‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 80 sur 236 · HOTEL DU BOL’RGTHEROULDE, A ROUEN · texte numérisé non relu

HOTEL DU BOL’RGTHEROULDE, A ROUEN

Galerie de l'hotel du Bourgtheroulde, a Rouen Œuvre probable de Jehan de la Rue

QUELQUES MAITRES ROUENNAIS I 2f)

et dispositions, ni comme technique, avec les bas-reliefs de la tourelle. Ils continuent, au contraire, d'une façon logique, tant au point de vue symbolique et historique qu’ornemental, ceux de la frise des « Triomphes » de la galerie. Dans l’un, on distingue un char traîné par des chevaux, sur lequel est assis un guerrier à longue barbe, la main gauche appuyée sur une longue épée; dans un autre, c’est une femme, tenant de la main droite un sceptre, de la main gauche faisant un signe de commandement, qui est assise auprès d’un vieillard, couronné de lierre, sur un char traîné par des lions ; et, dans le troisième, se voit un char traîné par des molosses, et escorté par des danseurs, sur lequel trône une figure féminine dont on ne peut préciser l’allure ni les attributs, à cause de son état de dégradation. Il est à remarquer, en outre, que les bas-reliefs de la travée de milieu et de la travée d’angle sont encadrés de pilastres à arabesques, semblables à ceux de la frise supérieure de la galerie. Les bas-reliefs du premier étage contiennent, l’un, — celui du milieu, — la salamandre classique sculptée en ronde-bosse au-dessus d’un paysage, et l’autre, — celui de l’allège de la croisée de droite, — le phénix qui est le symbole héraldique de la seconde femme de François Ier, Eléonore d’Autriche. Un troisième bas-relief, disparu, devait, certainement, faire pendant au deuxième dans l’allège de la croisée correspondante.

A quel artiste le nouveau propriétaire de l’Hôtel du Bourgtheroulde s’adressa-t-il pour construire cette galerie et transformer le corps de logis ? On ne peut faire à ce propos qu’une hypothèse qui se rapporte à Jehan de la Rue (i), maître maçon rouennais. Dans le testament de l’abbé d’Aumale (2), se trouve ce paragraphe: « Item, je quitte à Jehan de la Rue, masson, demeurant à Rouen,

« la somme de qu’il doibt pour obligacion et veuil que la dite

« obligacion lui soit rendue quitte et cassé et toute aultre debte qu’il me pourroit « devoir. » Cet acte de générosité est le témoignage des relations intimes et cordiales qui existaient entre Guillaume Le Roux et Jehan de la Rue. La dette en question se rapporte-t-elle à des avances pour travaux commandés par le premier ou à un prêt fait pour quelque entreprise de maçonnerie nécessitant une importante mise de fonds ? On ne peut le savoir, car rien dans le texte n’indique ceci ou cela. Mais il convient d’en retenir le fait d’une amitié qui justifie la présomption que Jehan de la Rue fut le maître d’œuvre de la galerie de l’Hôtel du Bourgtheroulde.

Ce maître maçon rouennais avait une certaine renommée. Le Chapitre de la cathédrale, en 1541, lui demandait, ainsi qu’à Simon Vitecoq et à Robert Becquet, des plans et devis pour la réfection de la flèche, après l’incendie qui

Jehan de la Rue, maître d’œuvre probable de la galerie.

(1) T. A. Prkyost : Une famille normande et la Renaissance en Haute Normandie, Evreux, 1896.

(2) Archives de la Seine-Inférieure : Série G., n° 3435.

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