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LA TRADITION DU CULTE DE L’ANTIQUITÉ EN FRANCE

En un voyage qu’elle fit dans le Midi, et où elle visita Nimes, en compagnie d’une de ses amies d’enlance, Jeanne Galiot de Genouillac, mariée à Charles de Crussol, vicomte d’Uzès, qui était sénéchal de Nîmes et de Beaucaire, Marguerite de Valois donna, elle aussi, l’exemple d’une admiration profonde pour les merveilles de l’architecture antique qu’on lui montra avec empressement. « Et faisoit biau voir, conte l’historien précité, ces deux grandes dames se « promener ensemble parmi les monuments antiques et en discourir à plaisir « comme les plus doctes (i). »

et la protection des

monuments antiques de Nîmes et du Languedoc.

Pendant son gouvernement de Languedoc, Anne de Montmorency rendait, La première charte

en sa qualité de lieutenant général du roi, l’ordonnance suivante, datée de <le,s. 8 V°numenth * ° historiques » :

septembre I 54 8 (2) : Ordonnance

« Comme en passant par la dicte ville, nous avons veue de beaux et grandz d’Anne de Montmorency « édiffices antiques, de grand artifice et architecture faitz par les anciens, dont Pour la conservation « plussieurs et la plus grande part à ce cognoissans aujourd’huy non seulement « en prenent délectation, mais encores beaucoup de profit pour l’art « d'architecture, là où toutes proportions dudit art sont gardées, observées et « enseignées, et aussi que c’est la décoration de la dite ville, pays du « Languedoc, et louange de ce royaulme, et pour ce que aucuns de la dicte « ville possèdent et ont maisons près et à l’antour des dietz édiffices anticques,

« lesquelz journellement édiffient de nouveau ; de telle sorte que pour leur « agrandir et accommoder à leur profit particulier, ils cachent, ruynent et « démolissent icelles antiquités, en manyère que en peu de temps ilz auront si « bien entrepris sur icelles que le tout sera ruyné, destruit et gasté. Nous, à ces « causes, et désirans que telles choses soient conservées et gardées en leur « entier, vous mandons, commandons, et expressément enjoignons de faire « défense de par nous, sur certaines et grandes peines à appliquer au Roy, à « tous les possesseurs des dictes maisons anticques et autres qu’il appartiendra,

« de ne construire, édiffier ou desmolir les dictes antiquictés, ne permette « qu’il y soit faict aucun bastimens de nouveau qui puissent couvrir ou cacher « icelles antiquités en quelque sorte que ce soit, sans préalablement vous y « appeller avec les gens du Roy de la dicte ville, pour en faire d’une visitation « et veoir s’il sera bon, raisonnable et nécessaire leur bailler permission de ce « faire. Et si aucuns contrevenoient aux dittes défiances, vous procéderez à « l’encontre d’iceulx ainsi qu’il appartiendra par raison et que verrez estre « alïaire. De ce faire vous donnons pouvoir, commission et mandatement « especial par ces présentes, par vertu du pouvoir à nous donné par le Roy,

« mandons et commandons à tous les justiciers, officiers et sunjeetz dudit « seigneur que avons en ce faisant soit obéy. »

(1) Ménard : Histoire des antiquités de Nimes, t. IV, p. 108.

(2) Copie du xvi* siècle, archives de Thouars, communiquée par L. de la TrÉMOïlle. Revue des Sociétés savantes des départements, 5* série, t. VIII, année 1874, 6* semestre.

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