‹ La renaissance en France (volume 4)Chapitre 51 sur 82 · ET EN SAINTONGE · texte numérisé non relu

ET EN SAINTONGE

E que nous avons dit de l'Angoumois peut également s'appliquer aux deux provinces qui, avec quelques parties détachées du Poitou, forment aujourd'hui le département de la Charente-Inférieure. En aucun endroit la Renaissance n’a poussé de profondes racines et pour l'exécution des œuvres, assez rares du reste, qui présentent une sérieuse valeur, il a toujours fallu recourir à des mains étrangères. De là vient qu'au lieu d'un ensemble tant soit peu homo-

gène, se déroulant d'une façon régulière du commence-

ment à la fin, le regard contemple successivement quatre

ou cinq manifestations isolées. Chacun de ceux à qui l'on s'adresse arrive armé

de toutes pièces et les manières ne sont pas moins diverses que les origines.

Si la Saintonge et l’Aunis, comme cela a lieu d'ordinaire, subitement ébranlés par une apparition inattendue, se fussent lancés dans le champ de l'imitation, un genre tout particulier, vu la tendance à promptement s'écarter du modèle, n'eût pas tardé à être créé. Mais la plus grande indifférence semble avoir été pratiquée en toute circonstance et c'est ce qui explique le nombre des appels faits au dehors. Les choses se sont alors passées à peu près comme durant la longue période gothique. Loin d'être accueilli avec enthousiasme, voire même simplement accepté, le nouveau style est à peine subi. On dirait que dans le sentiment général, après la magnifique éclosion du xn siècle, il ne restait plus rien à faire. Les temps heureux d'Éléonore d'Aquitaine n'étaient pas de ceux qui, une fois disparus, pouvaient renaître en un pays"

état de choses par les troubles presque continuels dont le milieu du xvi° siècle

rément il y aurait injustice à méconnaître l'influence exercée sur cet

s'est trouvé souffrir. Aux révolte agération des droits sur les

suscitées par l'e

sels succédèrent les guerres religieuses, et le sang, à plusieurs reprises, coula abono 2 D?

damment de différents côtés ?. Les conditions étaient donc mauvaises pour prendre part au mouvement artistique et bien des abstentions ne doivent pas avoir d'autres causes. Néanmoins, dans l'usage que l’on fait de cet élément d'appréciation, la plus grande réserve est commandée, car la ville qui précisément fut la plus

maltraitée, nous voulons dire la Rochelle5, n'a cessé de se montrer la mieux

disposée à entrer dans la nouvelle voie. Dès le commencement du xvi° siècle,

une première tentative est faite, si nous en jugeons par quelques débris aujour-

d'hui conser au musée#, Puis, après une assez longue interruption qui tient peut-être à la disparition subite du seul maître alors initié, tout à coup, sous Henri II, la chaîne est renouée par la construction d’une maison’, bientôt suivie de plusieurs autres, en sorte que la physionomie de la ville ne tarda pas à être quelque peu transformée. Quant au mérite de toutes ces créations, il est très secondaire et l'on comprend facilement que Hugues Pontard, seigneur de Champdeniers, lorsqu'il voulut faire rebâtir, vers 1555, son bel hôtel de la rue des

Augustins, ne se soit pas contenté des artistes du pays. Quoi qu'il en soit, du reste,

nous sommes bien obligé de reconnaître que, même dans les limites indiquées,

«. De 1137 à 1203. Tous les beaux monuments de la Saintonge en particulier datent de cette époque,

2. Les propriétaires de marais salants se révoltérent une première fois sous François Ie er une seconde sous

. Quant aux réformés, qui avaient faic leur apparition dès l'année 1534, ils n'obrinrent le plein exercice de leur culte qu'en 1573.

Cette ville futas

istent en un chapite ux décorés de têres saillantes.

A l'angle des rues du Te

AUNIS ET SAINTONGE

ÉGLISE DE LONZAC

Jean-d’Angély ‘ qui rappelle les changements opérés en d'autres lieux. Toute la gel) 5 P

canton de Saint-Hilaire, Il n’a

puits qui se voi sur l’une s provient du château de Brizambourg

qu’en 1819 à l'endroit qu'il occupe aujourd'hui.

e pour ainsi dire inaperçue, et c'est seu-

plus belle période de la Renaissance pa in du xvr siècle, lorsque | s monuments religieux, l'indépend:

lement vers la f a décadence se fait partout sentir, que : inci ance est à l'ordre ca et là, principalement dans le ance €

du jour.

Suivant la tradition, la jolie église de Lonzac, aux environs de Pons, aurait été bâtie par Jacques Galiot de Genouillac', le célèbre grand maître de l'artillerie

sous François l‘', en mémoire de sa première femme, Catherine d'Archiac, fille

du seigneur du lieu?. Et, de fait, les disques ou patères qui se succèdent indéfi-

niment dans la longue frise déroulée au pourtour extérieur sont partout séparés

par des I et des K. Les meubles des écussons figurés au-dessus du double portail,

à la façade, bien que mutilés, ne laissent pas cependant d'être reconnaissables, et l'on y trouve la confirmation des premiers indices3. Enfin, dans les bas-reliefs qui,

au même endroit, nous montrent, d'un côté, Hercule au berceau étouffant les

serpents envoyés par Junon, de l’autre, la lutte du dieu contre le lion de Némée, il est impossible de ne pas voir une allusion à la vaillance et au courage déployés par le fondateur depuis sa plus tendre enfance.

LÉ

Tout porte à croire qu'elle a été construite aussitôt après la mort de Catherine

ise de Lonzac, par son style, appartient au premier quart du xvi° siècle.

d'Archiac, c’est-à-dire entre les années 1$1$ et 1520. La date de 1530, habi-

tuellement mise en avant, ne saurait pas plus être admise que l'attribution à Nicolas

ement Jacques Ricard de Genouillac. Galioc est un surnom donné sans doute à la suite de quelque

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