DEVANT BOLOGNE
Nviit d'hiver, obscure et froide ; le jour commence à naître. — Une maison de paysan ; des troupes françaises campées à l'entour. Grand mouvement de patrouilles d'infanterie et de cavalerie ; partout des postes et des sentinelles. La ville est entourée. On aperçoit des lumières aux étages supérieurs de quelques maisons dominant le rempvart. — Auprès d'un grand feu, une table entre eux, le grand maître de Chaumont et le comte Jean-François Pico.
LE COMTE
Enfin, monseigneur, soit, je veux admettre ce que vous dites. Le Saint-Père ne s'est pas montré aussi fidèle qu'il l'aurait dû à la Ligue de Cambray. Beaucoup de choses seraient à objecter, mais nous n'en parlerons pas. Le Saint-Père, j'en conviens, a abandonné le Roi Très- Chrétien après la bataille d'Agnadel; il a...
LB GRAND MAÎTRE
Il a fait alliance avec nos pires ennemis, lesi Vénitiens; il les a arrachés de nos mains quand nous, les tenant à moitié morts, nous allions leur donner la coup de grâce; il a détaché de nous l'Empereur; il excite les Suisses à nous attaquer; bref il nous fait du pis qu'il peut. Il sera châtié ! Eh ! par la mort Dieu, qu'il se rende sans tant barguiner!