INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN, À ARGENTAN
sans dire adieu aux charmants caprices de François L”, elle a plus de souci de la
ligne et se préoccupe davantage de marcher sur les traces de l'antiquité. Du
reste, à l'exception des découpures du fenestrage qui paraissent légèrement pos-
térieures et furent sans doute exécutées à mesure que les dons de vitraux se
multiplient’, tout l'édifice a été construit de 154$ à 1549. Bien plus, une longue inscription qui se voit au haut du clocher, à la suite de la première date*, vient confirmer encore ce qu'indiquait sufisamment le nom de la chapelle, à savoir que nous sommes en présence d'un monument dont l'érection est la conséquence d'un vœu émis par la communauté des habitants’. Longni, qui croyait avoir des actions de grâces à rendre à la Vierge, sest donc imposé tout entier pour nous laisser une œuvre relativement assez importante. Car si l'on excepte le chœur que réclame la mémoire de deux insignes bienfaiteurs, Jehan Savin et Marie Brulard sa femme*, il n'y a pas une partie de la construction qui n'ait été payée sur les deniers municipaux.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur la chapelle de Longni qui tôt ou tard, il faut l’espérer, sera l'objet d'une longue monographie. Elle le mérite d'autant plus que la rapidité de sa construction en fait un type très caractéristique de notre architecture religieuse à un moment donné de la Renaissance. Ajoutons qu'aucune addition postérieure n'est venue altérer la pureté de l'édifice qui nous apparaît à cette heure encore tel qu'il était le jour de son achèvement. Certes, en le contemplant, on se prend à regretter qu'un incessant besoin de transformation ait si promptement altéré les qualités de grâce et de légèreté qui faisaient le charme du nouveau style. Une certaine gaucherie de formes se
trouve bientôt unie à une véritable lourdeur. Les deux étages de colonnes qui
1. Un vitrail, du côté nord, donné par les prêtres de Chartres, porte la date de 1556, et non pas 1536, comme le disent par erreur les auteurs de l'ouvrage intitulé > Département de l'Orne archéologique et pittoresque, in-Folio, 1845, p- 184.
2. La seconde est gravée sur le pignon de la façade. Ni l'une ni l'autre n’ont été données dans l'Orne archéologique et pittoresque de MM. Léon de la Sicotière et Poulet-Malassis.