‹ La renaissanceChapitre 167 sur 189 · LES AUTRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

LES AUTRES GÉNÉRAUX

Parfaitement dit Assez d'hésitations!

LANNOY

Ainsi, puisque j'exprime, comme vous le voyez, l'opinion du conseil, décidez," monseigneur ! Moi, je suis résolu ! et tout à l'heure, quand le jour va se lever, et certes, à l'instant, car le jour se lève!... il me verra à la tête de mes bandes... Tenez! J'y suis! Entendezvous les tambourins? Entendez- vous trompettes et clairons? En marche, monseigneur! A l'assaut! Si vous ne venez avec nous, si vous hésitez à vous mettre à notre tête...

LE CONNÉTABLl.

Je ne refuse pas... mais je dis...

FRUNDSBERG

Je dis, moi, que vous marchez! En avant, monseigneur ! le conseil est levé 1 J'ai transmis à mes hommes les ordres que vous allez nous donner vous-même! Qu^on ouvre la tente ! A cheval !

Les nd«aux de la tente sont tirés violemment. Le jour paraît ; on entend les appels militaires ëcl<.tant de toutes parts ; les troupes s'ébranlent ; cavalerie, infanterie, se précipitent vers les murailles de Rorae. Le canon tonne vers la çaucbe, et des acclamations terribles se mêlent aux décharges multipliées. Des compagnies tumultueuses entourent la tente.

LES SOLDATS

A l'assaut! à l'assaut! Le connétable! Où est-il? Qu'il se hâte! En avant! en avant! Monseigneur! monseigneur de Bourbon ! venez ! Mort au Pape ! Mort aux cardinaux ! A sac ! à sac 1

FRUNDSBERG

Décidément, monseigneur, que voulez-vous ? Si vous tardez, je ne réponds de rien !

LE CONNÉTABLK.

Je demande mon cheval !

LES SOLDATS

Le voici ! Montez ! montez ! Venez ! Vive Bourbon f A mort le Pape! Pillage! pillage!

Le connétable, Georges de Frundsberg, tous les capitaines, se mettent eo selle, et les soldats les entourent et les entraînent.

FRUNDSBERG, l'épée à la main.

Valeureux compagnons ! Regardez à l*arçon de ma selle ! Voici des cordes ! C'est pour en lier le Pape et ses suppôts!

MICHEL-ANGE 4S7

LES SOLDATS

Oui! oui! Qu'on les prenne! Qu'on les pende! A mort! A sac! Pillage!

UN OFFICIER, accourant an galop.

J'arrive de la Porte-du-Peuple ! Le passage est forcé! L'artillerie atout enfoncé; pourtant les bourgeois se défendent, et mous avons besoin de renforts.

FUTJNDSBERG.

Hardi ! monseigneur ! Vous aurez la gloire d'entrer le premier!

Les généraux partent an gaiop^ suivis par les hommes d'anaes et let lansquenets, qui poussent de grands cris et entonnent tin psaum» lathérien.

LES SOLDATS

Chantez avec nous, connétable! Chantez!

FRUNDSBETTG.

Chantez, monseigneur! Ces gaillards-là n'en courront que plus vite !

LE CONNÉTABLE

Je ne suis pas luthérien, moi !

rRUNDSBERG,

Vous êtes notre général et ne devez rien négliger pour le succès! Allons, chantons, monseigneur!

Il se met à chanter d'une voix de tonnerre, en brandissant son épée, et continue sa course; les décharges d'artillerie se répondent sur tout* l'étendue des lignes; la raousqueterie s'en mêle; les défenseurs de Roms répondent, mais faiblement.

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