‹ La renaissance en France (volume 3)Chapitre 12 sur 37 · De Laborde, op. cit., p · texte numérisé non relu

De Laborde, op. cit., p

évidemment peine à voir et quant à l'immense bas-relief qui a la prétention de décorer là première chapelle au midi, sa médiocrité est telle que l’on se demande sil valait bien la peine de faire venir un sculpteur de Beauvais pour arriver à ce déplorable résultat. Pierre du Fresnoy', semble-t-il, a voulu lutter avec Desobaulx; mais il n'était malheureusement pas de taille à triompher, et son arbre de Jessé ne rappelle aucunement celui que nous avons signalé à la façade de la cathédrale de Rouen*.

En résumé, l'église de Gisors, quels que soient ses défauts trop réels, est un monument intéressant à plus d’un titre. Toutes les transformations qu'a subies l'architecture de la Renaissance s'y trouvent nettement représentées et nulle part peut-être on ne peut faire une étude plus instructive et plus complète. Et comme si cela ne suffisait pas, les nombreux artistes auxquels nous avons affaire ont chacun de leur côté tellement mis de personnalité dans leurs œuvres qu'ils constituent une véritable école dont l'influence, pour ne pas s'être étendue fort

loin, n'en a pas moins été a

z considérable. Les Grappin, de père en fils, se transmettent des traditions d'art qui ne se démentent pas un seul instant. Rien de ce qui se fait autour d'eux ne leur est étranger, ils ont l'œil sur Paris et s'ils ne se contentent pas de pasticher comme tant d'autres, c’est qu'ils sentent en eux-mêmes quelque chose qui vibre et ne demande qu'à éclater. Assurément leur place n’est pas au premier rang, mais il y aurait injustice à ne tenir aucun compte du rôle qu'ils ont joué dans le développement partiel de l'architecture. Leurs œuvres s'imposent à l'étude et pour ce qui nous concerne, nous n'eussions voulu à aucun

prix les négliger.

Cosme de Médicis, qui avait rendu tant de services aux Florentins, aimait à répéter sur la fin de ses jours : « Je connais l'humeur de mes concitoyens, dans

cinquante ans il ne restera de moi et des miens que ces quelques constructions

vais, sur et tant moins de son marché de

> Pe 324.

1. « Le 22 septembre (1585). Payé à Pierre du Fresnoy, ymaginier de Be

ms

que j'ai fait élever’. » Le grand homme exagérait; mais il est bien certain, cependant, que s'il eût moins bâti, l'auréole dont la postérité s'est plu à entourer son nom ne brillerait pas d'un aussi vif éclat. Encore que l'on n'ait pas oublié sa générosité durant la famine de 1429, que pour les historiens il soit toujours le Père de la patrie, son souvenir revit principalement dans les admirables monuments

dus à sa magnificence, tels que la sacristie de Saint-Laurent, le couvent de Saint-

Marc et le palais de la Via Larg

Mais laissons de côté Cosme l'Ancien et voyons le sort réservé aux personnages moins célèbres que la faveur du prince ou leur propre mérite ont élevés aux plus hautes fonctions de l'État. Il n’est parlé d'eux qu'à propos des merv eilles architecturales pour lesquelles ils se sont ruinés bien souvent. Qui connaïîtrait le président de Ligneris, si Pierre Lescot, répondant à son appel, n'’eût fait sortir de terre le magnifique hôtel que M“ de Carnavalet a malheureusement transformé plus tard? Et Thomas Bohier, n'est-ce pas seulement en lui le créateur de Chenonceaux que l'on a coutume de considérer ? Nous n’en finirions pas, du reste, si nous voulions dresser la liste de tous ceux qui se trouvent dans le même cas. Chaque province au besoin fournirait son contingent, et rien que dans la partie de la Normandie qui nous occupe en ce moment, il ne faudrait pas chercher beaucoup pour citer plusieurs noms.

C'est ainsi, par exemple, que l'évêque d'Évreux, Ambroise Le Veneur, bien que s'étant distingué par son habile administration et le talent déployé en certains

écrits, ne tiendrait guère de place aujourd'hui dans l'histoire, s'il n'avait contribué

à l'embellissement de sa cathédrale par la construction de la façade nord. Devant É:

cette œuvre extraordinaire pour laquelle il s'est servi du talent de Jean Coss:

on sent seulement le besoin de rappeler les faits principaux de sa biographie. Le monument sauve la mémoire de l'homme qui ne prévoyait pas sans doute, en agissant ainsi, obtenir un si désirable résultat. 11 est vrai que notre prélat avait eu la bonne fortune de trouver, pour ainsi dire, dans l'héritage de ses prédécesseurs le vaillant architecte dont le nom, croyonsnous, est ici donné pour la première fois’. Seulement est-ce la faute de Jean Cossart ou celle de son nouveau

protecteur si, dans la façade en question, rien ne fait soupçonner les changements

les Précurseurs de la Renaissance

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