‹ La renaissance en FranceChapitre 9 sur 39 · LA LÉGENDE DE SAINT EUSTACHE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE SAINT EUSTACHE

Vitrail exécuté par Jean le Prince, en 1554, à l'église Saint-Étienne de Beauvais.

minée cette magnifique composition, évidemment due à [’ allégorique de Saint-Vincent de Rouen, avec 1

auteur de la verrière

aquelle elle présente les points les plus extraordinaires de ressemblance". Des deux côtés c'est le même faire,

la même exécution, surtout le même amour du paysage qu'autorisait la décou-

1. Willemin (Monuments français inédits, etc.) est le premier qui ait attribué à Engrand le F

emment répétée par Edmond Lévy dans 4 Bruxelles, 1860, in-49, ? De plus, M. Edmond Li

Prince le vitrail en question, et son erreur a été

on Histoire de la peinture sur verre en Europe, et P+ 138. L'un et l'autre n'avaient donc pas vu la date de 1554 qui

qui est de Rouen, aurait dû connaître le vitrail de Saint-Vincent,

particulièrement en Belgiqu

se lit à la partie supérieure

dont nous

arlons.

ILE-DE-FRANCE

verte relativement récente du vert d'application’. Or, si nous trouvons en

Normandie le nom de Jean le Prince écrit en toutes lettres’, rien ne nous

a êche à R a: aie a & Say à & at 1 :

empêche, à Beauvais, de suppléer à son absence. Le fils, néanmoins, pas plus

que le père, n'a pu en 1554 faire figurer dans un vitrail le roi Charles IX et

sa femme Élisabeth d'Autriche, car si le premier, à cette date, comptait quatre

ans à peine, la seconde, croyons-nous, n'avait pas encore vu le jour. La légende, comme en bien des cas, est donc ici parfaitement ridicule, et nous ne

nous expliquons pas que des auteurs sérieux aient pu, récemment encore, sen

ire les échos irréfléchis?.

Au moins la chronologie ne jouera-t-elle aucun rôle dans ce que nous avons à dire de l'Arbre de Jessé, autre verrière de la même église, plus belle encore, à notre avis, que la précédente*. Bien que le sujet par lui-même soit

presque banal, tant il a été souvent répété durant tout le moyen âge, l'artiste

a su nous procurer à son occasion, par l’habileté de son arrangement et l'heureux choix de ses détails, une véritable sensation de nouveauté. Le personnage principal n'est pas couché, comme à l'ordinaire, mais il apparaît à mi-corps, sous une riche arcade, et la tige qui sort de son cou ne projette, de

l'air circule-t-il

différents côtés, qu'un très petit nombre de rameaux. Aussi, abondamment dans cette composition, tout à la fois pleine de simplicité et de grandeur.

A ce premier charme s’en joint un autre particulièrement dû à l'éblouissante franchise de la couleur. Le temps n'était plus où, sur des verres teintés dans la masse, on se contentait d'une peinture brune pour accuser les ombres et tracer les contours; grâce à la découverte des émaux, les tons les plus variés se trouvaient désormais à la disposition de l'artiste, qui pouvait sans difficulté ménager ses transitions et graduer ses effets’. Ajoutons qu'en enlevant hardiment à la molette certaines parties des doublures fréquemment employées à cette époque, on faisait, suivant les besoins, courir des broderies ou saillir des points lumineux.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur des procédés nouveaux dont

par l'application du jaune d'argent sur un verre bleu.

r. Cette couleur s’obt

, non pas direct ma 2. L'Église paroissiale de Saint-Vincent de Rouen, par Paul Baudry. 187

les a revêtus

3. « Le peintre a donné (à saine Euste e) les traits de CI de magnifiques habits de cour. » Edmond Lévy, op. cit. p. cit, pl LXXIV) a d

4 M. de L 5. Le jau

que le ro

étaient préparées avec un foi ment dit de la poudre de verre, ce qui leur

l'application fut grandement favorisée par le plus grand développement donné

aux lames vitreuses, ainsi que la substitution pour le découpage du diamant

EE l'a

WP | a Ne) \ | REA

Vitrail exécuté par Engrand le Prince, vers 1518, à l'église Saint-Étienne de Beauvais.

au fer chaud'. Mieux vaut assurément dire que dans l'Arbre de Jessé, ce chef-

d'œuvre d'Engrand le Prince et l’une des plus admirables productions en ce

Levieil

une vitre

d'ajouter que cette opinion ne mérite aucune créance

ILE-DE-FRANCE

genre que le nord de la France puisse nous présenter, les défauts que plus

tard nous serons obligé de signaler ne se font aucunement sentir. C'est en vain

que l'on chercherait trace d'une lutte engagée entre la peinture opaque et la peinture translucide, et si le dessin est évidemment plus correct que dans les temps antérieurs, il ne s'en borne pas moins à appuyer avec énergie une harmonie de couleurs’. Nous ne sommes, il est vrai, que dans les premières années du xvi° siècle, vers 1518 environ, et les bonnes traditions ne sont pas encore perdues. Le règne de limitation ne commencera que plus tard, lorsque l'art du verrier, oublieux des véritables conditions de son existence, se lancera dans une voie où il pourra bien recueillir quelque gloire, mais où, en réalité, il y aura souvent pour lui plus de perte que de profit.

Un dernier vitrail mériterait d'attirer notre attention : c'est celui consacré

reproduire la légende de Notre-Dame-de-Lorette*. Mais l'examen de cette belle composition nous entraînerait trop loin. D'ailleurs, tout ce que nous avons déjà dit suffit amplement pour démontrer que Beauvais fut, à l’époque de la Renaissance, un grand centre artistique où la peinture principalement, sous ses différentes manifestations, fut cultivée avec un plein succès. Les trois Le Prince, en effet, ne doivent pas nous faire oublier Antoine Caron, que Thomas de Leu, avec un peu d'indulgence, nous le voulons bien’, place à

côté de François Clouet et de Jean Cousin. Seulement, moins heureux que ses

précédents compatriotes, cet artiste n'a vu aucune de ses œuvres ieuses passer à la postérité, et nous sommes aujourd'hui fort embarrassés pour porter sur son talent un jugement de quelque valeur t.

Ce n'est pour ainsi dire pas changer de sujet que de parler d'une maison

située rue Saint-Thomas, et remarquable par les carreaux émaillés qui rem-

grande intensité; tels

e, le vert et le ro ts rouges à tous

mblent sortir d’u:

auribué à R

té, nous Prince) d’ot

encore à F

par

Langlois : « Il se piquait (

et dans le xvire s Mais rien ne

applique à aucun

inée dans sa

galerie des hommes

par A. de Montaiglon. In-8° de On ne connaît de

ntre du xvi siècl

Page 1