NATALI. MOMORANTIAE. FAMIL. SOLO
Duchesne : Hist. généalog. de la maison de Montmorency, p. 454.
2. Brantôme parle quelque part des «belles remarquables maisons qui escheurent à M. le connestable, comme Montmorency, Escouan, Chantilly, l'Isle-Adam et force autres ». Hommes illustres.
3: «Il entendoic tres bien les finances er les a bien faicr gouverner de son temps... IL estoir fore politiq et pour la paix et pour la guerre. » Brantôme, op. cit.
4. Brantôme raconte que par son ordre « fut translatée du latin en françois la guerre de Catilina de Salluste ». Il s’agit, sans doute, de la traduction publiée, en 1528, par Jehan Parmentier, de Dieppe. C'est la premiére qui ait paru en notre langue.
5- La date exacte de cet édifice est connue par les vers inscrits sur le portrait de Guillaume de Montmorency,
jadis placé dans le chœur de la collégiale et maintenant conservé au Louvre, sous le n° 655 de la collection des maîtres
français. « Le vieux baron, dit M. Villor, est représenté avec des cheveux blancs, la têre vue de trois quarts, tournée à
siècles abritait les cendres des premiers barons chrétiens. Seulement, dans ses lignes générales, cet édifice est encore franchement gothique’, et, pour trouver quelque chose qui nous intéresse véritablement, il faut abaisser le regard sur l'élégante clôture du chœur dont les fines arabesques rappellent la meilleure époque du règne de François I“. Conformément à ce qui s'est pratiqué partout ailleurs, l'invasion a commencé par les objets en quelque sorte mobiliers. Aussi, de ce côté, rien ne rappelle plus les temps antérieurs, tandis que le monument proprement dit se contente de faire pressentir le changement qui se prépare en étalant des formes où se manifeste une moins grande intelligence du style employé.
Du reste, pour être bien convaincu que le parti pris dont nous avons établi l'existence ne tenait aucunement au manque de savoir ni à certaines diflicultés d'exécution, il suffit de se transporter dans le petit village de Belloy, à peu de distance de Luzarches. Là, en eflet, l'église fut dotée, vers 1540, d'une façade non seulement conçue suivant les données nouvelles, mais encore de beaucoup en avance sur tout ce qui se faisait alors dans notre pays. C’est la première fois, croyons-nous, que l’on s'est emparé d'un ordre réduit pour en composer une balustrade. En outre — et nous appelons l'attention sur ce point, — des bucranes enguirlandés alternent immédiatement au-dessous avec des rosaces ou des patères à ombilic. Si les triglyphes n'apparaissent pas encore dans cette sorte de frise, il en faut chercher la cause dans la nécessité de donner plus de largeur à la galerie supérieure. Mais les consoles qui les remplacent sont éminemment classiques, en sorte que, dans la circonstance, le retour vers l'antiquité est aussi complet que possible.
Si nous tenons à faire remarquer tous ces détails, c'est qu'ils ont pour nous une importance considérable. Ils sont comme la signature de celui qui a con-
droite et dégarnie au sommet Il joint les mains et porte par-dessus un Vêtement rouge, un autre vêtement en velours noir
e du tableau, le mot APLANOS (pour
garni de fourrure et ouvert sur les manches. On lit, dans la partie sup AUAANO5) et sous le portrait l'inscription suivante : Je baron de Montmorency.
Nomme Guillaume. pras ainsi.
Quest oy pourtraict, Man mil on date, ing oentz vingt st cinq pour bon acte.
Rediffya 26 temple Loy ».
Ce portrait, s parfaitement le sentiment, «est un admirable morceau de
uivant M. de Montaiglon, dont nous partag
peinture française, plus large et plus puissant que les morceaux mêmes de Janet. Bibl. de l’école des chartes, 1851,
À la mort de Guillaume de Montmorency, en 1531, l’église était loin d'être achevée; à peine atteignait-elle la moitié des dimensions actuelles. C'est le connétable, vers 1563, qui fit reprendre la construction abandonnée et 14 da e. A l'extérieur, en effer, il es assez difficile de saisir les deux époques dont nous
parlons; mais, intérieurement, on ne saurait se méprendre sur la date plus récente d
continua à peu pr
lefs de voùre er des chapiteaux.
struit cette admirable façade, l'un des plus beaux morceaux d'architecture,
assurément, que le xv° siècle ait lais aux environs de Paris. Consoles, bucranes et rosaces' se retrouvent au château d'Écouen et pour quiconque a étudié de près le style de Jean Bullant il est incontestable que nous sommes devant une œuvre, non signalée jusqu'ici, de l'illustre maître. Lui seul a pu inaugurer chez nous ces motifs d'ornementation dont il avait pris le goût à Rome, dans un voyage récent*. D'ailleurs, ou il faut admettre la vérité de ce que nous avançons, ou renoncer, à expliquer jamais comment Anne de Montmorency confia
tout à coup à un artiste inconnu la construction de son magnifique château.
Puisqu'on accepte généralement que Bullant eut toujours son établissement stable et continu à Écouen, où il était né vers l'année r$10*, il serait fort singulier que toute sa jeunesse se fût passée dans la plus complète inaction.
Bien plutôt a-t-il dû essayer ses forces sur un théâtre restreint et c'est après
‘avoir vu à l'œuvre que le connétable, pressentant ce dont il était capable, a fait appel à son talent. Mais si Bullant a élevé dans le voisinage diverses constructions, il est impossible que la plupart d'entre elles ne subsistent pas encore. Seulement, en l'absence de documents certains, il nous faut, pour les découvrir, entrer franchement dans la voie des rapprochements, rechercher les similitudes, observer les moindres détails. Les architectes sont absolument comme les littérateurs, il y a des expressions qu'ils préfèrent, des tournures qui leur appartiennent en propre, et lorsqu'on est arrivé à saisir ce que nous appellerions volontiers leurs faiblesses, rien n'empêche plus de marcher d'un pas sûr vers la reconstitution de tout l'œuvre d'un artiste.
Jusqu'ici nous n'avons parlé que de la galerie supérieure dont l'élégante composition serait bien faite, en tous les cas, pour donner l’idée d'une illustre origine*. Mais notre admiration doit s'étendre également au reste de la façade qui ne laisse pas d'accuser la même main; car Bullant, évidemment, a seul pu, dans l'application du faux principe romain de la superposition de deux
1. Une console absolument semblable à celles de Belloy est dessinée dans le grand ouvrage de Baltard, Paris et ses
monuments, 1805, pl. IX. Elle décorait la partie du château d'Écouen, démolie par le prince de Condé en 1787. Quant
aux frises ornées de bucranes et de ro:
s, on les voit principalement sur l'avant-corps de la terrasse.
1 série, XI,
ence des orne-
discutée par M. de Montaiglon dans les Archives de l'art français