CHAPITRE TROISIÈME
Les livres techniques sur l’architecture rie l’Antiquité.
Le « De re œdificatoria # d’Alberti.
En outre, les livres techniques qui pouvaient permettre aux maîtres maçons de s’initier à l’architecture antique ne faisaient point défaut. Le « De re œdificatoria » de Léo Baptista Alberti est imprimé à Florence, en 148a, par Nicolas Laurent Alaman; Geoffroy Tory en fait, l’année 1 5 1 2 , une édition avec préface latine ; et Denys Sauvage en publie, en 1 553, la traduction par Jean Martin.
« L'Architecture » En 1 5 1 1, paraît, à Venise, avec images, V « Architecture » de Vitruve; une
de Vitruve. nouvelle édition en est publiée par Frère Joconde, en 1 5 1 3, avec figures sur bois, à Florence, aux frais de Philippe de Giunta; et, au cours des années 1 5 2 1 et i534, les traductions italiennes se multiplient. Pierre Van Aelst édite, en 1542, les « Ileigles générales de l'architecture sur les cinq manières d'édifices avec les exemples de l’antiquité selon la doctrine de Vitruve ». Et, en 1547, Jean Martin donne sa traduction de « Vitruve », accompagnée d'une postface et illustrée de gravures par Jean Goujon.
Dès i53o,on trouve en France un ouvrage intitulé: « Raisons d’architecture antique, extraites de Vitruve et autres architecteurs anciens, nouvellement traduites d'espagnol en français à l’usage de ceux qui se délectent en architecture »; et une deuxième édition en est faite en 1 5 39, une troisième en 1542, tant cet ouvrage obtint de succès.
Le Le « Songe de Poliphile », ou « Hypnerotomachia », de Francisco
« Songe do Poliphile ». Colonna, roman conçu par un architecte qui résume et précise les résultats acquis en ce pays par l’étude de Vitruve et d'Alberti, et dont on peut dire, suivant la définition, très juste, d’Eugène Muntz, qu’il sera « le bréviaire des connaissances architecturales de la Renaissance » (1), est publié en 1499, 15°5, et 1321, dans son texte grec et latin, puis traduit et édité en texte français, par Jean Martin, en 1546.
Ouvrages italiens divers Francisco de Giorgio Martini fait paraître en i5o2 son « Trattato di archisur tettura civile et militari » ; Albertini, en 1 3 1 0, 1’ « Ospuculum de mirabilibus
1 architecture antique. urbjs Romœ » ; Andréa Fulvio, en i5io, les « Antiquaria » et, en 1527, les « Antiquitates urbis Romœ » ; tous ouvrages qui renseignent abondamment suites édifices anciens de Rome.
L’ « Horus Apollo », livre anonyme, étrange et bizarre, dans lequel foisonnent les sujets de décoration sculpturale, est connu en France, dès la fin du xv® siècle, par ses nombreuses éditions; Kerver en publie une traduction française en 1 553.
Vulgarisation de la technologie de
l’architecture antique.
Et ce ne sont point là des ouvrages d’érudition, mais bien des traités de vulgarisation de la technologie de l’architecture. Jean Martin, qui fut, en ce temps, le type des éditeurs de ces traités, écrivait dans la postface de sa traduction de « Vitruve » : « Je prétends travailler non pour les hommes doctes qui n’ont besoing
(1) Eugène Muntz : Préface du Catalogue de la Collection Lesoufachè , 1892.