Artifices sunt feces urbium
conforme aux idées du te:
» De Asse, p. 139-
| Binct, OEuvres de Ronsard, éd. 1609, p. 1153. La satire dans laquelle le poête s'exprimait d’une façon si
s avait nom la Truelle crossée.
te M
ment, bien que d'une manière différente, furent considérés comme propres à
relever ceux qui les mettaient en pratique. Si l'on veut, du reste, se rendre
compte du changement opéré dans les esprits, il suffit de jeter les yeux sur le chapitre consacré par Jacques de Cahaignes, dans ses Éloges des citoyens de la ville de Caen, à Hector Sohier, Blaise et Abel Le Prestre’. Le savant docteur semble agir de la façon la plus naturelle en rompant avec la tradition et nous en devons conclure que l'assimilation indiquée se trouvait dès lors universellement acceptée autour de lui.
Quoi qu'il en soit, grâce à cette circonstance, les noms de trois architectes, qui en leur temps jouirent d’une célébrité justement méritée, sont heureusement
parvenus jusqu'à nous. Bien plus, rien n'empêche, même encore à cette heure,
gnées à chacun d’entre eux. Le chœur de Saint-Pierre et
d'admirer les œuvres assi e portail de Saint-Gilles sont toujours debout et quant à la maison bâtie pour e père de Jacques de Cahaignes, ce qui lui a valu sans doute d'être citée comme un chef-d'œuvre*, elle a été reconnue récemment dans fa rue de Geôle?, où, par suite de mutilations nombreuses, elle se présente sous un assez triste aspect. Les
ucarnes qui se détachaient sur la toiture ont même disparu complètement et à
élève un tro
eur place s sième étage en colombage. De toute l'ornementation du temps de François I®+*, il ne reste plus, à proprement parler, en dehors des
pilastres vantés par l’auteur des Élogess, que quatre médaillons destinés à rappe- Ce P
er les premiers Triomphes de Pétrarque‘. Mais cela suffit néanmoins pour mettre
1. Elogiorum civium cadomensium centuria prima, ex typographia Jacobi Bassi. Cadomi, r609. EL. 14. — M. le y & publié une traduction de cet ouvrage sous le titre suivant : Éloges des citoyens de la ville de Caen, l'université de Caen. Caen, Le Blar
ar Jacques de Cahaignes, professeur du roy en m
quidem materi nt, iudicio Remigii Roselli, architecti parisiens
cundum ordinationem doric
istria s
issimum; quod patris mei sumpeu
, et Abelis Presbyreri fili Blasii
symmetriarum proportione fuit exstructum : idque postremum fuit Abelis opus; eo namque absoluto disc Op. cit.
te sur deux maisons de la ville de Caen, par ne de Beaurepaire, dans le Bulletin monumental, t. XLVII,
lune d belles de la ville de
1882, p. 835-842. — La rue habit
Caha était, au xvie
Caen, ainsi qu'il ressort du pas erches et à
Bras (1588, p. 22) : « L
quités de la province de Neustrie, etc., par le sieur de
outissante sur ce carrefour Sainct-Pierre, est ceste e rue de C
eaule, parce
ects
ordonnance dorique dont parle Jacques de Cahaigne:
de disques er de losanges qui
encadrent non seulement la porte er les fenêtres, mais tout
6. Au centre de chaque médaillon une cête d'homme ou de femme entourée d’une nde en cara
romains.
Ces inscriptions sont ainsi conçues : AMOR VINCIT MYNDVM3 PVDICICIA VINCIT AMOREM3 MORS VINCIT PVDICICIAM; FAMA
vixerr MoRTEM. Pour compléter l'idée du poète, il faut suppos
eux autres médaillons à la place des fenêtres ouvertes
ea
plus tard dans la partie gauche, L'un portait nécessairement en légende : Temps vinerr FAMAM, et l'autre : ETERNITAS
SEV DIVINITAS OMNIA vixcir. Nous reviendrons sur ce genre de ri
présentation à propos de l'hôtel de Bourgtheroulde, à
Rouen.
sur la voie d’une importante découverte. Les points de ressemblance qui existent entre la maison de la rue de Geôle et le célèbre manoir de Nollent, plus connu sous le nom de Maison des Gendarmes, à une faible distance de la ville de Caen', autorisent à reconnaître des deux côtés la même main. Or, comme nous sommes parfaitement renseigné sur l’origine de la première construction, il s'ensuit qu'aucun embarras ne peut subsister relativement à celle de la seconde. L'une et l'autre sont l'œuvre d’Abel Le Prestre dont nous pouvons ainsi apprécier le talent d'une façon plus complète. Quelque éloge que mérite la maison habitée par Jacques de Cahaignes, en effet, elle est bien inférieure au manoir de Nollent, tant pour l'originalité de l’ensemble que pour la richesse des détails. Mais l’esprit de la décoration générale demeure le même et quoi qu'on puisse en penser
tout d'abord, il n'y a aucun danger de se tromper dans la circonstance. Le
choix des médaillons, non moins que leur multiplicité peu ordinaire*, caractérise trop fortement la manière du jeune maître dont la mort, hélas! devait briser trop tôt la carrière.
Car il est bien certain qu'Abel Le Prestre n'avait guère plus de trente ans au moment où il termina la maison de la rue de Geôle qui fut son dernier ouvrage. Très probablement il disparut avant son père, nommé Blaise, qui, de 1$10 à 1520, était encore dans la force de l'âge, puisqu'il dotait l’église Saint- Gilles d'un portail grandement admiré par Jacques de Cahaignes’. Nous ne nous en occuperons pas cependant, parce qu'il s'agit d'une composition encore gothique et qui na nul rapport, quoi qu'on ait essayé de prouver le contraire, avec l'ancienne façade de l'hôtel de Valois ou d'Ecoville, sur la place Saint-Pierre. Cet édifice, on le sait, ne fut commencé qu'en 138 et Blaise Le Prestre, sil
vivait encore à pareille date, n'était certainement pas capable du prodigieux