Les planches et
Grand-Andely. Pour Les bien juger, il faut avoir recours à d'excellentes photographies qui donnent chacune des six figures
dans des dimensions parfaitement suffisantes,
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dans l'église d'Almenèches, à peu de distance vers l'ouest, entre Séez et Argentan. Des voûtes achevées en 1550 sont décorées de clefs pendantes où les choux frisés font seuls apparition. On se croirait presque au xv° siècle, n'étaient la porte du clocher et les lucarnes au droit des contreforts qui, par exception, indiquent leur époque et nous ramènent à une plus saine appréciation des choses.
Du reste, il faut bien dire que si les architectes, à l'intérieur, ne se trouvaient pas toujours libres d'agir à leur guise, à l'extérieur au contraire rien ne les arrétait dans l'exécution des plus capricieux desseins. Ils pouvaient, comme à Mortagne, ériger dans le nouveau style la haute tour d’une église encore gothique, bien que terminée seulement sept années auparavant *. Mais quelque
intéressant que soit le premier étage avec ses longs pilastres brodés d'arabesques,
il ne saurait nous retenir longtemps, car nous avons hâte d'arriver à Longni. Là,
en efet, sur une colline isolée qui domine d'un côté la vallée et de l’autre le
bourg, s'élève dans une charmante situation la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, regardée à bon droit comme le plus remarquable monument de la Renaissance qu'ait produit le département de l'Orne. Sauf à Dieppe nous n’avons pas vu jusqu'ici, en Normandie, de sculptures aussi fines et aussi délicates. 1] y a même de l'exagération dans un médaillon de la façade représentant le Sacrifice d'Abraham que la hauteur où il est placé empêche d'examiner à son aise. Quant au reste de la décoration, il ne laisse rien à désirer et l'on doit surtout admirer l’habileté avec laquelle certains arrangements ont été pris pour donner aux contreforts plus d'élégance et plus de richesse. C'est ainsi que deux niches posées d'angle sont abritées en quelque sorte sous un même dais, que le pyramidion de chaque pinacle, au lieu de partir de la base du toit, prend naissance entre les quatre frontons qui couronnent un haut piédestal orné de cartouches. Enfin les mencaux
qui garnissent les fenêtres des quatre travées et celles de l'abside méritent égale-
ment d'attirer l'attention, car ils sont Les plus élégants que nous connai ions après ceux de la Ferté-Bernard.
L'intérieur de la chapelle, tout en étant, pour le style, conforme à l'extérieur, ne laisse pas de frapper par une simplicité relative. Point de clefs pendantes au croisement des nervures finement moulurées sur toutes leurs faces quand
elles ne sont pas enrichies d'arabesques, voire même de roses et de têtes d’anges.
1. À l'intérieur du monument on lie l'inscription suivante en lettres gothiques : Ce temple, lequel a été ruiné par antiquité, fut commencé à réédifier Van de grace 1534 et fut parfait l'an 1550 par reverende dame Loyse de Silly, abbesse de céans.