I.Z GRAND MAÎTRE
J'y réfléchis! il faut pourtant faire un peu reposer les chevaux et donner à manger aux hommes.
A an officier.
Qu'on mette pied à terre .' Les troupes vont rompre les rangs après avoir posé les sentinelles. Le capitaine Molard est-il arrivé?
l'officier*
Il arrive à Vinstant. Ses aventuriers sont rendus de fatigue.
LK GRAND MAÎTRS.
Ce sont de braves gens; qu'on leur donne du vin. Vous arrivez à la bonne heure, capitaine Molard. Grand merci pour tant de diligence:
LK CAPITAINE MOLARD
Je suis à mon devoir, monseigneur.
LE GRAND MAÎTRE
Vous saurez que nous tenons notre maître Renard
ANNIBAL BENTIYOGLIO.
Et nous allons lui couper la queue.
HERMÈS BBNÏIVOOLIO.
Ou la gorge.
LX GRAND MAÎTRE
Quelles nouvelles apportez- vous (de Ferrare?
LE CAFITAINE MOLARD.
Voici le seigneur de Bayait qui va voi^s en donner
JULES n 313
LE GRAND MAtXRS.
Bonsoir, capitaine Bayart, soyez le bienvenu-
BAYART.
A Dieu vous commande, monseigneur, bien dévotement. Voici des gens qui valent mieux que moi, le baron de Conti, le baron de Fontrailles et le brave capitaine Mercurio avec ses deux mille Albanais.
ANNIBAL BENTIVOGLIO
Est-il vrai qu'il ait si bravement décousu son cousin gerraain ?
BAVART.
Il l'a fait couper en morceaux avec tous ses hommes, et l'on a porté les têtes à la pointe des lances. C'était pitié, et je n'aime point ces cruautés-là.
YVES d'alèqrs.
C'est d^ li scélératesse et non point de la guerre.
ANNIBAL BENTIVOGLIO
C'est de la vengeance. Quand on risque sa peau, on a tous les droits sur celle des autres.
BAYART.
Je suis trop petit compagnon pour discuter avec un si grand seigneur que vous êtes. De son côté, le capitaine Mercurio est un brave, il n'y a pas de doute. Néanmoins, j'ai fait mettre à mort sans merci les pillards qui ont étouffé dans une caverne les pauvres habitants de Vicence, et partcnit où il me tombera des maraudeurs sous la main, je compte en faire de mêma Mais s'otom'eS- n'eus i'd p'otir rac'cfntter dfes hiStfe^ir'eS ?
LE GRAND MAÎTRE
Pas tout à fait. Nous comptons que demain matin, le peuple de Bologne m'aura livré le Pape. Le seigneur Annibal me l'a promis.
ANNIBAL BENTIVOGLIO
Comme je vous promets que le roi Louis va être relevé des excommunications, et le duc de Ferrare, moi et nos amis pareillement