IT
vingt années de distance, procéder différemment. Cependant, devons-nous ajouter, si Jehan Grappin a modifié sa manière, il ne l'a pas changée à ce point qu'elle ne soit toujours et partout facilement reconnaissable. Les niches qu'il multipliera, par exemple, à Gisors, entre deux colonnes appartenant à un ordre quelconque, il les avait déjà, depuis longtemps, creusées à Magny, non seulement dans les ébrasements du portail, contrairement à ce qui se faisait ailleurs à la même époque, mais encore en un grand nombre d'autres endroits
entrait plus franchement qu'aucun de ses devanciers dans la voie de l'imitation
où l'on ne s'attendait guère à rencontrer ce genre de décoration’. Par là, romaine, et l'espace qui lui restait à franchir pour atteindre à l'apogée de l'art réputé classique ne pouvait manquer de se rétrécir chaque jour.
Aussi, après avoir examiné les diverses parties de cet ensemble remarquable, chercherait-on vainement à établir une répartition des responsabilités. Les chapelles exécutées au début du règne de Charles IX, avec leurs plafonds à riches compartiments, mais sans reliefs trop saillants, sorte de broderie continue jetée au-dessus de la tête des fidèles, loin de dénoter une autre main que le portail, conservent avec lui un véritable air de famille. Tout ce qu'on peut dire en réalité, c'est que l'architecte, loin de demeurer immobile dans la science qu'il savait si bien pratiquer, a fait suivre à son talent une marche régulière. Et puis, chose digne de remarque, les deux campagnes dont nous retrouvons les traces à Magny correspondent exactement aux temps de liberté laissés à Jehan Grappin par les travaux de Gisors. De 1543 à 1548 il put s'installer au lieu nouveau où on l'appelait, comme de 1558 à 1561, rien ne l’empêcha de répondre une seconde fois aux désirs de la fabrique” en venant compléter l'œuvre commencée.
Bien que dès maintenant une vive lumière soit jetée sur une existence trop peu connue, que certaines lacunes importantes se trouvent presque comblées, il n'en reste pas moins à cette occasion de sérieux devoirs à remplir encore. Nous ne pouvons oublier qu'à une très courte distance de Magny, dans le village de Saint-Gervais, s'élève une charmante église dont le portail se réclame également de l'architecte nommé tout à l'heure. Seulement, comme
la construction est de deux années postérieure’, si l’ensemble demeure à peu à P