date et à la suite de cet événement on eût substitué aux nervures diagonales destinées à soutenir les voûtains de remplissage tout le système indiqué plus haut. De la sorte nous comprendrions encore mieux l'intervalle de trois années écoulé entre deux parties de la construction si voisines l'une de l’autre. Mais il faut malheureusement renoncer à une explication que tout vient contredire. Et pour n'en donner qu'un exemple, si au début le plan dont nous voyons l'exécution n'eût pas été arrêté dans tous ses détails, les soffites qui couronnent les tympans des ares ne se confondraient pas avec les voussoirs de clef. Dès lors que les premiers sont taillés dans la même pierre que les derniers", c’est que leur coexistence a toujours été prévue; aucune modification ne s'est produite dans les plans qui ont été suivis jusqu'à la fin avec une remarquable régularité.

Au xvi' siècle les armoiries jouaient un grand rôle dans l'ornementation, mais nulle part ailleurs peut-être on ne leur a donné une place aussi importante qu’à Tillières. Non seulement elles occupent le centre des panneaux du plafond, mais tout ce qui est rangé autour d'elles, personnages de tout âge et dans toutes les positions *, guirlandes de feuillages ou de fruits, ne semble avoir été disposé que pour les faire valoir. Nous ne parlons pas des cartouches sur lesquels elles se détachent, ni de leurs supports variés où figurent tantôt des anges, des hommes barbus ou des enfants, tantôt des satyres ou des chimères dont les corps se terminent en volutes feuillagées, tantôt des cerf ailés ou des chiens. En outre, tous ces écussons étaient jadis relevés par la couleur, ce qui devait produire un effet merveilleux. On y reconnaissait les différentes alliances de la famille Le Veneur dont il était facile de remonter ainsi la généalogie. Seulement une chose à lieu d’étonner, c'est que l'écu du cardinal”, au lieu d'occuper la place d'honneur au rond-point de la nef centrale, soit relégué dans une chapelle ouverte en prolongement du bas côté méridional +. Est-ce qu'après sa mort quelques-uns des neveux chargés de surveiller les travaux auraient trouvé bon de faire modifier les pre-

mières dispositions sur ce point? La chose paraîtrait d'autant plus probable que

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