BERNARD DE BIBBIENA
Rien n'est fini, Très Saint-Père, Votre Sainteté a beaucoup de force.
Plus assez. Je n'ai pas terminé le Vatican, ni la reconstruction de Rome, ni mon tombeau, ni rien... Mes artistes vont se disperser quand je ne serai plus là... Voilà les Médicis de nouveau maîtres dans Florence, et je perds la Toscane... Maximilien Sforza a repris Milan... Le petit désordre recommence... Il faudra ramener les Français, les Allemands, les Suisses, les Espagnols; bref, le grand désordre, pour étouffer celui-là et reprendre toute la reconsti uction sur nou* veaux frais... Je souffre horriblement... Je m'éteins.
UN MÉDECIN
Votre Sainteté devrait ne pas tunt s'agiter.
J*aî vécu renfermé dans un cercle fatal. Pour effacer le fractionnement, il fallait détruire les tyranneaux... Pour détruire les tyranneaux, il fallait les étrangers... Avec les étrangers» il n'y a pas d'Italie... Sais-tu ceia, face noire?
LB MÉDECIN
Le pouls de Sa Sainteté s'affaiblit sensiblement, dt la tête se prend.-
Me voilà dans mon lit... cloué... Michel -Ange..* Raphaël... L'un travaille... mais l'autre?... Il est avec quelque femme... Et le Bramante, qu'est-ce qu'il fait?... Alphonse de Ferrare... le traître!... Tout se brouille dans ma tête... Je ne suis pas sûr des Vénitiens..»