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AUNIS ET SAINTONGE. 291
reçut de son côté « trois cens quatre vingts deux livres dix solz tournoys pour avoir painct et estoffe les ymaiges dudit Sainct-Sépulere”. » C'est donc un total de mille douze livres dix sols que la fabrique eut à débourser.
Nous ne trouvons pas étonnant que le talent de Michel Colombe, alors dans toute sa gloire, ait été coté aussi haut; mais celui de Bernard du Patiz est plus difficile à apprécier *. Peut-être s’agissait-il, au moyen de la couleur, de figurer ces riches étofles qui font notre admiration dans certains vitraux du temps. La polychromie était à l'ordre du jour et, naturellement, suivant les cas, on apportait plus ou moins de soin à son exécution.
Les conditions posées de chaque côté furent exactement remplies et le
monument, nous le savons 3,
un peu plus de trois ans après avoir été commandé, c'est-à-dire au mois d'août 1$10, occupait déjà une place d'honneur dans l'église Saint-Sauveur. Il y demeura un demissiècle#, sans exercer malheureusement la moindre influence sur la direction de l’art. La grande sculpture, à ce moment propice entre tous, ne prit point vie au contact d'une œuvre nécessairement très remarquable. Peut-être admira-t-on, mais on ne fut pas tenté d'imiter, et la longue période de la Renaissance s'écoula au milieu de la plus
désolante stérilité.
Par suite des changements opérés dans les divisions territoriales, le canton
d'Aulnay, qui anciennement faisait partie du Poitou, se trouve rattaché à l’Aunis