PARTIE INTÉRIEURE DE L'ÉGLISE DU MESNIL-AUBRY
l'apogée de sa gloire, devait aimer à
se reposer de la sorte de travaux plus importants, outre qu'il se voyait parfois obligé de répondre aux sollicitations
dont il était accablé.
là même où l'on se faisait honneur d'avoir recours à son talent, il ne
faut pas croire que pleine liberté lui fût laissée en toutes choses. Si, jusqu'à
au point de vue chrétien.
doriques, notamment à Anet; mais, eme les triglyl
figurent jan pas, à cette place, la moindre crace de bucranes, soit dans ses construc=
tions, soit dans ses écrits. Cf. Le premier livre d'Architecture, p. 227.
un certain point, aucune objection n'était soulevée relativement à l'extérieur des temples, à l'intérieur, au contraire, on entendait le plus possible conserver les formes pratiquées depuis trois siècles. De là cette sorte de compromis dont nous retrouvons la première trace à Luzarches. Tandis que le moyen âge domine dans le tracé des arcs, aussi bien aux fenêtres qu'à la séparation des nefs, que les voûtes se distinguent à peine de celles précédemment en usage, le nouveau
râce à lui, un carac-
style envahit l'ornementation proprement dite, qui revêt, g tère tout particulier. C'est ainsi, par exemple, qu'au lieu des élégantes corbeilles de feuillages où s'étalaient en général les produits d'une végétation locale, nous voyons se répéter à l'infini le sévère chapiteau dorique. Et comme ce dernier sans doute eût paru trop maigre, que difficilement son abaque se fût prêté à recevoir un faisceau de nervures, on a imaginé d’interposer entre lui et la retombée des voûtes un entablement complet. Rien n'y manque, pas même les triglyphes qui se reproduisent sur les quatre faces de ce dé colossal.
Que semblable création soit réellement belle, nous ne saurions le dire; elle offre l'inconvénient de tout membre d'architecture qui est distrait de son rôle. Chaque fois, en effet, qu'une colonne se trouve placée sous un arc quelconque, il n'y a pas de raison pour la charger d'ornements et de moulures que requiert uniquement la plate-bande. Sans doute Bullant aurait pu, pour sa justification, invoquer l'exemple de l'Italie, qui, en bien des cas, a ainsi abusé des admirables ressources léguées par la classique antiquité’; mais, en chaque pays, il ne faut prendre que ce qui est véritablement digne des honneurs de la reproduction. Du reste, nous n’aurions pas aussi longtemps appuyé sur ce détail, sil ne servait à caractériser toute une série d'édifices religieux dans la région dont Écouen
est le centre. Il importe de déterminer clairement quelle est l'origine d'un
motif architectonique, évidemment cher à celui qui, chez nous, l'a multiplié dans les limites de son pouvoir.
Maintenant notre attribution à Jean Bullant des premières travées de l'église de Luzarches ne souffre-t-elle aucune difficulté? Évidemment non, si la fa l'autre partie ont été élevées en même temps et il n'est pas probable que
çade, comme nous croyons l'avoir établi, se trouve être de sa main. L'une et
sans
utilité, on ait fait appel à deux architectes diflérents. Puis, à la date indiquée, vers 1$$$ environ, l'emploi de purs chapiteaux doriques avec leur accompagnement obligé de triglyphes est presque équivalent à une signature. Il ne nous reste donc à choisir qu'entre un très petit nombre de maitres et, dans le cas