‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 41 sur 236 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Les

hauts fonctionnaires de

cette administration.

Surintendants des arts.

Les

inspecteurs divers.

des maîtres maçons-tailleurs de pierre français qui, non seulement les ont construits comme entrepreneurs, mais qui en donnèrent tous les plans et devis; et qui en sont, par conséquent, les véritables et uniques auteurs.

Au sommet de la hiérarchie, l'on trouve les hauts fonctionnaires chargés des « ordonnances, roolles, prix et marchés », et à qui sont adressées les lettres patentes ordonnant la construction des édifices nouveaux et les réparations des anciens. Pendant le règne de François Ier, à partir duquel fut organisée et fonctionna régulièrement cette administration des « Bastimens du Roy » (i), ce sont, pour les châteaux de Fontainebleau, Saint-Germain-en-Lave, Vi 11ers- Gottcrets, Madrid, et le Palais de la Cité à Paris : Nicolas de Neufville, chevalier, seigneur de Villeroy, trésorier de France; Philibert Babou, seigneur de la Bourdaizière ; Jean de la Barre, chevalier, comte d’Estampes, vicomte de Brediers, baron de Vcrctz, seigneur de la Barre, de la Souterraine, de Gros et Joy-en-Josas, conseiller et chambellan ordinaire, prévost et bailli de Paris; Pierre de Balsac, chevalier, seigneur d’Entragues, valet de chambre ordinaire du roi ; Guillaume Prudhomme, conseiller général des finances du roi, et trésorier de son épargne.

Gcs hautes fonctions n’étaient point exclusivement financières et administratives; elles peuvent être assimilées à celles de véritables surintendants des arts, en considération des avis et des conseils que leurs titulaires avaient constamment à donner sur toutes les affaires et questions d’architecture, de décoration et d’ameublement, concernant les « Bastimens du Roy », sur tous les travaux et œuvres d'art commandés et achetés par le souverain, par la reine et par les favorites; ils étaient aussi chargés des relations directes, au nom du roi, avec les nombreux artistes de tous métiers, entretenus pour son service personnel, à Paris et à Fontainebleau. Mais, en supposer que ces personnages pourraient être les auteurs, sinon les arrangeurs, des plans qu’ils étaient chargés de faire exécuter par les entrepreneurs est une fantaisie qui ne supporte pas le moindre examen.

Puis viennent les fonctionnaires chargés de tenir les comptes, de faire les payements suivant les « ordonnances, roolles, prix et marchés ».

Au-dessous de ces hauts administrateurs financiers se trouvent les fonctionnaires chargés du contrôle, qu'on pourrait désigner exactement par le titre moderne d'inspecteurs généraux, divisionnaires, et à résidence. Leurs attributions sont : « conduire, diviser, faire et parfaire, contreroller tous et chacuns les « payements des frais, mises et dépenses, avoir l’œil, regard et supérintendancc « à faire bien et dûment, promptement et dilligemment, besogner les maçons,

(i) L’institution des « Bastimens du Roy » avait été esquissée par Louis XI, qui créa pour Gaspard Bureau l'office de « général, réformateur et visiteur des œuvres et ouvriers du royaume « de France, en tant de maçonnerie, charpenterie, qu’autres métiers qui en dépendent, et la capitainerie « du Louvre ».

LES ADMINISTRATIONS DES TRAVAUX D’ARCHITECTURE

<( couvreurs, plombiers, serruriers, menuisiers, vitriers, jardiniers, manouvriers, « et autres personnes bcsongnant aux dits ouvrages, en manière qu’ils puissent « être faicts et accomplis le plus tôt que faire se pourra. »

Sous le règne de Henri II, le 3 avril 154S, il avait été créé pour Philibert de l’Orme, alors très en faveur à la Cour, une autre charge, peu différente de la précédente, mais supérieure administrativement : celle d'inspecteur des châteaux de Fontainebleau, Saint-Germain-en-Lave, etc., ayant la commission de « transporter sur les lieux des dits batimens, faire appeler tels personnages « experts que vous adviserez, les faire visiter et toiser, recevoir et vérifier si les « ouvrages ont été bien et deuement et loyaument faitz ». Le 12 juillet i55c), à l’avènement de François II, le grand architecte tombé en complète disgrâce, ainsi que Jean Bullant, fut remplacé par « maître François Primadicis (le Primatice) de Boullongne, en Italie, abbé de Saint-Martin de Troyes ».

Les châteaux de Chambord et de Blois, le Nouveau Louvre eurent toutefois une administration technique et financière indépendante de celle des « Bastimens du Roy ».

L’administration du Nouveau Louvre fit également l’objet de dispositions royales particulières qui témoignent de la haute considération dans laquelle Pierre Lescot était tenu par François Ior. Par lettres patentes en date du 2 août 1046, le roi lui « bailla la totale charge, conduicte et superintendance du « grand corps d'hostel qu’il avait délibéré de faire bastir et construire en son « chastel du Louvre ».

On remarque dans ce document qu’il n’est fait aucune mention de rétribution quelconque, sous forme d’appointements, de gages ou d’honoraires, attachée à cette fonction nouvelle (1). Il est vraisemblable qu'en raison de sa fortune personnelle et de sa situation de conseiller au Parlement Pierre Lescot avait offert, ou avait été moralement contraint, d’accepter gratuitement une fonction exceptionnellement honorable, car jamais maître des œuvres du roi n’avait été et ne sera investi de tels pouvoirs administratifs.

Catherine de Médicis avait organisé une administration particulière pour scs bâtiments personnels. Aux Tuileries, Philibert de l’Orme, qui en avait donné les plans, fut le premier architecte; Pierre de Gondy, évêque de Paris, l’intendant des bâtiments, chargé des ordonnances; Guillaume de Chaponnaye, le contrôleur général. Après eux, on trouve dans les mêmes fonctions respectives, Jean Bullant, Jehan-Baptiste de Beneveny, abbé de Bellebranche, le président de Nicolay, Jehan Pottier, qui étaient en outre « députtés pour avoir la « surintendance, maîtrise de l’œil sur les bâtiments de Saint-Maur,

L’administration des « Hastimens »

de Catherine de Médicis.

(1) Ce n’est que quatre ans après, sous le règne de Henri II, le 7 février 1550, que furent délivrées à Pierre Lescot des lettres patentes royales lui accordant une somme de 100 livres par mois « pour son estât et entretenement, et pour l’aider à supporter les dictes dépenses qu’il fait et peut « faire à cause de sa ditte charge et commission et superintendance des dits bastimens ».

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