L'adjonction postérieure de tour ce décor théâtral
manifeste, bien que personne ne l'ait remarqué jusqu'ici.
Sur les côtés on voit par
itement que différente.
ntaillées pour recevoir la nouvelle construction. De plus,
la corniche vient recouvrir les montants de deux lucarnes qui certes, à Vorigine, étaient faites pour être dégagées.
rement à l'habitude, joue ici un rôle secondaire’, fut appliquée une sorte d'arc de triomphe. Rien n'y manque, à proprement parler, car, tandis que dans la frise dorique, différentes pièces d'armures alternent avec des patères à ombilic qu'entourent des couronnes de laurier, les écoinçons sont occupés par d'élégantes Victoires dont le faire accuse le’ ciseau de Jean Goujon:.
Maintenant, quelle appréciation faut-il porter sur les changements opérés par Jean Bullant ? A-t-il été toujours heureux dans ses combinaisons, et sa manière d'entendre limitation de l'antique ne laisse-t-elle rien à désirer ? Certes, le grand architecte est admirable de tout point, chaque fois qu'il procède à l’arrangement des détails, et nous souscrivons bien volontiers aux éloges de Quatremère de Quincy qui ne croyait pas pouvoir signaler, chez aucun autre maître français, plus de pureté dans les profils ni plus de finesse dans l'exécution. Mais le groupement de toutes ces merveilles est loin de produire, en général, un effet satisfaisant. Par exemple, l'entablement qui surmonte les pilastres doriques, aux trois côtés de l'avant-corps donnant sur la grande terrasse, est véritablement si complet et traité avec tant de rigoureuse exactitude que le second étage, au lieu d'être une continuation du premier, ressemble à un petit édifice pris au hasard et comme déposé à cette place. En outre, la composition ne se raccorde aucunement avec le reste de la façade et, bien que le style soit parfaitement homogène, que toute la construction date évidemment de la même époque, on semble être en présence de deux parties séparément conçues et réunies on ne sait pourquoi.
Un autre défaut que nous ne pouvons passer sous silence, c'est que les trois magnifiques hors-d'œuvre imaginés par Jean Bullant ne répondent que fort mal à leur destination. Construits pour faciliter l'accès aux deux grands escaliers qui se font vis-à-vis de chaque côté de la cour, ils eussent dû, au rezde-chaussée, présenter de hautes et larges baies, tandis que nous voyons partout des portes mesquines et peu dignes d’un aussi vaste château. En pareil cas, il ne suffit pas que le cadre soit beau, et les colonnes du temple de Jupiter Stator, quelque fidèlement reproduites qu'elles puissent être, ne parviennent pas, à elles seules, à contenter les esprits.
Avec juste raison on vante beaucoup le motif principal de l'une des façades de la cour d’Anet qui a été transporté à Paris vers 179$. Seulement, que nous
1. Cette particularité s'explique par le désir de disposer les appartements de réception dans l'aile du château qui jouissait seule d'un magnifique panorama.
2. Voir dans Baltard (Paris et ses monuments, in-fol., 180$) une belle reproduction de cet arc en placage. Réveil
galement un dessin au trait des deux Victoires.
(OEuvre de Jean Goujon, nouvelle édition, pl. IIT et IV) a don
3. Histoire de la vie et des ouvrages des plus célèbres architectes, IL, 51.
DE
FAG ÇADE
sachions, nul n'a jamais songé à rapprocher ce chef-d'œuvre d'une composition analogue qui se voyait jadis à Écouen’. On ne s'est pas davantage préoccupé de connaître qui, de Jean Bullant ou de Philibert de l'Orme, avait eu le premier l'idée de cette riche et élégante décoration. Cependant, il y aurait eu un grand intérêt à diriger ses recherches de ce côté, car, enfin, on ne trouve pas tous les jours de nouvelles combinaisons en architecture. Mais peut-être bien que si la question n’a pas été soulevée, c'est que chacun la croyait résolue depuis longtemps. Dans la persuasion où l'on était que le château d’Écouen avait été terminé en 1543, la priorité appartenait de droit à Jean Bullant, car les travaux d’Anet, la chose est incontestable, ne furent commencés qu'en 1548. Sous ce rapport donc encore nos découvertes ont une extrême importance et Philibert de l'Orme recon-
quiert tout l'honneur de l’habile arrangement qu’une sorte de négligence dans
les recherches et le défaut d'observation étaient seuls parvenus jusqu'ici à lui disputer *.
Mais si Bullant n'a pas inventé, nous ne craïgnons pas de dire qu’il a quelque peu perfectionné. L'ordre dorique qui compose son rez-de-chaussée a plus de majesté, et cela tient à ce qu'il est élevé sur piédestal, tandis qu'à Anet un simple degré le sépare du sol. Puis, au deuxième étage, les colonnes corinthiennes ont été remplacées par des Faunes engainés qui présentent moins de hauteur et, conséquemment, pyramident davantage. Entre ces derniers un arc épais abrite a statue équestre du connétable en bas-relief. Point d'écussons, mais seulement, à droite et à gauche, un sphinx couché sur un acrotère:.
