‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 54 sur 236 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

constructions, classe parmi les prélats de ce temps amateurs de belles architectures; le cardinal Guillaume d’Estouteville, archevêque de Rouen, un des plus grands bâtisseurs qui furent jamais; Louis de Bourbon, seigneur de Montpensier, qui, au lendemain de son mariage avec la fille naturelle de Louis XI, transforma le château féodal du Coudray en une résidence vraiment royale; Etienne Chevalier, qui entretenait avec un soin artistique de nombreux châteaux : Eprunes, Plessis-le-Comte, et Grigny : Jean Bourré, qui a gardé son nom de l’oubli par la construction de Langeais, et du Plessis-Bourré, dont le chroniqueur Jehan de Bourdigné, en son « Ystoire aggrégative des annales et chroniques d’Anjou », disait qu’il était réputé « ung des chasteaulx de France, pour ce qu’il contient, le plus aysé et le mieux basti », et de la chapelle du château de Jarzé, orné d’un sépulcre magnifique dont il avait tenu à arrêter lui-même toutes les dispositions architecturales et décoratives, à déterminer le nombre, les attitudes et les gestes des personnages, à indiquer les tons de leur mise en couleurs, et à choisir les matériaux : ce qui dénote en cet homme d’état et financier des goûts artistiques personnels très prononcés.

Dans les dernières années du xv® siècle, et les premières du xvi®, les protecteurs de l’Architecture nationale sont nombreux.

Les d'Amboise. Les d’Amboisc tiennent parmi eux le premier rang. Pierre d’Amboise,

seigneur de Chaumont, chambellan de Louis XI, qui le nomma ambassadeur à Rome, élève, vers 1475, l’aile ouest du château de Chaumont, un des types les plus intéressants de l’architecture militaire de la fin du Moyen âge. Le deuxième de ses dix-sept enfants, Georges Ier d’Amboise, le grand ministre de Louis XII, cardinal-archevcque de Rouen, est un des plus grands mécènes que compte l’Histoire universelle de l’Art; Gaillon, la cathédrale de Rouen, le Palais archiépiscopal, le Palais du Parlement de Normandie, le Bureau des Finances de Rouen, en témoignent magnifiquement. Deux frères de Georges Ier d’Amboise suivirent son haut exemple de magnificence artistique. Jacques, qui fut d’abord abbé de Cluny, puis évêque de Clermont en Auvergne, reprenait en 1490, et achevait les travaux de construction de l’Hôtel de Cluny, à Paris, commencés par Jean de Bourbon, fils naturel de Jean Ier duc de Bourbon ; et édifiait à Clermont la célèbre fontaine qui porte son nom. Louis, évêque d’Autun, puis archevêque d’Albi, et nommé cardinal en i5o6, a fait construire dans la cathédrale de cette ville le jubé et le portique, qui ont rendu célèbre cet édifice religieux. Charles d’Amboise, le fameux maréchal de Chaumont, que Georges Ier avait nommé gouverneur de Milan, h la suite de la Campagne de i5oo, éleva le château de Meillant, en Berry, sur lequel la malice populaire fit ce dicton : « C’est Milan qui a fait Meillant ».

Georges II d’Amboisc, qui succéda à son oncle sur le siège archiépiscopal de Rouen, sut continuer les grandes traditions artistiques des prélats de Normandie. Un autre neveu du fameux cardinal, Charles de Hangest, évêque

CHATEAU D’ASSIER, EW ROUERGUE Bâti pour Galiot de Genouillac

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