A SAINT-CLOUD EN
bizarre et nous ne saurions lui donner une pleine approbation. Dans cette manière de faire apparaît trop un sacrifice au goût du jour, qui portait à user sans grand discernement de certains membres d'architecture. Mais les choses, heureusement, ne s'étaient pas toujours passées de la sorte et Pierre Bontemps, quelques années auparavant, avait déployé un art merveilleux dans l'application du nouveau programme qui simposait à son talent. Car, si nous ne nous trompons, c'est en léguant à l’abbaye de Haute-Bruyère* les parties les plus nobles de son corps’, que François I‘ inaugura un genre de monument qui devait, dès le début, atteindre l'extrême limite de la perfection. Là, du moins, la partie essentielle de la composition n'est pas, en quelque sorte, annulée par des accessoires trop importants, et, à tout prendre, ce que nous avons sous les yeux est préférable même au groupe séduisant des trois Grâces que Germain Pilon, à la demande de Catherine de Médicis, fit sortir d'un seul bloc de marbre blanc.
Un égal sentiment de convenance à présidé au choix des ornements semés
tant sur l’urne funéraire que sur son large piédestal. Le cœur du grand prince en
qui s'identifie, pour ainsi dire, le mouvement de la Renaissance, repose dans une enveloppe véritablement digne de lui et c'est avec raison que les sciences, les lettres et les arts ont été appelés à rendre un suprême hommage à leur protecteur’. Ces suaves et pacifiques images s'étalent dans des médaillons d'une exécution tellement merveilleuse que bien souvent on n'a pas craint de les comparer à des camées. Et de fait la délicatesse du ciseau n’est jamais allée plus loin. Ajoutons que la semitransparence du marbre, dont l’épiderme se trouve diversement nuancé par le temps, fait encore valoir ces chefs-d'œuvre de grâce qui tiennent à juste titre une des premières places dans la sculpture de notre pays.
Tout le monument, du reste, mérite l'admiration des connaisseurs qui seront seulement étonnés peut-être de ne plus voir, au sommet, la pomme de pin que les restaurateurs modernes ont eu l'étrange idée d'y faire figurer *. Ils se demanderont où nous avons trouvé la preuve qu'un cœur se dégageait jadis en cet endroit. Mais, sur ce point, rien n'est plus facile que de rassurer les esprits timorés ; car,
bien loin d'avoir inventé quoi que ce soit, nous nous sommes borné à utiliser le
Amaury.
scriptions aujourd’hui disparues, mais heureuse-
irons de Montfor!