Ibid., p
Ce sont encore deux contes qui veulent enseigner aux gens du peuple à se méfier de la vanité, quand elle les pousse à se hausser au-dessus de leur condition. Voici par exemple un enrichi, qui fait donner À sa fille une éducation de demoiselle, elle refuse tous les gens du peuple et finalement s’amourache d'un vaurien, qui la trompe et la ruine. Morale
Aubourès pas la fiho au-dessus de la maire 6°.
Voici, en face, de braves métayers®, qui songent à l'avenir de leur fils et qui se disent : « Si nous en faisions un avocat! » On l'envoie au lycée, puis à Paris, ét pendant que les vieux parents se tuent au travail et se serrent le ventre, le fils mène joyeuse vie et demande de l'argent; c'est bientôt la ruine de la famille: la femme va mourir à l'hôpital, le fils se suicide, le père va mendier de porte en porte en répétant |
Aubourès pas lou fiéu au-dessus de soun paire?!. es
Morale sûre, soit mais un peu courte. On ne peut s'empêcher iei de songer au père de Mistral, à celui de Roumanille luimême, qui ont eu l'ambition de faire de leurs fils des avocats.
À côté de ces soucis de moraliste, le poète, en ce nouveau : recueil, — à part deux contes gais et quelques épithalames, — apparaît toujours comme un élégiaque, et les personnages de ses élégies, ce sont toujours les enfants, les jeunes filles et les pauvres, les pauvres enfants abandonnés, sir lesquels on voit veiller l'Ange de la Charité, et pour lesquels Roumanille compose cette touchante élégie, à laquelle Sainte-Beuve trouvait « une grâce que n’eussent pas désavouée Klopstock ni M. de Vigny”? » et qu'il déclarait « digne des anciens Troubadours », mais que, plus avertis, nous jugeons plutôt de la lignée de Reboul... Voici l’orpheline, qui joue, innocente au cimetière,
69. « N'élevez pas la fille au-dessus de la mère. » za. Lis Oubreio, p. 217