PORCHE DE FALAISE
Sont-ils dus à des artistes de passage ou bien est-ce dans le voisinage qu'il faut
chercher l'esprit qui les a conçus? Nous ne saurions le dire en aucune façon. Toutefois, la seconde opinion semble la plus probable et nombreux à cette époque étaient les hommes de talent qui, leur temps d’études achevé, revenaient pour n'en plus sortir dans la ville où ils avaient reçu le jour. Sans laisser d'être au courant des changements opérés autour d'eux, ils se créaient alors un style à part, produisant, quand l’occasion s'en présentait, des combinaisons longuement méditées dans le silence.
C'est ainsi, par exemple, qu'à la Sainte-Trinité de Falaise nous trouvons un porche dont l'originalité puissante mérite de fixer quelque peu l'attention. Ses contreforts surtout ne ressemblent à rien de ce que l'on voit ailleurs. Ils ne sont pas formés, comme d'habitude, d'un massif plus où moins orné, mais bien d'un faisceau de colonnettes alternativement disposées sur deux plans différents. Celles qui se projettent le plus en avant, suivant la méthode du moyen âge, s'élancent tout d'une venue de la base au sommet, tandis que les autres, placées, pour ainsi dire, comme des statues dans un enfoncement, sont divisées en ordres superposés. L'architecte, dirait-on, a cherché par tous les moyens en son pouvoir à justifier une innovation qui, dans un pays aussi imbu des traditions gothiques, devait paraître bien hardie. C’est pourquoi, sans doute, il est également sorti de la règle ordinaire en enrichissant ses fûts des ornements les plus divers. Nous sommes là en présence d'une véritable œuvre d'art dont le rôle est différent de celui impliqué par l'apparence.
Enfin les colonnettes extérieures, quand elles ne supportent pas des gargouilles, sont rattachées à la tourelle émergeant de leur centre par des consoles renversées de la plus élégante composition. On croit voir autant de corps d'oiseaux, les
ailes relevées en arrière et la tête avancée jusqu'au bord du chapiteau qui leur
sert d'appui. Certes, si un contresens en architecture pouvait jamais être excusé”, ce serait bien dans la circonstance, et, pour notre part, nous ne nous sentons pas le courage de blâmer un genre d'ornements se reliant fort bien aux cistes enguirlandées qui font office de pinacles au sommet des contreforts. Au contraire, tout nous semble répréhensible dans ces gâbles sans profondeur plantés de chaque côté sur les balustrades où ils ont trop l'air d'un objet découpé,
maigre et peu solide. Quant à la date de toute cette construction, elle est assez
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Magasm pittoresque à publié en 1878 (p. 285) un dessin inexact du porche de Falaise. Les colonnetres
appartenant au premier genre indiqué ne sont pas reproduites et l'on ne voit que celles inspirées par les idées
nouvelles.
ôle d’une console est de porter quelque chose er non pas de se mettre la tête en bas pour se faire soutenir
par tout un système de colonnes soit libres, soit engagées.
facile à établir. L'église de la Trinité, à laquelle on n'avait pas cessé de travailler
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