‹ La renaissanceChapitre 24 sur 189 · UN TROMPETTE · texte numérisé non relu

UN TROMPETTE

Tu as, ma foi, raison ! Mais qui est celui-là qui nous arrive tout velours, soie et galons, la plume au bonnet, le nez en Tair, le poing sur la hanche, cambré comme un arc? Tudieu! quel bravache! Et ça n'a que trois poils blonds sous le nez et à peine dix-huit ans!

LE NOUVEAU VENU

Seigneurs soldats, je vous salue et brûle de faire votre connaissance.

l'homme d'armes.

Nous ferons volontiers la vôtre quand vous noua atirez dit d'oii vous sortez.

LE NOUVEAU VENU

Je ne m'en cache pas. Je suis un Ordelaffe de Forli, cousin du seigneur Antonio et, partant, gentilhomme, ce que la plupart de vous ne sont guère. Amant de la gloire et brûlé de la plus noble ambition, je viens m'enrôler dans les bandes de mon parent, et je vous demande votre amitié en échange de la mienne.

l'albalétrier.

Si j'avais sur le dos un aussi bel habit, je me ferais, marchand ou prêtre; mais, certainement, je n'irais pas, de gaieté de cœur, épouser la hallebarde, la faim, la soif, le froid, le chaud et les nuits blanches.

LE NOUVEAU VENU

Mon bon ami, vous êtes né sans doute de quelque traîne-charrue, et la bassesse de vos inclinations est fort naturelle. Pour moi, je me reconnais de la race des faucons; j'aime le grand air, le tumulte, les cri^; ni la pluie, ni l'orage ne me font peur, et si les Sforzas et tant d'autres sont devenus des princes, je ne vois pas pourquoi il ne m'en arriverait pas autant

LE PiaUIER.

Peste! quel gaillard! As-tu en poche un doublon? un sequin?... la moindre chose? Faisons un tour djs prime, et je te mène ensuite chez don Agostino de Campo-Fregoso, qui vaut mieux que ton cousin.

LB NOUVEAU VENU

Tu plaisantes, vieux drôle! J'ai dans ma pochette cinquante florins d'Allemagne. En trois tours de bassette, veux-tu?

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