‹ La renaissance en FranceChapitre 19 sur 39 · Nous savons, en effer, que Fra Giocondo · texte numérisé non relu

Nous savons, en effer, que Fra Giocondo

reur Maximilien contre la république de Venise. Plus

occupé, en 1509, à fortifier Trévis

rd, nous le retrouvons à Rome où,

alor

s de quatre-vingts ans, ainsi qu'il rés

lettre de Raphaël à Simone Ciarla, citée les an

de Vasari, il fit d'importants travaux de consolidation à la basilique de

en 1519

ar otateurs

at-Pierre. Sa mort est

ILE-DE-FRANCE

Il y a là certainement une difficulté qu'il eût fallu résoudre tout d'abord’.

Du reste, puisque l’occasion s'en présente, nous ne sommes pas fiché de

ire que Fra

Giocondo ne fut pas, à proprement parler, ce que nous appelons un architecte; la qualification d'ingénieur lui conviendrait beaucoup mieux, quelle que soit la confusion qui existât alors entre les deux professions. A Venise, à Paris, à Vérone et dans les différents lieux où il se montre successivement, il élève des fortifications, il construit des ponts, il creuse des canaux, il découvre le moyen de lutter contre l'affouillement des eaux, mais jamais nous ne le trouvons dirigeant les travaux d'un grand édifice, faisant, en un mot, œuvre d'artiste en même temps que de constructeur. S'il donna les plans

d'un nouveau quartier à élever sur l'emplacement de celui du Rialto incen-

dié, on ne saurait s’autoriser de ce fait pour contredire notre assertion. Encore moins le concours qu'il prêta à Raphaël, chargé, après la mort de Bramante, de poursuivre l'achèvement de Saint-Pierre, fournirait-il des armes contre nous, puisque tout se borna, au dire de Vasari, à la consolidation d'un édifice qui, bâti avec trop de précipitation, menaçait ruine de divers côtés*. Nous n'ignorons pas, il est vrai, que le même auteur, après avoir parlé de la construction du ont Notre-Dame, ajoute ces mots : « Fra Giocondo fit pour Louis XII, dans

tout le royaume, quantité d’autres ouvrages; mais il suffit d'avoir mentionné

e plus important?. » D'où il faut conclure, à notre avis, que l’on a fait jusqu'ici fausse route en attribuant au moine italien des châteaux comme Gaillon ou des palais comme celui de la Chambre des Comptes+; les travaux qu'il exécuta de ce côté des monts ne pouvaient à ce point différer de ceux qu'il a laissés dans

sa patrie, et quand bien même la phrase citée plus haut ne nous l’indiquerait pas,

e simple bon sens suffirait pour nous en avertir. On objectera peut-être que Vasari appelle quelque part Fra Giocondo < un homme universel ». Nous ne le nierons pas, mais il faut examiner aussi

dans quelle circonstance le grand historien des arts s'est exprimé de la sorte.

it uniquement pour lui de montrer que son héros, en s'adonnant

1. D'autant plus que M. Houbigant fixe, avec beaucoup de vraisemblance, le commencement des travaux de Sarcus

en 1520.

2. « Furono cavate, con giusto spazio dal una all altra, molte buche grandi a uso di pozzi, ma quadre, sotto i fondame i muro Faro a mano, furono, fra l’uno e l’alero pilastro ovvero ripieno di quel ti archi forti 1odo che cutta la fabrica venne ad esser posa senza che se rov asari : Vira di Fra Jocondo

e M. Leroux de Lincy, dans la Bib ue de l'Ecole des chartes,

le pont Notre-Dam

‘Icalien Jean Joconde, Ma ect de l'édifice, son ornementation et ses

L'architecture en était attribuée

rançaise. De Guilhermy, lrinéraire

les d’ardoise accusaient une origine éologique de Paris, p. 307. Le

palais de la Chambre des Comptes fut détruit par un inc

ie, en 1737.

parfois à la botanique et à l'agriculture, témoignait des aptitudes les plus diverses‘. Sous ce rapport, nous sommes prêt à accorder tout ce que l'on voudra, et notre admiration ne sera pas disputée à un homme qui fait grande-

ment honneur au temps où il vécut. Mais il n'en est pas moins utile de constater que, même dans les publications entreprises par le célèbre Frate, excepté pour-

tant celle des lettres de Pline, dont la découverte dans une bibliothèque de Paris fut uniquement due au hasard, se manifestent ouvertement les préoccupations de sa vie entière. Qu'il enrichisse d'annotations une édition de Vitruve*, ou qu'il porte son attention sur les Commentaires de César, c'est toujours le praticien habile qui seul se montre à nos yeux’. Si l'art ne lui est pas complè-

sans crainte qu'il n’a jamais pénétré bien avant

tement étranger, on peut dire seulement de la science, mais

dans cette matière délicate qui ne réclame pas encore du sentiment. Son rôle parmi nous doit donc être resserré dans le cadre indiqué plus haut, conformément aux données de la véridique histoire, qui

ne reconnaît point les prétentions injustifiées et ne s'arrête que devant les documents+.

Cette digression terminée, revenons au château de Sarcus.

Une chose nous frappe tout d'abord dans les débris qui ont été heureusement préservés de la destruction, c'est l'aspect rugueux de la sculpture,

entièrement traitée comme certains feuill de la fin du xv° siècle. Au

lieu de polir ses ornements, d'en atténuer les aspérités et les angles, on dirait . que l'artiste s'est appliqué à promener jusque sur les parties les plus délicates

un instrument dentelé, quelque peu analogue à celui connu sous le nom de

bretture. Soit inspiration personnelle, soit nécessité de s aire à des goûts

fastueux, il a également dépassé la mesure dans la décoration des portiques

qu'alourdit une trop grande profusion de détails. Tout cela est riche, il est vrai, mais manque de cette pureté de goût sans laquelle aucune œuvre n'est véritablement recommandable., Le château de Sarcus appartient à la même

école qui a produit les églises de Mug

nelay et d'Auxis; c'est donc en vain

qu'on lui chercherait une origine soit en Italie, soit dans quelque région éloi-

gnée de la France. Conçu, pour ainsi dire, sur place, sil n'a pas été exécuté

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