CE. Cocher, les
inc-Jacques, en pierre de
1, parqi
aye du
t avec une agréable
son Histoire manuscrite
éport. Arch. mun.
ises de l'arrondissement de Dieppe, 1846, p. 183.
À Sainte-Marie de Caudebec, au contraire, il semble que tous les progrès opérés dans l'architecture aient reçu un favorable accueil. Si le style flamboyant persiste encore au temps de Louis XIT, sous François I°, tant pour la forme que pour le fond, nous sommes en pleine Renaissance. La partie supérieure de a façade, dans son ornementation, présente toutes les délicatesses que ce changement implique et n'étaient des adjonctions postérieures qui sont venues troubler ‘harmonie des lignes', on admirerait davantage la facilité d'invention dont un maître inconnu a fourni témoignage. Néanmoins, il faut bien le dire, ce n'est pas sur les bords de la Seine, mais un peu plus au nord, dans la région qui a
Dieppe pour chef-lieu, que le mouvement de rénovation se fit surtout sentir.
Là, durant presque un demi-siècle, grâce à une prospérité commerciale inouie”, iln'y eut pour ainsi dire pas d'édifices que l'on ne s'occupât de reconstruire où de restaurer. Et comme naturellement les gens dont la fortune a été acquise en peu de temps sont plus portés que les autres vers les idées de transformation et de progrès, il n'est pas étonnant que, dans cette partie de la Normandie, la Renaissance ait fait d'assez bonne heure son apparition.
On peut dire, en effet, que dès le commencement du règne de François 1°", elle triomphe à Saint-Remy de Dieppe dont le chœur fut élevé, entre les années 1j 22 et 1531, aux frais d'un riche bourgeois nommé Thomas Bouchard’. Nulle part ailleurs on n'avait encore vu, à une date aussi reculée, de hautes colonnes monocylindriques coiffées de chapiteaux où, au-dessus d'un rang d'oves, se jouent dans le feuillage toute une bande d'Amours. Cette hardiesse, il est vrai, se trouve contre-balancée par l'emploi persistant de l'arc en tiers-point, aussi bien dans les voûtes que dans toutes les ouvertures. À proprement parler, le retour au plein
cintre, qui était la conséquence obligée du mouvement auquel on s'abandonnait,
1. Une décoration en arcades, d'un aspect assez lourd, grâce aux personnages engainés en saillie sur les pieds-droits, a été si malencontreusement introduite entre les contreforts, qu'elle vient buter contre des lanternons évidemment faits pour demeurer isolés.
2. « A cette époque Ango couvrait la mer Antilles et les G qui rappelle celui de la Toison d'or. Le port était rempli de navires qui revenaient chargés de tou De précieuses marchan
es flottes; les navires dieppois parcouraient la Guinée, la Floride, les & aux Moluques et faisait dans l'océ
ndes-Indes. Jean Parment
Indien ce fabuleux voy
s les parties du monde.
couvraient les quais et rempli
ient les magasins. » Cochet, op. dir.
3. Dans la derniére chapelle, au nord, se lit l'inscription suivante :
DANS CESTE CHAPPELLE REPOSE THOMAS BOUCHARD ESCHEVIN DE DIEPPE ET THRESORIER DE CESTE PAROISSE, LEQUEL POSA LA PREMIÈRE PIERRE DE CESTE ÉGLISE EN 1522 ET CONTINUA LE BASTIMENT D'ICELLE A SES FRAIS IUSQU'A SA MORT ARRIVÉE EN 1531, PRIES POUR SON AME.
Le chœur était évidemment terminé
u moins dans son gros œuvre, à la mort de Thomas Bouchard, puisque, dès l'année 1532, ainsi que nous le verrons plus tard, on s'occupait déjà de la décoration des chapelles.
Ft st
ne se produit que vers l'année 1535, à l'église Saint-Jacques de la même ville. Là trois chapelles sont entièrement bâties dans le nouveau style et il n'y a pas lieu de s'en étonner, lorsqu'on sait que le célèbre armateur dieppois Jean Ango en fit tous les frais. L'une d'elles reçut même sa dépouille en 1$$r et sil est une chose qui fasse de la peine aujourd'hui, c'est de voir l'état d'abandon dans lequel est laissée cette partie du monument, Non seulement toute l’ornementation inférieure a été mutilée de la façon la plus barbare, mais encore la voûte a perdu ce qui faisait sa gloire, nous voulons dire le riche et long pendentif maintenu au centre d’une couronne par de si minces filets de pierre que le public, suivant les chroniqueurs, ne se lassait pas de le considérer*. Du reste, dans les trois chapelles, sur des ares dont les reins sont évidés reposent de larges dalles formant plafond qui constituent un genre entièrement nouveau. On dirait que, par des combinaisons ingénieuses et un certain désaccord entre les éléments si variés de sa décoration, l'architecte a voulu perpétuer le vague auquel ne nous avaient que trop habitués les constructions du moyen âge. C'était le temps où l’on élevait es magnifiques chapelles de Saint-Pierre de Caen et tout porte à croire qu'il se trouve un esprit d'imitation dans le système adopté pour les voûtes de Dieppe. ême nous sommes obligé de dire que les pinacles, à l'extérieur, ont la forme de ces riches candélabres à base évasée et à renflements multipliés qui demeurent ’une des plus admirables créations d’Hector Sohier.
Du reste, quelque intérêt que présente l'église Saint-Jacques, elle n'est pas
seule dans le pays de Caux à tenir haut levé le drapeau de la Renaissance. Si
espace ne nous faisait défaut, rien ne serait plus facile que de placer sous les yeux du lecteur d’autres merveilles d'architecture. Pour cela il suflirait de le conduire à Arques, à Offranville, ou au Bourg-Dun. Ce dernier édifice est particulièrement remarquable et l'imagination populaire, pour expliquer certaines hardiesses, n’a rien trouvé de mieux que de recourir aux puissances surna-
turelles. Des fées, parait-il, seraient passées par là et leur habileté aurait en
se jouant laissé loin derrière elle celle des maitres maçons’. Mais quittons les environs de Dieppe et, nous dirigeant vers l'ouest, gagnons la riante vallée où se cachent, sous de grands arbres, les belles ruines de
l'abbaye de Valmont+. Tout le chœur de l’église a été rebâti dans les dernières