‹ La renaissance en France (volume 5)Chapitre 41 sur 55 · Archives de l’art français, XI · texte numérisé non relu

Archives de l’art français, XI

2. Comptes des bâtiments du Roi, 1, 211, 225 et 232; Il, 294 et 305.

à lui que le connétable s'était adressé pour l'accomplissement de ses projets, elle ne semble pas diflicile à résoudre. Anne de Montmorency, durant toute la période qui s'étend de 1531 à 1$$0, n'ayant pas entrepris de construction importante ailleurs qu'à Écouen', où le talent du maître indiqué aurait-il trouvé à s'exercer, si ce n'est dans cette résidence ? Notre opinion demeure donc irréfutable, à moins que l’on ne veuille prétendre que Charles Billard ait simplement possédé un titre honorifique: ce qui ne paraît pas avoir quelque valeur.

Et remarquez-le bien, du même coup l'horizon s'éclaircit et nous voyons parfaitement clair là où tout à l'heure il n’y avait, pour ainsi dire, que ténèbres. L'inspiration éminemment française, tant de l'aile gauche que de celle du fond et des deux premières travées en retour vers la droite, n’a plus rien qui doive nous surprendre, car l'architecte auquel est due cette partie considérable du château n'a évidemment jamais franchi les Alpes et, comme la plupart de ses contemporains, il s'est contenté de suivre, avec le génie qui lui était propre, le mouvement qui se manifestait alors de tous côtés. En outre, point n'est besoin de se livrer à d'actives recherches pour expliquer désormais, sur la frise du portique qui précède le grand escalier, les doubles K de Catherine de Médicis et le chiffre bien connu de Henri Il‘. Pareille ornementation était de règle lorsqu'en 1$;o Jean Bullant fut chargé de continuer l'œuvre de Charles Billard. Du reste, à bien d'autres signes on reconnaît l'immixtion d'un nouvel architecte. Le plan suivi jusqu'alors est complètement abandonné et rien ne ressemble plus à ce qui avait été fait précédemment. Sans transition, le style employé se trouve rajeuni d'un quart de siècle et, dans toute la France, nous ne croyons pas qu'à cette date il ait existé quoi que ce soit d'aussi avancé.

Seulement l'aile droite ainsi terminée avec son avant-corps à deux étages imités de l'antique”, le contraste était trop frappant, et le connétable dut facilement céder aux sollicitations de son architecte, qui lui demandait d'utiliser en pendant le dessin qu'il avait pris à Rome des colonnes du temple de Jupiter Stator*. De même, au fond de la cour, sur le corps de bâtiments, qui, contrai-

r. Voir ce que nous avons dit au sujet de Chantilly et de Fère-en-Tardenois, v. Ir, p. 77-82 et 116-118.

Montiglon, op. cit.

322, note. — Anr

e de Montmorency avait beau être l'ami du dauphin, nous avons pein

roire que, du vivant de Fran ouveau, Q

5, il se fût permis de manifester aussi ouvertement son désir de voir arriver un

règne ant à une décoration faire

rès coup, il n’y faut pas songer, car, dans cette hyporhèse, les chiffres en

question devraient se retrouver sur les autre

des du château, 3. Le premier ordre est dorique et le second corinthien.

Page 1