Nous aurions encore bien d'autres remarques à faire sur l'architecture du château d'Écouen; mais, en quelque sorte, ce serait répéter ce qui se trouve épars dans les chapitres précédents. D'ailleurs, il est temps de pénétrer à l'intérieur de l'édifice qui ne laisse pas aussi d'avoir été étudié très superficiellement. Et d'abord, vainement chercherait-on le moindre mot sur les belles et intéressantes fresques qui décorent la plupart des cheminées. Elles sont demeurées inaperçues, bien qu'au nombre de dix et dans un état de conservation relativement satis-
faisant. Cependant, si Jean Cousin a réellement travaillé pour le connétable, c’est
1. Du côté de l'entrée. Voir, à ce sujet, le planche de Du Cerceau qui porte en légende :
Faces par le dehors.
2. Si nous ne nous trompons, Jean Bullant, avant de commencer 1 sde bâtiments q du côté de l'entrée,
nger à cerminer l'aile droite du château. Or est
e faire preuve d'exag
ation que de réclamer pour cette imporgne crois années environ ? Nous arrivons done ainsi jusqu'en 1553, qui est la véritable date à laquelle il fau êter désormais.
ine est-il besoin de rappeler que notre description est faite d’après les gravures de Du Cerceau. Toute cerre
au, en effet, a été détruite en 1787, par ordre du prince de Condé. 4. Voir t 1°", p.79, 8r, 82 et 116.
à seulement que l'on peut en trouver la preuve. Tous les sujets empruntés à a Bible ou à l'Évangile’ sont bien dans le ton du grand artiste qui, presque partout, a comme apposé sa signature en reproduisant certains détails d'ornementation pour lesquels il semble avoir eu un goût tout particulier’. Ajoutons que e dessin est plein de fermeté, sans roideur, la couleur suffisamment vive et très agréable à l'œil. Suivant nous, le xvi‘ siècle a peu produit de pages qui méritent
autant d'attirer l'attention et, véritablement, on ne s'explique guère l'oubli pro-
fond constaté tout à l’heure’.
D’autres peintures, mais celles-l1 purement décoratives, se font encore remarquer en différents endroits du château*. Seulement, au lieu de nous attarder à leur examen, ce qui serait sans grand profit pour le lecteur, il est bien préferable de chercher l’origine des célèbres grisailles qui figurent, d’après les cartons de Michel Coxcie’, l'incomparable histoire de l’Amour et Psyché. Longtemps on a voulu mettre en cause Bernard Palissy qui, dans sa Recepte veritable, parle « d'une admirable grotte rustique de nouvelle invention » dont « Monseigneur le connestable » lui avait confié « l'édification‘ ». Mais outre que pareil ouvrage
n’a pas beaucoup de rapport avec celui qui nous occupe en ce moment, Anne
de Montmorency, l'histoire en fait foi, entendit seulement pour la première fois, en 1548, parler du potier saintongeois’. Or, à cette date, depuis six ans déjà, les vitraux d'Écouen se trouvaient en place*. Force est donc d'abandonner une thèse que condamne la chronologie, à défaut de tout autre motif?.
1. En voici la liste: r° Visite de la reine de Saba au roi Salomon (Paralipomènes, 11, 9); 2° le Denier de César
Mathieu, xxr); 3° Défi d’Élisée aux prêtres de Baal (Rois, m1, 18); 4° les Hébreux manifestent leur joie de la défaire 53 ( 34 j (Exode, xv); $° Isaac bénit Jac
pendant qu'Ésaü est à la chasse (Genèse, xxvir); 6 Songe de Jacob , #xvim); 7° Abigaïl, aux pieds du roi David, demande la grâce de son mari (Rois, 1, 25); 8e Entrevue de Josaphat et d’Achab (Paralipomènes, 11, 18); 9° Jugement de Salomon (Rois, 111, 3); 10° Sacrifice de Saül (Rois, ur, 14).— Pour V'explication de ces peintures nous avons eu recours à un mémoire i
c de M. l'abbé Galler, curé de Sarcelles, qui, avec une bonne grâce dont nous lui sommes très reconnaissant, nous a autorisé à profiter de ses recherches.
2. Par exemple, il affecte de placer dans la plupart de ses compositions une sorte de pyramide que sa base étroite et son élévation relative fon parfois ressembler à un obélisque.
3- Disons pour exeuse que l’on peut très bien parcourir tour le château sans se douter de dont nous venons de parler
stence des peintures
ds volets en dérobent la vue er le visiteur croit passer à côté de simples placards qu'il ne songe certainement pas à faire ouvrir.