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LA PLACE DU PEUPLE

Grand concours de gens, bourgeois, femmes, enfants, bateliers, portefaix, vagabonds. — Cris, tumulte. On élève des barricades aux coins des rues.

LA FOULE

Il est mort! Le diable ait son âme! L'âme d'Alexandre! L'enfer en a peur! Le monstre! Il voulait empoisonner tous les cardinaux ! Il s'est empoisonné luimême! Il n'a pas oublié son fils! C'est bien fait! — Sont-ils morts? Ils sont morts! Non! Si! On les enterre cette nuit ! Le Valentinois n'est pas mort ! Je vous dis que si! Allons les déterrer! Au Tibre! au Tibre! Leurs carcasses dans le Tibre! Pas de terre sainte pour l'Antéchrist!

UNE BANDE NOUVELLE, accourant.

Aux armes ! Les gens des Borgia enfoncent les maisons! Aux barricades! Défendons-nous!

Trompettes, tambours, arquebusades.

9 UN HOMME, exaspéré.

Les Orsini pillent les amis des Borgia! On vient d'en égorger une troupe !

LA FOULE

Bravo ! A feu, à sac, à sang !

Qrooâement da caaotu

Qu'est-ce que c'est que ça?

CRIS A l'autre bout DE LA PLACE.

Le fort Saint- Ange tire sur les Orsini ! Aux armes ! Contre les Borgia et les Barons! Les Espagnols et les Colonna vont entrer et tout ravager!

UNE VOIX

Voici les Français! Ils ne font pas de quartier!

LA FOULE

Aux barricades ! Défendons-nous ! A Teau, le Pape!

Une compagnie de soldats de Borgia se Jette sur le peuple. LA FOULE.

Sauvez- VOUS ! Sauve qui peut !

Décharges des deux parts, morts, blessés; le peuple s'enfuit, se reforme dans les rues et fait feu de nouveau ; mêlée. Le canon continue 2i gronder.

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