‹ La renaissance monumentale en France; spécimens de composition et d'ornementation architectoniques, empruntés aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIVChapitre 25 sur 31 · A ROUEN · texte numérisé non relu

A ROUEN

A quelques pas de l'élégante église Saint-Maclou, de Rouen, existe un édifice dans le plus triste état de délabrement, mais qui, aussi longtemps qu'on ne le saura point écroulé, continuera à être recherché derrière les masures qui le cachent, par tous ceux auxquels l’histoire de nos vieux monuments inspire quelque sympathie; nous avons nommé

le cimetière ou, comme l’on dit, l’Aitre ! Saint-Maclou.

Au xwv* siècle, la paroisse int-Maclou possédait deux cimetières : le petit, adjacent à l’église, et le grand, dont nous allons parler. Il était, à cette époque, fort loin d'at-

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teindre les dimensions qu'il a actuellement, et sa superficie insuflisante le fit succe ment agrandir, au moyen de l'acquisition de terrains ou de maisons voisines, en 1400, 1418, 1429, 1432, 1434, 1445, 1446 et 1505, L'origine de la construction, qui subsiste encore. remonte à 1526 : le 19 avril de cette année, à la suite d’une délibération, la fabrique de Saint-Maclou décida l'érection de trois galeries ou «allées» autour de l’aître. et l'on se mit immédiatement à l'œuvre, comme l'atteste un manuserit contem-

porain ?. Il paraît même que, dès le mois de mars précédent, on charriait les matériaux

nécessaires à la réalisation du projet; la pierre destinée aux fondations se payait alors à raison de sept sous par tonneau; les «tablettes » de pierre, neuf sous la toise; le muid de chaux, dix-huit sous: et le muid de sablon, dix sous. Une partie de la dépense était

couverte, comme dans fous les cas analogues, par le produit de quêtes et de dons parti-

1. Aître, et par corruption, Estre, vient du mot atrium, | glois (du Pont-de-l Arche), sous le titre de Rouen au X\1° siéqui, en basse latinité, signifie cimetière. En ce dernier sens, | cle et la danse des morts du cimetière Saint-Maclou. Nous l'expression aître n’est plus en usage, mais on dit encore « les mettons aussi à profit plusieurs notes qu'a bien voulu nous aîtres d’une maison » pour désigner les diverses pièces qui la | communiquer M. Pitard, président du conseil de fabrique de composent. | Sunt-Maclou, et qu'il a relevées dans les archives de la pa-

2. Nous suivons la notice publiée en 1833, par E. H. Lan- | roisse.

euliers. Les fragments de comptes que nous donnons au renvoit, apprennent sur les

travaux du cimetière, tout ce qu'il est aujourd'hui possible d'en savoir; mais une lacune

dans les registres ne permet pas de constater exactement quand ils furent achevés; il

semble qu'ils étaient à peu près terminés, en ce qui touche les trois galeries du nord,

de l’est et de l’ouest, l'an 1533, puisqu'on s’occupait, à cette date, de leur pavage. Pour

la galerie du midi, elle est de beaucoup postérieure. On voit dans les archives de la

paroisse, que le 26 décembre 1640, M. Robert-Duchesne, prêtre, donna une somme de

6,000 livres pour aider à la bâtir. L'étage qui surmonte les galeries et remplace les

1. Ces fragments de comptes, recueillis par M. Deville, aux sources originales, ont été imprimés à la suite de la notice dé

Langlois, précédemment citée. En voici la copie :

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