MARC CONTARINI
Supposez des vainqueurs débonnaires, le résultat eût été le même. Nos Etats d'Italie perdus; l'Empereur entré dans le Frioul et jetant tout à l'envers; l'armée du Pape nous menaçant de Ravenne; le Gonzaga maître de Lunato et d'Asola; le duc de Ferrare dans la Polésine et les Français eux-m.êmes sous nos yeux, à Fusine, braquant sur nous leurs canons... Vous les entendez!... De quelques paroles qu'on se serve, voici les faits.
FRANÇOIS NANI
Depuis la guerre de Chiozza, jamais péril si grand iï*a atteint la République.
PIERRE 6EMBO.
Par surcroît de malheur, nous ne valons pas nos pères. Ils se montrèrent indomptables, et je crains que nous ne perdions la têta
JEAN CONTARINI
Je ne suis pas de votre avis. Les Dix ont le sangfroid qu'il faut Quel est ce bruit dans l'escalier ?
FRANÇOIS NANI
C'est le procurateur Paul Barbo que l'on apporte dans un fauteuil.
FRANÇOIS NANI
Il y a dix ans qu'il n'avait paru au Sénat; il ^t accablé d'années et à moitié paralytique.
JULES 11 ayd
JEAN CONTARINl.
Il a prévu vos soupçons, messire Bembo, et répond par sa présence que les patriciens de Venise sont devant les Français ce que leurs aïeux, les sénateurs de Rome, furent devant les Gaulois.
JEAN CONTARINI
Voici le sérénissime Prince et la Seigneurie. Prenons nos places, messieurs.