PRÈS DE FLORENCE
Un chemin creux, non loin du camp français. Une maison de paysan qui brûle ; le maître est couché par terre et pleure ; sur nne pierre sont assis Jean de Bonneau, arciier de la compar çniede M. de Terride, et Jacques Lamy, autre archer, occupés à manger sur le pouce du pain et des oignons; ils boivent de temps en temps un coup de vin dans leurâ gourdes.
JACaUES LAMY, au paysau.
Quel âge avait-elle, ta femme?
LE PAYSAN, plauranU
Vers les vingt- deux ans.
JEAN DE BONNEAU
Etait-elle jolie?... Allons! ne gémis pas! Tu res- SFcmbies à un veau. EnRn, ils l'ont tuée. Après?
LE PAYSAN, se tordant lia bras.
Ah! mon Dieu! mon Dieu!
JACaUES LAMY,
Nous autres Gascons, nous sommes de rudes gaillards. Mange un morceau... Tiens!
LE PAYSAN
Non!... non!... Ah! mon Dieuf
JEAN DE BONNEAU
Tu comprends, mon pauvre bonhomme, ce qui est
fait est fait... C'est lix guerre! Il faut aussi que le soldat s'amuse un peu.
LE PAYSAN
Ma femme!... Ma pauvre femme!..*
JACaUES LAMY.
Tu ferais mieux d'éteindre le feu de ta baraque... Tout va brûler!
LE PATSAX.
Ça m'est égal.
JEAN DE BONNEAU
C'est une brute. Allons, bonjour. Console-toi. Vienstu, Jacques?
JACQUES LaMY, an paysan.
Tiens, mon gatçon. je te laisse le reste du pain dt deux oignons... Quanu le cœur t'en dira, mange! Décidément, c'est une brute.
Le ^jsao sang^loie ; les soldats s'èloi^eni en L^iantant k tae-tèu ■■
Châtillon, Bourdillon, Bonneval, Gouveineut le sang royal.
FLORENCE
Devant le palais Médicis. — La place est couverte de peuple.
Cris, tumulte, vociférations, clameurs subites. Aux portes du palais sont rangées des bandes d'arbalétriers, d'arquebusiers et de piquiers français et suisses ; deux compagnies d'ordonnance en bataille ; des pièces d'artillerie arrivent à travers la foule et prennent position en avant. Aux fenêtres, force capitaines et officiers français, le casque en tête.
UN PORTEFAIX^ montrant le poings aux Français*
Ah ! les scélérats !
UN BOUCHER
Les brigands! les maudits! Si je ne leur ouvre pas le ventre à tous avec mon couperet!...
UN BOURGEOIS, monté sur une borne.
Citoyens, amis, ne croyez pas un mot de ce qu'on vous dit de ces misérables ultramontains! Eux, nos amis ! Quels amis ? Ils ont pris d'assaut, ils ont brûlé Sarzane; égorgé hommes, femmes, petits enfants! On a vu des horreurs !