‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 52 sur 236 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Puis, cc fut la création d’Anet, où Diane de Poitiers dépensa des sommes considérables pour réaliser superbement les plans de Philibert de l’Orme, qui y avait mis tout son génie de grand architecte. La favorite en fit, pendant de nombreuses années, sa préoccupation et son rêve d’art. « Si je « sçavoys quelque chose de nouveau, écrivait-elle, le 17 octobre i55i, au conné- « table de Montmorency, je vous en feroys part, mays je ne vous sçauroys « parler que de mes massons, où je ne pertzune seulle heure de temps et espère, « que quand viendrez icy, que vous y trouverez quelque chose de nouveau où « vous prendrez plaisir. »

Henri II ayant manifesté, un jour, l’intention d’habiter le château d’Amboise, la favorite eut le projet de se faire construire un hôtel personnel à proximité, sur le plateau des Chateliers. Lesterrains, — des vignes — , furent même achetés : « afin, est-il écrit, dans l’acte d’achat, d’y bastir, construire et édifiier maisons, « courts, jardins, vergers et autres choses qu’elle verra estre à faire pour plus « commodément et honnorablement soy loger, approprier, cy accommoder, ses « gens, familles, hoirs et ayans cause » (1). (ie projet ne fut point réalisé, sans doute parce que le roi ne donna pas suite à son idée de résidence à Amboise.

Pendant toute sa vie, Diane de Poitiers n’employa que des artistes français : architectes, sculpteurs, peintres, etc; en aucune des nombreuses œuvres d’art qu’elle fit créer ne se trouve la moindre trace d’influence artistique de l’étranger.

(1) C. Chevalier : Histoire abrégée du Château de Chenonceau, in-16, 1879, p. 173-174.

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