‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 106 sur 210 · LE CARDINAL VALENTIN · texte numérisé non relu

LE CARDINAL VALENTIN

Il faut lever immédiatement des troupes et les op^ poser aux factions!

LB CARDINAL CASANOTA.

J'adopte cet avis, et si le sacré Collège veut m'en charger, je me fais fort d'obtenir un prompt résultat. Plusieurs des capitaines présents à Rome accepteront mes propositions.

TOUS

Bien dit ! Agissez !

LE CARDINAL CASANOVA

Je cours m'acquitter de ma mission. Comptez sur mon zèle!

û Mrt «Tac ■« mta.

LI CARDINAL ROMOLINO.

Immédiatement, mandons devant nous les ambas^ sadeurs. Sinon, les Colonna vont s'entendre avec l'Espagne et les Orsini avec la France; les Vénitiens intrigueront dans la Romagne, et les Florentins prépareront des difficultés inextricables avec la populacei En sommant tout de suite les princes chrétiens d'appuyer notre autorité, la seule légitime, car nous sommes le futur conclave, nous les mettons dans l'impossibilité de nuire. D^ailleurs, l'Empereur sera pour nou&

A8«eotlm«9t (èf)4nL LB CARDIXAI. VALENTIK.

Dans la hâte, j'avais prévu l'opinion de notre vénérable Frère, et j'ai fait engager les ambassadeurs à se rendre id. On m'avertit qu'ils attendent votre bon plaisir.

TOUS

Qu'ils entrent? qu'ils entrent?

Entrant lei ambassadeurs de France. d'Espatne, d« l'Empire, de Venise, de Florence, de Milan, des Ligues suisses. — Graad tumulte sous les fenêtres. — Les arquebusades continuent. On fnteod le c4aoo du Vatican •t du fort Saint-Anf e.

La CARDINAL CORNBTO.

Messieurs les ambassadeurs, soyez les bienvenus. L'Eglise du Christ a besoin de ses enfants! Nous vous appelons pour réclamer l'apptii dû par les princes chrétiens à leur sainte mère. Les circonstances sont pressantes. Que nous répondez- vous?

l'ambassadeur de FRANCS.

Messeigneurs les cardinaux, avant tout, mon de-

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voir m'oblige à protester solennellement contre un outrage.

LES CARDINAUX

Un outrage? de notre part?

l'ambassadeur D'ESPAG^S.

Je rétablirai la vérité.

l'ambassadeur DB FRANCK.

Si j'étais ici comme homme privé, Votre Grâce ne se servirait pas deux fois d'une pareille expression. Mais l'honneur de mon maître passe avant le mien. Ecoutez ce qui vient d'arriver; je n'en veux pas déguiser mon indignation.

LE CARDINAL CORNETO

Monsieur l'ambassadeur, la ville brûle, la sédition est flagrante; ne pourrait-on surseoir à vos plaintes jusqu'à un moment plus convenable?

L'aMBASSADETR de FRANCE.

Si l'on ne m'écoute pas, je sors. Je suis arrivé à la porte de ce palais avant le seigneur ambassadeur d'Espagne. Ses gentilshommes se sont rués sur les miens, et tandis qu'on tirait les épées, M. l'Ambassadeur a passé devant moi et pris le pas. C'est là le fait ! Eh quoi ! messeigneurs, est-ce le droit d'un prince d'Aragon de précéder le Roi Très- Chrétien? Quand il s"agit de vous approcher, le fils aîné de l'Eglise doit-il marcher après les autres? Je demande à l'instant, une réparation éclatante!

Eatrem' .'?s cardinaux JuUeo de !a Rovère et Piccoloraini,

l'ambassadeur db l'empereur.

Il est au moins singulier que, devant moi, d'autres Couronnes prétendent à la préséance.

l'ambassadeur de FRANCE, avec emportement.

Comment l'entendez- vous, monsieur?

l'ambassadeur d'eSPAGNE, menant la main à l'épée.

Je n'ai qu'une manière de parler et une manière de répondre.

LE cardinal de LA ROVÈRE.

Ainsi, messieurs, voilà ce que vous avez à dire au sacré Collège? Au moment où la Ville sainte devient la proie des séditieux; quand, d'ici, vous entendez le canon, les arquebusades, les blasphèmes, et que, par ces fenêtres, oui, par ces fenêtres, le flamboiement de l'incendie se dénonce à nos regards indignés, au lieu de nous venir en aide, vous nous étalez les tristes compétitions de vos vanités! Par les plaies et la mort de Jésus, mon Sauveur, vous vous moquez de nous, monsieur l'ambassadeur de France !

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