‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 106 sur 236 · LE MAÇON DU CHATEAU DU VERGER (ANJOU · texte numérisé non relu

LE MAÇON DU CHATEAU DU VERGER (ANJOU

article pourrait bien faire double emploi avec celui du 28 juillet. Le même érudit attribue à ce maître maçon un dessin représentant un projet de décoration de la chapelle de Gaillon, qui porte une marque en triangle tracée à la plume, où est inscrite la lettre B(i).

Sur la proposition du cardinal d’Amboise, sans doute aucun, les chanoines de la cathédrale de Rouen firent aussi appel à l’expérience de Colin Byart, lorsque la question du couronnement de la tour de Beurre fut mise à l’étude. Le 14 septembre i5o6, le maître se rendait à Rouen, en compagnie de Guillaume Senault, pour assister à une délibération du Chapitre sur ce sujet.

Colin Byart est au nombre des maîtres maçons mandés par le Chapitre de la cathédrale de Bourges, après la catastrophe du 3i décembre i3o6, qui causa la chute de la tour du nord et la rupture de plusieurs voûtes dans la grande nef et dans les nefs moyenne et basse. Il y avait là Henriet, architecte de la cathédrale de Saint-Jean à Lyon, maître des oeuvres de maçonnerie de la Ville de Lyon, qui jouissait, en son temps, d’une si grande renommée que Marguerite d’Autriche fit appel à son talent pour continuer la construction de l’église de Brou, après la disgrâce de Jehan Pérréal ; Jean Chesncau, architecte de la cathédrale d'Auch ; Guillaume Senault, le maître d’oeuvre de Gaillon, Pierre Merle et Jean Merle, son fils, et Jehan Meynier, maîtres maçons d’Orléans, Jehan Roulx, maître d’œuvre du château de Bridoré, en Touraine, Clément Leclerc, ou Mauclerc, alors au service de la duchesse de Bourbon, à Bourbonl’Archambault. Les conférences de ces maîtres avec le maçon du Chapitre de Bourges, Guillaume Pelvoysin, et les maîtres maçons berruyers Jehan Bailly et Pierre Boytières, et le maître charpentier Chapuzet, durèrent huit jours (2).

La reconstruction de la tour fut décidée. Le Chapitre chargea Colin Byart d’en dresser les plans ; il devait, deux ans plus tard, lui confier la direction des travaux. Le lundi 19 octobre i5o8, la première pierre des fondations était posée solennellement, en présence de tous leschanoines et du clergé berruyer. Nommé maître d’œuvre, Colin Byart s’adjoignit Jean Chcsneau, dont la collaboration ne dura que trois ans (3). De 1307 à la Saint-Jean de 1 5 1 3 , les Comptes capitulaires permettent de constater, pendant cette période de sept ans, la présence de Colin Byart sur les chantiers de la cathédrale comme directeur des travaux, surveillant l'exécution de ses plans (4). Faute d’argent, très vraisemblablement, la construction de la tour était poussée fort lentement. En sept ans, on n’avait atteint que l’entablement du portail. Il fallut encore plusieurs

Colin Byart à Rouen.

Colin Byart à Bourges.

La tour du nord de la cathédrale de Bourges.

(1) Dessin découvert dans les archives de Gaillon par Lenoir et publié par Deville.

(a) De Girardot et Durand : Histoire de la cathédrale de Bourges, 1849, in-18, p. 120-126.

(3) Le receveur du Chapitre, Claude Métier, note, dans ses comptes, que Jean Chesneau « a heu congé » et reçut à son départ, le 13 janvier 1511, une certaine somme pour « les frais de retour de son pays ». (Archives du Cher, série G.)

(4) Dans les Comptes de la cathédrale. Colin Byart figure avec des gages de dix sous par jour, et avant le maître maçon berruyer Guillaume Pelvoysin, qui ne touche que cinq sous.

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