‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 39 sur 236 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Les maîtres maçonstailleurs de pierre fondateurs de la Renaissance architecturale.

Le Bureau des Finances, à Rouen, œuvre de Rouland Le Roux, date de i5io. Le fameux chevet de Saint-Pierre, à Caen, a été commence' en i5a8 par Hector Sohier. Au château de Chantilly, dans le perron et dans la galerie, il était fait, avant i53o, par Pierre Chambiges, d’une façon méthodique et complète, l’application raisonnée des éléments de l’Architecture antique; et le maître des œuvres d’Anne de Montmorency allait, cinq ans après, développer et amplifier sa conception géniale dans la façade et dans la cour de l’Hôtel de Ville de Paris. A Toulouse, Michel Colin construit, en 1 53 3 , l’hôtel de Bernuy, en 1 53y, le portail de la Dalbade; et Nicolas Bachelier, en 1 538, la cour de l’hôtel de Bagis ou de Pierre. Or, les lettres patentes ordonnant la construction du Nouveau Louvre sont de iSqô; ce n’est qu’après l’avènement de Henri II que Catherine de Médicis faisait entreprendre les premiers travaux des Tuileries; et les portiques d’Ecouen furent élevés seulement en i5(3o par Jean Bullant.

Les maîtres maçons-tailleurs de pierre, élevés professionnellement et artistiquement à la rude et sévère, mais féconde et puissante, Ecole des corporations du Bâtiment, sont donc les fondateurs de la Renaissance architecturale française. Les architectes, formés par l’étude théorique de l’Antiquité, n’ont été que leurs continuateurs. Quelques-uns de ceux-ci ont, il est vrai, par leur génie, porté l’Architecture nationale aux plus hauts sommets. La gloire immortelle qu’ils en ont acquise ne saurait être, en aucune façon, diminuée par cette revendication de justice historique en faveur de leurs modestes, quoique très grands, aînés et prédécesseurs.

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