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La renaissance en France

1 nous étions de ceux qui, pour faire valoir l'objet particulier de leurs études, ne craignent pas, à l'occasion, de se montrer injustes envers les plus belles conceptions de l'esprit humain, nous ne manquerions pas de rappeler, en parlant de la ville de Beauvais, tout ce que l'architecture ogivale renferme en elle-même de fragile et de peu durable. Nulle

en effet, les catastrophes ne furent

part ailleurs peut-êt

plus terribles et plus retentissantes, car on eût dit que, sur le sol où il était né, le nouveau système tenait, en

quelque sorte, à dépasser l'extrême limite de ce qu'il pouvait

raisonnablement donner. Toutefois, pour notre part, nous serions bien moins

enclin à condamner certaines hardiesses et certaines témérités qu'à blâmer le

manque de précautions dont on n'a pas craint d'assumer la responsabilité. Dans

un genre de construction où tout repose Sur les lois de l'équilibre, où toute | poussée doit être combattue par une autre poussée en sens contrure, il devient

parfois dangereux de trop resserrer le champ des travaux. Il ne suflit pas de

conduire une partie quelconque de l'édifice à son entière perfection, encore faut-il s'assurer que les points d'appui dont on dispose ne seront pas un jour en danger de faillir. C'est pour avoir contrevenu à cette règle rigoureusement obligatoire que Jean Vast, croyons-nous, n'est pas en possession d'une renommée quelque peu égale à son incontestable mérite. Mais, avant d'aborder tout ce

qui touche à ce maître hardi, il n'est pas inutile de rechercher par quelles

| phases était passé depuis un demi-siècle le plus éblouissant de nos monuments sacrés. Bien que nous nous soyons en quelque sorte imposé de ne pas nous 4 arrêter sur les dernières productions d'un style désormais condamné, on nous | pardonnera facilement une infraction que la grandeur des essais, au besoin, | suffirait seule à justifier.

| Chose remarquable! si la cathédrale de Beauvais n'a pas été achevée | avant la fin du xvi siècle, le Chapitre n'en a pas moins dépensé beaucoup | plus d'argent qu'il n'était nécessaire pour atteindre ce but. Mais, oublieux des | sains principes d'économie, il marchandait mal à propos les ressources aux exécutants, qui ne pouvaient, à force de génie, suppléer à ce qui leur faisait défaut. C'est ainsi qu'au point de vue de la théorie, l'œuvre primitive, quoi qu'on ait dit, était admirablement conçue, et le désastre de 1284 ne saurait être attribué qu'à la mauvaise qualité des matériaux, dont le trop faible volume n'offrait pas toute la résistance désirable'. A cela le remède était impossible,

et force fut donc à Enguerrand le Riche, surnommé le Tricheur, de chercher

le moyen le plus pratique de tourner la difficulté. Il y réussit par le dédoublement des anciennes arcades, qui perdirent de la sorte toute leur élégance et leur légèreté. De plus, à l'issue de ces travaux indispensables*, la pénurie

du Trésor était extrême, et, la guerre aidant bientôt, un siècle et demi se pass

| sans qu'on pût reprendre l’œuvre si fataléement interrompue. Il nous faut arriver jusqu'au règne de Louis XII pour retrouver un peu de mouvement dans les chantiers. Alors seulement, sous la direction de Martin

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