CHAPITRE DEUXIÈME
la détruisit cette année-là (i). Jehan de la Rue avait achevé le portail de Saint-Herbland du côté de la rue du Grand-Pont ; et, en 1 53 1 , en association avec Etienne Cillait, il prenait à l’entreprise la construction du grand degré du « Parloir aux bourgeois ». Dans les Comptes de la cathédrale, à propos d'une expertise du chœur, il est qualifié « masson tailleur d’images ». Ne serait-ce pointa ce double titre qu’il fut chargé de construire un bcàtiment où l’ornementation sculpturale tient une si grande place ? Et la critique acerbe que lui adressait Robert Becquet, pour son église de Saint-Martin de Rénelle, « moytié anticque « et moderne », n’indique-t-elle pas formellement qu’il fut un partisan décidé des idées artistiques nouvelles, dont la galerie de l’Hôtel du Bourgtheroulde est une des plus caractéristiques et plus brillantes expressions ?
(i) Les Registres des comptes de la cathédrale de Rouen ont conservé le procès-verbal de la visite des projets de ces trois maîtres faite, en 1542, par le Chapitre, et de la réplique violente faite par Robert liec.quet aux critiques de ses deux concurrents : « Leur devis à eux, disait-il, est impertinent « et non recepvable, où il n’y avoit nulle proportion, ne beauté, ne forme d’ouvrier de bien besogner. « La flèche pourroit tomber en bref temps comme avoit fait l’église du Ilourgtheroulde, les pilliers « de la Magdelaine, les pilliers de l’esglise Saint-Denys et la tour de pierre de Grainville la Tein- « turière que auroit faicte le dit Vitecoq, qui estoit tombée par terre depuis quinze jours; et aussi la « dite tour seroit bigarrée comme l’église Saint-Martin que avoit faict le d. de la Rue, moytié 1 anticque et moderne, qui n’est correspondant l’un à l’autre. »