‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 127 sur 236 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

« grand galtas soulz le comble auquel y aura chambres et quatre garde robbes « et allée pour oster la subjection d’icelles ». Là aussi il s’agit de « refaire de neuf parties des murs et pignons, tout ce qui en sera trouvé de mauvais, « .restablir le résidu des dits pans de mur et pignons, faire les haulcemens « d’iceux jusque à hauteur suffissante..., faire toutes les bées d’huisseries, « croysées et demy croisées », conformément à celles des autres corps d’hôtels..., « ériger les allées dedans l’espoisseur du pan de mur de la grande salle, du « costez des prés du dit lieu de Fontainebleau..., en partie portées sur encorbel- « lemens par dehors oeuvre ainsi qu’elles le soulloientd’ancicnneté, etc. ». A partir du pan de mur de cette salle « retournant par forme d’esquerre du costé du « portail neuf», il est fait réserve d’une place « de la largeur de six toises dedans « œuvre de telle longueur qu’il sera advisé pour le mieux pour y faire et ériger « une chappelle quand sera le bon plaisir du Roy nostre dit sieur de ce faire ».

Ce sera là qu’on construira plus tard, en effet, la chapelle Saint- Saturnin. Après cette place, sera érigé « un corps d’hostel... dont Testage du « reez de chaussée sera applicqué à quatre offices, deux cuisines et un vestiaire « pour servir à ladite chapelle, et l’estage d’au dessus sera applicqué à gallerie, « et pour ce faire fault restablir le gros vieil mur de derrière et le hausser et « maçonner de telle façon, espoisseur et matières, que se sont les restablissemens « et haulcemens des murs des corps d’hostels devant déclarés... »

i Galerie François rr. Enfin, il est dit au devis: « Il faut faire une gallerie de la longueur de « trente-deux toises ou environ et de trois toises de largeur dedans oeuvre, pour « aller de la salle qui sera joignant la grosse vieille tour en l’abbaye. » Cette galerie est la fameuse Galerie François Ier, telle qu’on la voit dans la fresque qui représente la Cour de la Fontaine et la Porte Dorée en i5qo, et dans la gravure de J. Androuet du Cerceau. Les dispositions architecturales et décoratives de cette galerie sont précisées avec le plus grand soin. « Faut « faire les deux grands pans de murs des deux costez de la dite gallerie fondez « jusques à vif fons de maçonnerie de moillon, bloc, chaulx et sable, chacun « des trois pieds et demy d’espoisseur en fondement, jusque au reez de chaussée, « et au dit reez de chaussée, de deux pieds unze poulces despoisseur en « fondement et les continuer selon la dite espoisseur, en diminuant de trois « poulces à la première retraicte, et de deux poulces à la retraicte du premier « arquitrave, et de là en amont, de deux pieds et demy d'espoisseur jusques à « l’entablement ; lequel entablement sera de pareille hauteur et niveau que « l’entablement des corps d’hostels devant déclarez, et en chacun des dits murs « ériger trois assises de pierre de taille de grès, et pareillement toutes les chesnes « de pierre de taille qu’il appartiendra pour porter les bouts des poutres des « planchers de la dite gallerie, lesquelles chesnes porteront contrcpilliers « saillans par dehors œuvre, depuis la haulteur du premier plancher en amont « jusques à l’entablement avec basses, chapiteaux, arquitraves, corniches et

D'après J. Androuet du Cerceau et une ancienne lithographie

COl'R OVALE DU CHATEAU UE FONTAINEBLEAU

Vue perspective du chate.au de Fontainebleau

Œuvre de Gilles Le Breton

LES MAITRES DE FONTAINEBLEAU ET VII.I.ERS-COTTERETS

« entablemens lesquels arquitraves, corniches et entablements se continueront « tout du long des dits pans de murs de la haulteur, niveau, façon et ordonnance « que ceux des dits corps d'hostels devant déclarez, et ériger aussy, en iceux « de pans de murs, toutes les croisées de fenestres qu’il appartiendra en Testage « de la dite gallerie, dont les piedsdroicts et voulsouères seront de pierre de « grès par les paremens et jouées du costé de dehors œuvre et les remplages « seront de pierre de liais de Nostre-Dame-des-Champs lès Paris, portans « mollure honeste ; et en l’estage du reez-de-chaussée, fault ériger en chacun des « dits deux murs, deux arceauxde pierre de taille de grès, portans parpain « de la haulteur et largeur qu’il sera advisé pour le mieux pour le passage « du chemin, et au résidu, ériger les bées et fenestres qu’il appartiendra aussy « de pierre de taille, et en ce faisant, ériger aux deux costez de la dite « gallerie deux cabinets. »

Et le devis ajoute que les lucarnes et croisées de la galerie et des cabinets devront être de « telles matières, façon et ordonnance que celles devant « déclarées », et qu’il faut faire une petite montée pour descendre de la galerie dans le corps d’hôtel de l’abbaye.

Ce devis reçut un complément d’autres constructions ainsi stipulées dans le texte du marché : « édifier de neuf un corps d’hostel entre la basse court de « la dite abbaye et les prés », où « il y aura trois cuisines et trois gardes manger « et chambres et gardes robbes au dessus en forme de gaitas, duquel corps « d’hostel les ouvrages seront de pareilles espoisseurs et matières que seront « du dit dortouer et réfectouer des dits religieux et de faire aussy tous les « ouvrages de maçonnerie qu’il conviendra faire pour restablir le vieil corps « d’hostel qui souloit estre applicqué à l’ospital, estant entre la dite basse court a et la rue, à l’endroict de la place et carrefour du cimetière... et de faire tous « les murs et clostures qu’il convient faire pour la closture des jardins dudit « château et autres clostures qu’il plaira au Roy faire faire au dit lieu de « Fontainebleau... ».

Le texte de ce devis montre que non seulement la disposition topographique des bâtiments de la Cour du Donjon constituant le vieux château de Fontainebleau fut soigneusement maintenue, mais que François Ier donna l’ordre d’utiliser les murs qui étaient en bon état, de réparer ceux qui étaient caducs, et, s’il fallait démolir ceux qui tombaient absolument en ruines, d’en conserver au moins les fondations pour les faire servir à asseoir les murs nouveaux. Aux constructions du Moyen âge restaurées, il y avait à mettre une parure en harmonie avec l’architecture et la décoration des constructions élevées suivant le goût du jour. Tout cela devait former un ensemble qui présentât à la fois la physionomie pittoresque et mouvementée de silhouettes qu’on était habitué à voir aux manoirs-forteresses d’autrefois, avec leurs nombreuses tours et tourelles aux toits en poivrière, leurs multiples corps d’hôtel à hauts combles aigus, à crêtes

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